Un sondage IFOP pour Le Figaro mercredi 18 octobre a donné le sourire à un haut gradé LR : “Bellamy est à 8-8,5%, c’est pas mal !”

La droite française se prépare pour les élections européennes, prévues pour le 9 juin 2022. Un sondage réalisé par l’IFOP pour Le Figaro a indiqué un score encourageant pour la droite, avec leur candidat François-Xavier Bellamy crédité de 8 à 8,5% des intentions de vote. Cela placerait la droite au même score qu’aux dernières élections européennes, en 2019.

Cependant, ce score est à relativiser : en 2019, ce même score avait été synonyme de la pire débâcle pour la droite française. En effet, c’était la première fois qu’ils obtenaient un score si bas pour des élections européennes. Le fiasco était d’autant plus important depuis que Valérie Pécresse avait réalisé un score inférieur à 5% à l’élection présidentielle de 2022.

Bellamy réussit à convaincre

Malgré tout, la droite se satisfait de ce score. En particulier, le haut gradé LR a le sourire depuis sa dernière déclaration : “Bellamy est à 8-8,5%, c’est pas mal !”. En effet, François-Xavier Bellamy semble avoir réussi à convaincre ses camarades réticents au départ. Selon eux, il s’est montré “combatif, travailleur”. Cela se reflète dans les propos d’un dirigeant politique : “On va finir avec François-Xavier Bellamy, sans enthousiasme”.

Peu d’alternatives à Bellamy

En coulisses, la question agite les membres de la droite : qui d’autre que Bellamy pourrait porter les couleurs de leur parti ? Pour le moment, aucune candidature alternative ne s’est véritablement démarquée. Par exemple, l’hypothèse du maire de L’Haÿ Les Roses, Vincent Jeanbrun, n’a pas connu de succès. D’après certains, il a été discrédité lors d’un débat organisé par un magazine de droite extrême, Livre noir.

Certains n’accrochent pas non plus à l’avocat médiatique Charles Consigny. Sa campagne pour prendre la tête de liste est jugée “sympa mais pas sérieuse”.

La droite, encore et toujours, revient à Bellamy. “Si Éric Ciotti le choisit, ça ne sera pas par défaut”, assure un proche du patron de LR, qui reconnait tout de même une certaine inquiétude. En effet, si Emmanuel Macron met en avant la loi sur la fin de vie avant les élections européennes, Bellamy risque d’être une fois de plus associé à son profil très conservateur.

Des ambitions modestes

La droite française ne cache pas ses ambitions modestes pour les élections européennes. La priorité est de réaliser un score supérieur à 5%i, afin de conserver des élus européens. Cependant, ils ont également un autre défi : surpasser le mouvement Reconquête, mené par Marion Maréchal.

L’objectif est avant tout de montrer que “l’aventure Zemmour est finie”, selon un dirigeant LR. En effet, même si Bellamy ne se fait pas rattraper par Maréchal dans ce sondage IFOP pour Le Figaro, il n’en demeure pas moins que les listes macronistes et RN semblent inaccessibles pour la droite française.

Incertitudes autour d’une mesure fiscale

En parallèle de la campagne électorale, le gouvernement français se trouve face à une incertitude fiscale. La suppression des exonérations de cotisations sur les salaires compris entre 2,5 smic et 3,5 smic est actuellement en débat. Malgré l’adoption de cet amendement au budget de la Sécurité sociale en commission, Bercy souhaite l’abandonner. Selon eux, la mesure va à l’encontre de leur politique de compétitivité.

Si cette mesure vient à être votée lors de l’examen du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale en séance, le gouvernement pourrait recourir à l’article 49.3 pour y remédier. Le débat est prévu à partir du mardi 24 octobre.

En somme, la droite française se prépare pour les élections européennes avec un certain optimisme, malgré des ambitions modestes. François-Xavier Bellamy semble avoir obtenu la confiance de ses camarades, prêts à faire campagne avec lui en espérant dépasser le score de 5% et montrer que le mouvement de Zemmour est terminé. Cependant, face à l’incertitude autour d’une mesure fiscale, le gouvernement pourrait recourir à une méthode controversée pour y remédier. Les élections européennes offriront probablement leur lot de surprises et de rebondissements pour tous les partis politiques. Affaire à suivre.