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Cocktail du 26 janvier 2018

Contournement. Après le désengagement américain, décidé par Donald Trump, du traité de libre-échange transpacifique, 11 pays ont négocié un nouvel accord, dont la signature est prévue le 8 mars prochain. Les pays concernés (Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam) entendent ainsi lutter contre l’influence économique de la Chine, et pour cela baisser des droits de douane et lever certaines normes en matière de droit du travail et d’environnement. Bref, il n’y a pas besoin de Trump pour que la vague néolibérale se poursuive.

Lâcheté. Alors que Benyamin Netanyahou pavoise après la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël, Mahmoud Abbas, en visite auprès des 28 ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union européenne, leur a réclamé sans succès une prise de position claire en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien. L’UE a certes rappelé sa position en faveur d’une solution à deux États avec Jérusalem comme capitale partagée ; mais elle s’est montrée encore une fois incapable de mettre sa position à jour des évènements les plus récents. L’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem est prévue fin 2019 : combien de morts, dans les deux camps, d’ici là ?

Feu sanglant. On pouvait s’y attendre, mais aussi le redouter : le soi-disant sultan turc a engagé samedi 20 janvier une offensive militaire contre les Kurdes en Syrie, et les grandes puissances, dont les États-Unis, laissent faire… alors même que la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG) a joué un rôle décisif face à Daech. Erdogan entend ainsi annihiler les revendications kurdes d’autonomie de leur territoire. Cependant, à force d’en appeler au patriotisme des Turcs et de jouer avec le feu de la guerre (extérieure) et de la répression (intérieure), il se pourrait bien qu’il en lasse un certain nombre. Pour mémoire, la Turquie compte environ 15 millions de Kurdes, sur 82 millions d’habitants.

Hors jeu ? Confirmée par les juges de la Cour d’appel de Porto Alegre, la condamnation pour corruption de l’ancien président brésilien, Lula, pourrait aboutir à le rendre inéligible pour être candidat à la présidentielle prévue les 7 et 28 octobre prochains. Les voix de recours semblent réduites par le fait que la décision de justice a été rendue à l’unanimité. Pour le Parti des travailleurs, une question nouvelle s’annonce : maintenir à tout prix la candidature Lula, quitte à ce que son élection soit invalidée après le scrutin, ou rechercher une autre candidature, qu’il soutiendrait ?

Tartufferies. Le Président directeur général de la France a, selon les télés officielles, marqué des points ces jours-ci en réunissant le 22 janvier 140 représentants de multinationales… au Château de Versailles s’il vous plaît. Il s’agissait d’une opération séduction (sic), car comme on le sait, les actionnaires mènent habituellement leurs affaires sur la base des caresses orales, formulée en anglais bien sûr, de nos dirigeants. Les premiers effets de la mobilisation présidentielle se feraient déjà sentir, avec l’annonce de projets d’investissement pour un montant total de 3,5 milliards d’euros et pouvant générer 2 200 emplois en cinq ans (deux fois moins que le nombre de postes en voix de suppression dans les magasins Carrefour). Quant au sommet de Davos, Emmanuel Macron l’aura marqué d’une empreinte particulière en critiquant vertement les inégalités liées à la mondialisation. Sans blague !

Diabolisation. Pascal Boniface, directeur de l’Institut de recherches internationales et stratégiques (IRIS), vient de publier Antisémite (éditions Max Milo), un livre où il déconstruit le discours dont il est depuis des années la cible, consistant à l’accuser d’antisémitisme car il critique la politique israélienne. Dans L’Humanité, il explique notamment : «  La critique s’adresse maintenant à toute personne qui se lève pour dénoncer la politique du gouvernement israélien. Elle est profondément enracinée, devenue presque un réflexe conditionné justement parce que le gouvernement est de plus en plus critiquable et que le soutien à cette politique est de moins en moins défendable. (…) Dans la mesure où il est de plus en plus difficile de soutenir l’occupation, pour le gouvernement israélien, il est plus aisé de faire croire que les critiques ne sont pas émises pour des raisons politiques mais par antisémitisme. C’est également une façon d’empêcher le débat. (…) L’occupation d’un territoire par un pays était difficilement acceptable au XXe siècle, elle l’est encore moins au XXIe siècle ».

Mobilisation. Les 7 départements d’Île-de-France se mobilisent, face à l’hypothèse d’une annonce prochaine par Emmanuel Macron de leur suppression (lire notre dossier, ici). Après un rassemblement le 31 janvier à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le 7 février, ils organiseront une “journée sans département”, pour « montrer aux usagers l’impact d’une éventuelle fermeture des services départementaux » et des rassemblements devant les préfectures. Des milliers de participants sont d’ores et déjà attendus.

Bouillonnement. Meeting sur le thème ‘‘La sélection n’est pas la solution’’, constitution d’une coordination nationale de l’éducation pour lutter contre le projet de loi ORE et le déploiement de la plateforme ParcourSup… le monde universitaire commence à se mobiliser face à la politique gouvernementale. Un appel à la mobilisation a été lancé, sur le mode : « S’opposer à cette loi par tous les moyens légaux est une ardente obligation : il y va de l’égalité de toutes et tous pour l’accès à la connaissance, à la formation et à la culture ». Le texte intégral est ici. Lire aussi le point sur la mobilisation sur le site du Snesup, ici.

