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Cocktail du 9 février 2018

Trash. En quelques heures, Wall Street a connu, ce mardi 6 février, un petit effondrement. Bien que sa survenue ait été annoncée depuis quelques semaines, les grands médias ont fait mine de s'étonner. Et certains ont fourni de curieuses explications : selon Le Monde, par exemple, le mini krach aurait pour cause « les bons indicateurs de l’économie américaine ». On finit par se demander s'il ne faudrait pas tout faire pour avoir de mauvais indicateurs, de manière à préserver la Bourse... Les spécialistes sont venus parler de « corrections », face à des indices boursiers mirobolants, de « fébrilité » et de « peur », face notamment à la hausse des salaires aux États-Unis, qui appellerait une hausse des taux d'intérêt, nourrissant potentiellement une nouvelle crise financière. La hausse des salaires responsables de la crise boursière ? Puisqu'on vous dit que ce monde marche sur la tête !

Chlore. Le régime de Bachar Al-Assad a récidivé le 4 février, usant une nouvelle fois d’armes chimiques lors de bombardements dans la province d’Idlib et à Douma, près de Damas. Entre autres témoignages, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a fait état de récits de personnes souffrants de troubles respiratoires et de suffocation. Pour mémoire, une commission internationale d’enquête mandatée par les Nations unies est en place depuis plusieurs années, mais le pouvoir syrien l’a toujours empêchée de faire son travail. Lors d’une séance du Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie a comme d’habitude couvert Assad, dénonçant une campagne de propagande. Les victimes civiles n’ont qu’à bien se tenir !

Droit de choisir. Depuis fin décembre, en Iran, des femmes, souvent jeunes, décident de se montrer sans voile, exprimant le désir d'avoir le choix : le porter ou non. Interpellations par dizaines, versement de cautions pour être libérée... le pouvoir - par l’intermédiaire de son bras armé judiciaire - accuse ces femmes de « perturber l'ordre social ». En effet, depuis la révolution islamique de 1969, porter le voile en public est une obligation. Cependant, les réseaux sociaux donnent un immense écho aux photos de ces militantes, et l’on sent bien que la société iranienne est taraudée par les revendications féministes. À suivre, certainement.

Cure d'austérité (suite). Syriza, la formation politique d'origine du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, mène une politique d'austérité, appliquant les exigences des banquiers de l'Union européenne, qui diffèrent sans cesse les contreparties annoncées (révision et ré-échelonnement de la dette notamment). Sur le site d'Ensemble !, lire cette analyse détaillée de la situation politique, économique et sociale de la Grèce, ici.

Offensifs. Après plusieurs semaines de mobilisations, les métallurgistes allemands ont obtenu une hausse de 4,3 % de leurs salaires et d’importantes avancées en matière de réduction du temps de travail, ouvrant la possibilité pour les travailleurs volontaires de le réduire à 28 heures par semaine. Le président d’IG Metall, le puissant syndicat du secteur (4 millions d’adhérents), a notamment déclaré : « (…) cet accord marque un tournant dans l’organisation du temps de travail. Jusqu’à présent, la flexibilité était le privilège des patrons. Aujourd’hui, les travailleurs ont le droit de choisir une réduction de leur temps de travail, pour eux-mêmes, pour leur santé, pour leur famille ».

(Contre-)révolution. À l'heure où le Président directeur général de la France et son premier collaborateur ont quelques problèmes avec les sondages, foncer tête baissée contre les fonctionnaires semble être une idée neuve. Quoi de mieux, en effet, que proposer, en ces temps de chômage et de précarité, de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires et de casser leur statut en multipliant les contrats précaires ? Et quoi de mieux que commencer des discussions avec les organisations syndicales en annonçant ce à quoi elles aboutiront ? Le 22 mars, une première riposte aura lieu, avec une grève à l’appel de 7 organisations syndicales (FO, CGT, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et FA-FP). Dans trois mois, nous fêterons les 50 ans de Mai 68.

