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Cocktail du 15 décembre 2017

Revers pour Trump. Ce n'est pas encore un délitement, mais le ciel s'assombrit pour le président américain. Le candidat démocrate, Doug Jones, a battu l’ultraconservateur Roy Moore, lors de l'élection sénatoriale de ce 12 décembre, en Alabama. Cela faisait un quart de siècle qu'aucun démocrate n'avait décroché la timbale. La presse américaine parle d'un « séisme », à la fois pour les courants fondamentalistes chrétiens et pour Donald Trump. Roy Moore avait récemment été mis en cause pour des délits sexuels, Trump choisissant de le soutenir, sans doute dans le but de préserver sa majorité au Sénat, qui n'était avant le scrutin que de deux sièges. C'est aussi un échec pour l'aile la plus dure du Parti conservateur, tandis que le candidat victorieux, plutôt ''modéré'' selon certains médias français, a tout de même pris position pour l’Obamacare, pour les droits des homosexuels et pour l’accord de Paris sur le climat.

Venezuela (1). Silence dans les grands médias français, le PSUV l'emporte ! Les élections municipales au Venezuela ont donné une large victoire au PSUV (le Partido Socialista Unido de Venezuela), formation politique du président Nicolas Maduro. Ce résultat est certes acquis dans un contexte de baisse de la participation (47,32 % cette année, contre 58,36 % en 2013), une partie de l'opposition ayant boycotté le scrutin. Mais voilà, après les élections régionales d'octobre dernier (5 gouverneurs à l'opposition sur 23), le suffrage universel confirme l'implantation du PSUV, déclaré moribond il y a encore quelques mois. Au total, les chavistes détiendront 335 mairies, contre 256 auparavant, tandis que l'opposition en comptera 25. Dans la capitale, Caracas, la candidate Erika Farías a obtenu 66,17 % des suffrages. À noter : cette fois, les experts internationaux ont indiqué être satisfaits de la préparation et du déroulement du scrutin.

Venezuela (2). Gagner les élections, c’est bien, garantir la liberté d’expression, libérer les prisonniers politiques, lutter contre la corruption, autoriser l’opposition à concourir à la présidentielle, ça serait bien aussi.

Désengagement. One planet summit, le Sommet de la planète organisé par la France ce 12 décembre, aura-t-il donné un nouvel élan international à la lutte contre les dérèglements climatiques ? Destiné à faire face au désengagement américain de l'accord de Paris, signé il y a tout juste deux ans, il aura surtout révélé la timidité des engagements des États, et la tentation de transférer la charge des actions contre le réchauffement climatique aux marchés et acteurs privés. Les acteurs issus de la société civile ont souligné la prolifération d'annonces disparates, sans prise en compte du déficit de concrétisation des ambitions déjà formulées précédemment. Si la Banque mondiale a indiqué son intention de se désengager rapidement (d'ici 2019) du soutien à l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz (mais pas du charbon), les institutions financières européennes et françaises restent, elles, désespérément immobiles.

Machine à réchauffer. Évoquant le Sommet macronien, Dominique Plihon, porte-parole d’Attac France, a souligné : « Entendre Emmanuel Macron affirmer qu’il a relancé un projet d’une taxe sur les transactions financières (TFF) à l’échelle européenne alors qu’il a successivement sabordé au mois de juin dernier le projet de TTF européenne, puis réduit sévèrement l’ambition de la TTF française cet automne, cache mal l’absence de mesure phare de son gouvernement pour financer une politique climatique qui n’est pas à la hauteur des enjeux ». Attac et d'autres ONG ont une fois de plus souligné que « les dispositifs non contraignants ne sont pas de nature à rendre l’ensemble du système financier et des activités économiques climato-compatibles », demandant une « profonde mutation de cette formidable machine à réchauffer la planète qu’est l’économie mondiale ». + d'info avec cette Midinale de Maxime Combes, sur regards.fr, ici.

Grand projet inutile. Les médiateurs mandatés par le Premier ministre sur la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes ont rendu leur verdict : évoquant - ce n’est pas une blague - « l’absence de solution parfaite », ils estiment que les deux options, un transfert de l’aéroport Nantes Atlantiques à Notre-Dame-des-Landes ou son maintien-développement sur place, sont « raisonnablement envisageables ». Indéterminés sur le fond du sujet, après six mois de travail et 200 auditions, ils ont au moins une conviction bien arrêtée : il urge de procéder à un « retour à l’état de droit » grâce à l’évacuation de la ZAD (Zone à défendre, occupée par les opposants au projet). Voilà le gouvernement, qui a prévu de rendre sa décision d’ici à la fin de janvier, bien avancé !

Commerce terroriste. L'enquête en cours sur le financement du terrorisme par le groupe Lafarge montre que les transactions d'ores et déjà prouvées se seraient montées à près de 13 millions d'euros (15,3 milliards de dollars). Les spécialistes mandatés pour étayer l'enquête ont dénoncé le fait que certaines preuves des liens commerciaux entre Lafarge Syrie et des groupes terroristes, dont Daech, auraient été dissimulées : « les ordinateurs ont été passés à l'eau de javel pour empêcher la justice de travailler ». Plusieurs dirigeants du groupe sont mis en examen, et la mise en cause de la responsabilité de la personne morale elle-même, Lafarge SA, semble désormais en vue.

