L’avis de l’ancien Premier ministre

Lundi 23 octobre, sur franceinfo, l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a dénoncé le “processus d’abaissement profond de la gauche” depuis que le Parti socialiste, le Pôle écologiste, la France insoumise et le Parti communiste ont signé un accord électoral lors des élections législatives de 2022 pour former la Nupes.

Pour l’ancien Premier ministre, La France insoumise ne fait pas partie de la “grande histoire de la gauche française” et est “la manifestation d’un extrémisme”. Il appelle ainsi le Parti socialiste à “couper les ponts” avec ce parti fondé par Jean-Luc Mélenchon. “Il faut rassembler tous ceux qui croient à la nécessité de la renaissance d’une gauche de gouvernement”, affirme-t-il.

Pour Bernard Cazeneuve, l’accord électoral entre ces différents partis est en souffrance après les récents propos de La France insoumise sur le conflit entre le Hamas et Israël. Il a d’ailleurs affirmé avoir eu “raison” d’être contre cet accord dès le départ.

Encore plus fort, l’ancien Premier ministre affirme que La France insoumise “fracture le parti socialiste” avec ses “constats des outrances et extrémismes” et appelle à “reconstituer la gauche autour de bases plus saines et plus solides”. Selon lui, il est nécessaire de rassembler les politiques qui “croient dans une gauche de gouvernement crédible, responsable et audacieuse dans ses propositions”.

La crainte d’un PS en perte de vitesse

Bernard Cazeneuve estime toutefois que la direction du Parti socialiste a “fracturé le parti” en signant l’accord de la Nupes, et s’inquiète pour l’avenir du parti. “Au train où vont les choses”, il craint que son camarade Olivier Faure “soit le dernier secrétaire du Parti socialiste”.

En effet, selon lui, la signature de cet accord mènera “à la fin du parti socialiste tel qu’on l’a connu”, et appelle à “être attentif à la manière dont Olivier Faure conduit ce parti dans une période qui est très difficile”.

Le constat de Bernard Cazeneuve est clair : le PS doit se détacher de La France insoumise pour retrouver sa crédibilité et sa place à gauche. La question est maintenant de savoir si cette crise entre les deux partis va mener à une réorganisation de la gauche française. A suivre.

“J’ai peur qu’Olivier Faure soit le dernier secrétaire”

En fin d’entretien, Bernard Cazeneuve a lancé une dernière pique en déclarant : “J’ai peur qu’Olivier Faure soit le dernier secrétaire” du Parti socialiste. Une phrase forte qui résume bien les inquiétudes du socialiste quant à l’avenir de son parti.