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Cocktails

Le cocktail du 22 septembre 2017

Menaces. Un événement de ce mardi 19 septembre rentrera peut-être dans l’Histoire, alors même qu’il est resté largement sousestimé. Lors de son premier discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a prononcé ces mots : « Les États-Unis ont beaucoup de force et de patience. Mais si on les pousse à se défendre ou à défendre leurs alliés, nous n’aurons pas d’autre choix que de détruire totalement la Corée du Nord. » Et, s’agissant de l’Iran, il a déclaré : « Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ses activités déstabilisatrices […] et nous ne pouvons pas respecter un accord s’il sert à couvrir l’éventuelle mise en place d’un programme nucléaire », alors même que les experts de l’ONU estiment que le pays respecte globalement ses engagements. Est-il déjà arrivé qu'un chef d'État évoque ainsi la possibilité de tuer des millions de personnes ? En outre, Trump a été l’un des seuls intervenants à ne pas évoquer les risques liés aux changements climatiques.

Honte. Dans une intervention prononcée de la capitale de la Birmanie, Naypyidaw, Aung San Suu Kyi a fait mine de s’inquiéter de la situation des musulmans qui ont fui au cours des dernières semaines, par centaines de milliers, l’épuration ethnique commise par l’armée birmane, vers le Bangladesh (Voir Cerises ici. Contestant l’existence de preuves d’exactions criminelles, la prix Nobel de la paix (sic) et actuelle ministre des Affaires étrangères du pays a eu ces propos cyniques : « On parle toujours de ceux qui ont fui, mais pas de ceux qui sont restés et ne sont pas à couteaux tirés avec leurs voisins », estimant que « 50 % des villages » seraient intacts. Elle a même évoqué la possibilité d’un retour des réfugiés, sous réserve d’une « vérification de citoyenneté » alors qu’en général les Rohingyas ne disposent pas de la citoyenneté.

Ébullition. La Catalogne est en effervescence, après l’arrestation de plusieurs membres de l’exécutif régional impliqués dans l’organisation d’un référendum d’autodétermination combattu par le gouvernement conservateur espagnol et interdit par la justice. La situation est d’autant plus tendue que l’économie de la région a été mise sous tutelle de l’État. Par la bouche de Pablo Iglesias, Podemos a dénoncé : « Je ne veux pas qu’il y ait en Espagne des prisonniers politiques, alors qu’un parti politique corrompu parasite les institutions », la maire de Barcelone, Ada Colau, dénonçant de son côté un « scandale démocratique ». À suivre.

Succès. Ce jeudi soir, les médias entonnent comme un seul homme le chant du cygne pour le mouvement contre la nouvelle loi travail, en raison du tassement de la participation à certaines des manifestations syndicales du jour. Prochaine étape, ce samedi, avec la manif nationale contre le ‘‘coup d’État social’’ de Macron.

Grève générale. Alors que l’agenda des manifestations se noircit davantage de jour en jour, les uns estiment que cette profusion serait nuisible car synonyme d’éparpillement quand il faudrait au contraire ‘‘taper un bon coup’’. Disons plutôt qu’il faudra sans doute de nombreux coups pour faire reculer le gouvernement, que la mise en mouvement de nouvelles catégories de salariés, et notamment des fonctionnaires avec le 10 octobre une grève à l’appel de tous les syndicats, est une bonne nouvelle. Et qu’il faudrait même un blocage du pays pour arriver à ce que la réforme du code du travail soit retirée. Il n’existe pas de bouton sur lequel appuyer pour déclencher une grève générale ? Mais, une grève générale, c’est bien ce qu’il faudrait !

Calamiteux. Lors d’un discours prononcé à Toulouse le 11 septembre, le président directeur général de la France a annoncé qu’il entend « libérer la construction » de logements sociaux, grâce à une « réduction des exigences des normes environnementales et sociales ».  Et d’ajouter : « On me dira que je ne respecte pas l'environnement, ou parfois le handicap, parfois ceci ou cela. Mais il faut du pragmatisme ». Le même Emmanuel Macron entend se faire le champion de l’accord de Paris sur le climat, face à Trump, qui hésite encore à retirer la signature des États-Unis. À part ça ? Nicolas Hulot est toujours ministre de l’Environnement.