Autisme. Un énième rapport vient confirmer le déficit de connaissance de l'autisme. Rendu public par la Cour des comptes, il souligne surtout les failles persistantes de la prise en charge des personnes autistes en France, qu’il s’agisse de l’insuffisance des diagnostics ou des modes d'accompagnement. De fait, le bilan des différents plans gouvernementaux - trois depuis 2005 - est jugé « assez décevant » : la scolarisation des élèves autiste est « encore difficile » et « dès l'école maternelle, l'inclusion est une perspective éloignée pour un tiers des enfants avec un trouble du spectre autistique ». Notons que la Cour recommande la fermeture de places d'hébergement dans le sanitaire au profit d'un accompagnement plus inclusif à l'école, faisant l’impasse sur le fait que, vu l’immensité des besoins, c’est l’insuffisance globale de la mobilisation et des moyens qui pose problème. Par ailleurs, la Cour des comptes se fait le chantre d’une prise en charge marginalisant la psychanalyse, au profit des approches comportementalistes.

Importunisme. Dans Le Monde du 22 janvier, Clémentine Autain signe une tribune intitulée “La ‘liberté d’importuner’ n’est rien d’autre qu’un privilège masculin’’. Elle rappelle notamment : « En matière de séduction et de sexualité comme dans la société tout entière, il n’y a pas d’égalité entre hommes et femmes. Les 100 femmes de la tribune font l’impasse sur cette donnée fondamentale. Elles développent une argumentation à sexe unique. Un homme qui frotte une femme dans le métro manifesterait ainsi sa ‘‘misère sexuelle’’. Des femmes frottent-elles couramment des hommes dans le métro ? Ces derniers n’ont pas l’air de redouter la main aux fesses quand ils entrent dans un wagon bondé. Est-ce parce que les femmes ne connaissent pas la misère sexuelle ? Je n’ose croire que les signataires de la tribune l’envisagent. Cet exemple illustre l’impensé de ces détractrices de #metoo : l’asymétrie entre les sexes ».

Violences sexuelles. Le ministère de l’Intérieur vient d’indiquer que le nombre de viols et celui des agressions sexuelles rapportés aux forces de l’ordre sont fortement augmenté en 2017, en particulier au cours du dernier trimestre. Selon les spécialistes, le mouvement #Balancetonporc a créé un terrain favorable pour que les victimes portent plainte et aussi pour une prise en compte plus exhaustive par les services de police. Dans un tiers des cas de viols, l’auteur fait partie de la cellule familiale.

Toxique. À l'heure où de nombreux pays décident ou débattent de la dépénalisation de l'usage du cannabis, voire décident d'en légaliser la consommation, Eric Poulliat (En marche !) et Robin Reda (LR), députés, proposent, eux, une nouvelle forme de pénalisation : l'instauration d'une amende forfaitaire ou d'une simple contravention, à la place de l'actuelle législation ultra-répressive (l'usage est théoriquement passible d'un an de prison et de 3 750 euros d'amende). Les avantages de cette proposition, aux yeux de ses auteurs ? Désengorger les commissariats et la Justice, maintenir un (semblant d') interdit et... faire rentrer des sous dans les caisses de l'État. Ainsi va le déni parlementaire : on continue de prévoir une répression de masse lorsqu'il faudrait mettre le paquet sur la prévention des usages lourds et sur l'accompagnement sanitaire des personnes dépendantes. Pendant que les institutions grenouillent, 1,4 million d'usagers réguliers et 700 000 consommateurs quotidiens continuent de fumer leurs joints.

Révolution 68. Anciens dirigeants de la Ligue communiste révolutionnaire, Alain Krivine et Alain Cyroulnik viennent de publier dans Le Monde une tribune intitulée ‘‘Eh bien non, nous n’allons pas enterrer Mai 68’’. Ils soulignent notamment : « Mai 68 n’était pas qu’une simple saute d’humeur et une crise de puberté. Il n’était pas et n’est pas compatible avec les reniements, les petites combines. Il n’était pas consensuel, et ne l’est toujours pas. Il n’était ni cocardier, ni libéral. Notre génération, née de la seconde guerre mondiale, s’est dressée contre les affres de la guerre d'Algérie et du Vietnam. Les guerres que mènent aujourd’hui les pays occidentaux, dont la France, en Afrique ou au Moyen orient, nous donnent toujours et encore la nausée. Nous voulions un monde qui ne soit ni aux ordres de Washington ou de Moscou et nous voulions redonner au socialisme son visage humain. Le visage hideux du capitalisme nous répugne tout autant qu’hier ». Un bémol : tout à leur volonté de célébrer les « 10 millions de grévistes qui occupent leurs usines drapeaux rouges en tête », ils dévalorisent la libération sexuelle.

Antisémitisme. Alain Soral pourrait bien passer quelques temps derrière les barreaux. Il était poursuivi pour provocation à la haine à la suite de la diffusion d'un montage photo antisémite. Cinq mois de prison ferme ont été requis par la Procureure. Jugement le 20 mars.