Chienlit. Entre deux rendez-vous avec la justice, pour se défendre d'une accusation de viol dont il est l'objet, Gérald Darmanin va dans les prochaines semaines s'atteler à promouvoir son idée innovante pour servir l'État : réaliser un immense plan social pour favoriser le départ des fonctionnaires et, ainsi, supprimer de nombreux de postes. Le ministre des Comptes publics veut aller plus loin que le dispositif existant déjà : depuis 2009, il est possible d'encourager les démissions de la Fonction publique en échange d'une indemnité de départ prétendument volontaire. On n'arrête pas le progrès : demain, l'État, qui aura décidé de saboter telle ou telle politique publique, incitera ceux qui la portent à quitter leurs postes, moyennant... des clopinettes.

Alternative. À l'occasion de sa niche parlementaire, le groupe La France Insoumise de l'Assemblée nationale a présenté 5 propositions de loi : sur le Burn-Out, le CETA, le droit à l’eau, le contrôle au Faciès et le Droit à mourir dans la dignité (lire ici). Sur chacun des sujets, les enquêtes d'opinion montrent qu'une large majorité de citoyens sont favorables à des évolutions profondes (lire notamment notre "gâteau" de la semaine). La majorité parlementaire a empêché tout débat, votant systématiquement des motions de rejet.

Urgence. À l’occasion de l’audience solennelle de rentrée du tribunal de Bobigny, ce 29 janvier, Fabienne Klein-Donati, procureure de Bobigny, a évoqué la situation désastreuse de la Justice en Seine-Saint-Denis. Extraits : « La remise à niveau des effectifs et leur renfort significatif sont impératifs. (…) À défaut, il est illusoire d’imaginer une quelconque influence de l’intervention judiciaire sur l’état de la délinquance de ce département, sur l’ancrage de ses auteurs (…). Est-ce mission impossible de prendre des mesures exceptionnelles pour un département exceptionnel ? »

Compteurs. Qui a dit que l'immense majorité des SDF restent dans la rue « par choix » ? Un type, qui s'appelle Sylvain Maillard et qui est député LREM de Paris. Il faut dire qu'il a dû se sentir autorisé par Julien Denormandie, le secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, qui estimait précédemment que la région francilienne compterait aujourd'hui une cinquantaine d'hommes isolés sans domicile. Peut-être que son compteur est gelé ? Les associations dénombrent, elles, environ 25 000 personnes dans cette situation dramatique, tandis que 14 000 places seraient ouvertes ces jours-ici du fait du grand froid. Et après, on ferme ?

Joyeux anniversaire.LL 30 ans déjà que Politis existe ! Le premier numéro est paru le 21 janvier 1988. Né dans un garage, l’hebdo a toujours voulu rompre avec le consensus idéologique ambiant. « Les citoyens n’ont plus vraiment la parole, confisquée par les professionnels de la parole », écrivait l’équipe des fondateurs. Le directeur du début, Bernard Langlois, écrivait alors qu’il s’agissait de « Rompre et renouer » : « Rompre avec la trop grande tolérance par laquelle notre profession se laisse peu à peu asservir à la puissance de l’argent, à l’engouement des modes, aux snobismes de l’air du temps. Rompre avec le goût du futile, l’attirance pour le secondaire, la dictature de l’insignifiant (…), la paresse érigée en vertu, le simplisme vécu comme un des beaux-arts. » Et « renouer avec l’exigence de l’enquête et du reportage, (…) avec l’envie impérieuse de témoigner du réel, dût-il nous déranger, (…) avec ce devoir d’irrespect qui (…) ne peut s’accommoder des complaisances honteuses, des copinages inavoués, des servilités dégradantes, (…) avec la tradition du débat, de la contradiction, de la polémique (…), avec la parole donnée sans truchement aux acteurs de la vie sociale, de préférence à la langue de bois des mandarins ». Le combat continue, et Politis aussi, avec l’équipe animée par Denis Sieffert.