Hypocrisie. Avant de faire scander par le public de la grande scène de la fête de L’Humanité ‘‘Unité, unité !’’, Pierre Laurent, la veille lors de la réception des personnalités invitées, avait dit : « il a beaucoup parlé de la force du peuple, ce candidat que nous avons soutenu à l’élection présidentielle, lui n’est pas là mais le peuple il est là (…). Je ne crois pas qu’il suffit de continuer à entonner les sirènes dégagistes quand on a vu combien, dans la confusion politique, elle pouvait servir des forces aussi contraires et opposées ». Depuis près d’une semaine, les défenseurs du parti ne cessent de trouver que ces propos étaient normaux.

Visionnaire. Patrick Braouezec, président de Plaine Commune (93), a décidé de réintégrer le PCF. Après un mea culpa à propos de son soutien à Emmanuel Macron lors de l’élection présidentielle (qui l’a déçu… sans blague !), il estime maintenant que le PCF est « la seule force politique qui permet d'espérer construire une alternative de gauche ». Et d’indiquer : « Je suis toujours convaincu que la forme 'parti', n'est pas la plus adéquate. (…), mais je pense qu'on a besoin de colonne vertébrale, pour reconstruire quelque chose et je crois que le Parti communiste est cette colonne vertébrale ». Sans commentaires.

Recul. Le gouvernement est de moins en moins clair concernant l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, annoncée précédemment pour 2018. La secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a annoncé la tenue préalable d’états généraux de la bioéthique et a indiqué « ne pas préjuger du débat parlementaire ». Ce manque de clarté est en fait à mettre en relation avec le point de vue de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn et avec celui du ministre… de l’Intérieur, Gérard Collomb, pour lequel une telle réforme n’est « pas une priorité ».

Timide avancée. La Cour de cassation a récemment fait un pas vers la pleine reconnaissance de la filiation d'enfants nés de gestation pour autrui réalisées à l’étranger. Elle a ainsi indiqué que « L'adoption de l'enfant du conjoint, même dans le cadre d'un recours à la GPA à l'étranger, est possible, dès lors que les conditions légales sont réunies et que l'intérêt de l'enfant est avéré », cela sous certaines conditions. L’Association des Parents et futurs parents Gay et Lesbiens (APGL) a exprimé sa satisfaction, cette décision constituant une avancée vers la reconnaissance de la filiation du parent d'intention. Mais elle a déploré « cette pratique des petits pas qui laisse encore trop d’inégalités face à la reconnaissance pleine d’un enfant par chacun de ses parents qu'il soit statutaire ou social ». Et d’appeler E. Macron à « ouvrir le chantier de la question des filiations en donnant toute sa place à la filiation d'intention, à cette volonté portée et assumée par des femmes et des hommes qui en conscience fondent des familles au-delà des liens biologiques ».

Oscar ? 120 battements par minute, le formidable film de Robin Capillo sur Act Up Paris et la lutte contre le sida dans les années 90 (lire ici) connait un gros succès en France. Le film, qui représentera la France aux Oscars, pourrait bien triompher, en janvier prochain, dans la catégorie du meilleur film étranger. Face à l’Amérique de Trump, vive la salubrité publique !

Tic tac tic tac... Le nouveau numéro de Regards vient de paraitre. Outre, notamment, un portrait critique de Gérard Collomb et un reportage sur la situation dramatique des migrants de la Porte de la Chapelle, son dossier porte sur... la révolution bien sûr. Mais l'approche est originale : « Un siècle après octobre 1917, peut-on encore vouloir la révolution ? Quelle tête aurait cette révolution, aujourd'hui ? Sans doute très différente de ses ainées du XXe siècle, mais pas forcément ignorante des rêves et des échecs du passé ». Passionnant ! + d'infos sur regards.fr