Dring, dring. Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a lancé une nouvelle et noble ambition : l’interdiction à la rentrée 2018 du téléphone portable pour les élèves des écoles et collèges. Il faut dire qu'on était prévenu : la mesure figurait au programme de campagne d'Emmanuel Macron (finie l'habitude que les programmes ne soient pas respectés !). Petit détail : « Nous sommes en train de travailler sur les modalités ». C'est bien là que ça se corse, en fait, vu qu'une telle interdiction est inapplicable, sauf à y consacrer des moyens financiers et humains que l'Éducation nationale n'a pas (et qu’elle pourrait consacrer, par exemple, à la lutte pour la réussite scolaire). Bref, il est encore temps de se dire qu'au lieu d'une politique d'interdiction, il vaudrait mieux soutenir la communauté scolaire et les parents par une politique préventive et éducative. Certains sites parodiques ont, eux, annoncé la construction d’une cabine téléphonique dans chaque école d’ici la prochaine rentrée.

Dégradation. Tout va tellement bien à la SNCF que sa direction prévoit de supprimer plus de 2 000 emplois en 2018, dans sa branche chargée des trains et des gares. Ainsi continue la politique menée depuis des années, en accord avec les gouvernements successifs, alors même que le chiffre d’affaires est prévu en hausse de 3,4 % les mêmes années. Les incidents récents, dont ceux de la gare Montparnasse fin juillet, début septembre et cette semaine encore, n’y font rien, le rouleau compresseur continue de maltraiter ce service public. Jusqu’à quand ?

Souche ? C’est un appel intitulé ‘‘Messieurs Finkielkraut, Bussereau, Joffrin, vous savez ce qu’elle vous dit la Seine-Saint-Denis ?’’, signé de nombreux élus de Seine-Saint-Denis et publié par le Bondy Blog. Il dénonce les propos d’Alain Finkielkraut sur la prétendue absence des habitants du département à l’hommage rendu à Johnny Hallyday, rejoint par Dominique Bussereau et par Laurent Joffrin, directeur de Libération. « Ces propos sont gravissimes, car ils essentialisent la population de tout un département. Ces trois personnalités publiques sous-entendent qu’ils n’ont vu aucune personne noire ou arabe lors de l’hommage national rendu à Johnny Hallyday. (…) Que signifie cette injonction à témoigner sa tristesse exclusivement en se déplaçant en famille à Paris ? Sur les Champs-Elysées ? Monsieur Bussereau serait bien inspiré de s’intéresser au quotidien de ce “peuple de Seine-Saint-Denis” qui dans sa très grande majorité n’a jamais connu les arcanes du pouvoir ou les ors de la République. (…) Messieurs Bussereau, Finkielkraut et Joffrin, nous ne souhaitons plus être les prétextes de vos frustrations identitaires, ce “peuple de Seine-Saint-Denis” est la France, il faudrait songer à vous y faire ». Lire ici.

Gestation. Un média alternatif capable de rivaliser avec les grandes chaînes d’information, de réaliser un journal quotidien et de proposer toute une série d’émissions… nous l’avons parfois imaginé ! Le lancement du Média est annoncé pour le 15 janvier prochain, et on en sait un peu plus sur son équipe de pilotage et ses animateurs. Aude Rossigneux et Gérard Miller ont présenté une partie d’entre eux, parmi lesquels Noël Mamère, Marc de Boni (venu du Figaro, si si si !) et l’ancienne directrice récemment débarquée de l’Obs en mai 2016, Aude Lancelin. Le financement repose notamment sur un droit d’entrée, permettant de devenir ‘‘socio’’ du Média, c’est-à-dire ‘‘copropriétaire’’ (non pas sous une forme capitalistique mais sociétaire de l’association), bénéficiaire de certains services et participant en « donnant son avis sur le traitement de l’information ». À côté des contributions de professionnels rémunérés selon les barèmes de la profession, les socios pourraient devenir ‘‘correspondants citoyens’’ en proposant ponctuellement des reportages réalisés avec leur téléphone portable. Le Média dispose d’un site, ici.

Fin de partie. Ce 30 novembre, un juge d’instruction a décidé de renvoyer Dieudonné M’Bala M’Bala devant le tribunal correctionnel de Paris pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale et organisation frauduleuse de son insolvabilité. Il aurait dissimulé au fisc près de 1,5 million d’euros. La justice a constaté la manipulation d’énormes sommes en liquide (des centaines de milliers d’euros), au moment même où le militant antisémite se déclarait insolvable. Outre ces montants considérés comme « peu compatible avec des paiements d’une clientèle se rendant au spectacle », le juge a constaté des transferts d’argent importants en direction du Cameroun, de la Chine et des Émirats arabes unis. Notons que ces révélations sont consécutives au non règlement par Dieudonné des sommes dues suite à ses condamnations pour diffamation et provocation à la haine et à la discrimination raciale.