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Les gâteaux

Un inventaire à la Prévert...

Un inventaire à la Prévert ? C’est un peu ce qu’ont fait les auteurs de ce dossier en puisant dans leurs dernières lectures et leurs bons crus. Dans tous les styles, sur tous les supports. Bon été en bonne compagnie !

Prévert "Têtu comme une bourrique / Vivant comme le désir". Profitons de l'été pour redécouvrir son œuvre : chansons, textes, livres d'enfants, films, collages... De quoi se rafraîchir les neurones
Ci-dessus : son premier collage.

D’ici et d’ailleurs, des romans dont l’écriture mêle joyeusement ou doulourement le social, le politique, les sentiments, bref la vie.

En Haïti

Le roman inédit de René Philoctète expose un Port-au-Prince de l’après dictature et de la montée au pouvoir d’Aristide : le Port-au-Prince des miséreux, des culs-de-jatte, des aveugles qui habitent sur le parvis des églises ; le Port-au-Prince de la Saline et des enfants qui s’aiment derrière les piles de fatras ; le Port-au-Prince tenu par les hommes du Général et celui de l’ascension du prêtre et futur président. Si Jacques Roumain dépeint la misère de Fonds-Rouge, c’est à celle des grandes villes que s’attaque Philoctète, la misère “qui encrapule, rapetisse, abrutit”. Roman téméraire qui a réussi son pari de montrer des sentiments humains admirables chez des êtres que la société n’associe pas à ce qui est beau et grand.

Philoctète, Entre les Saints des Saints, Le Temps des Cerises, 2017, 20 €, 410 p.

Déconstruction

Rapide et sombre, comme un bon film hollywoodien des années 50, ce roman du trop méconnu Alfred Hayes (qui avait dans sa jeunesse écrit le texte de la chanson protestataire Joe Hill). Comment les rencontres de la vie peuvent construire, décrire, bouleverser. Comment on ne fait jamais ce qu'il faut. Comment le malentendu s'insinue dans les âmes. Un bon moyen de ne pas perdre son temps.

Une jolie fille comme ça, Alfred Hayes, Gallimard, 2015, 11,99 €

Afro-américain

Cela commence par un crime étrange. Un homme tranquille qui abat son fils, dans une petite ville du Sud des États-Unis. Pas d'enquête : tout le monde sait tout. Mais une plongée dans cette société, dans ses espoirs silencieux et déçus, dans la difficulté de refuser une violence qui est au cœur même de la vie, par l'un des grands noms de la littérature afro-américaine. Description au scalpel d'un morceau d'Humanité.

Ernest J. Gaines, L'homme qui fouettait les enfants, Liana Levi, 2016, 112 p., 12 €.

Sciences-Friction

Après, L’Arbre et Crash, voici le 3e volume des Contes du soleil noir. Dans les rues de Bruxelles, un SDF devient invisible aux yeux des passants – réellement invisible. Il tire parti de cette nouvelle donne en se jouant des policiers, des touristes, des barmen et des femmes… « Une vision d’un monde nocif à l’effondrement proche, lancé dans une course folle par le capitalisme et ses dérives. » (Paco Vallat)

Alex Jestaire, Invisible, Au diable Vauvert, 2017, 122 p., 9,99 €.

Staraselski au naturel

Notre ami Valère Staraselski commet avec là un bien joyeux roman, tout frais des montagnes du Tyrol, où deux marcheurs se racontent des histoire de randonneurs …. Et des nouvelles du monde.

Ce regard de biais sur les folies brutales de la planète ne fonctionne ni comme un refuge « écolo-petits-oiseaux », ni comme une nostalgie pseudo primitive.

On y retrouve la belle écriture souple de Valère, une fraîcheur de bon aloi à l’heure du réchauffement climatique, un zeste d’humanité.

Valère Staraselski, Sur les toits d’Innsbruck, Le cherche midi, 2015, 138 p., 12,50 €, éd. numérique 11,99 €

Rebattre les cartes du passé

Un polar sombre et tragique au cœur des tragédies du XXe siècle, où l'on croise le fascisme espagnol et les heures les plus terribles de la terreur stalinienne, avec des personnages impressionnants de puissance ou d'impuissance, la mémoire de secrets inavouables, une saga sur trois générations qui ne nous laisse pas un instant de repos ou de paix. Personne n'est ce que l'on avait pu croire. Implacable.

Victor del Arbol, Toutes les vagues de l'Océan, Actes Sud, 2015, 608 p., 23,80 €.

Essayez le polar soviétique

38, rue Petrovka, comme on dirait Quai des Orfèvres. Mais c'est à Moscou, dans l'immédiat après-guerre, et notre héros est un ancien combattant communiste qui mène l'enquête dans les bas-fonds de la société. Une histoire bien menée, avec des histoires parallèles, rien de plus que ce qu'il faut d'exotisme, et comme souvent avec les bons polars, un moment d'étude sociale…

Georgui & Arkadi Vaïner, 38, rue Petrovka, Folio-policier, 2007, 512 p., 9,30 €.

Vénéneux

Pour ceux qui aiment l'univers des polars de Vargas et son personnage principal, le commissaire Adamsberg. Trois morts suite à une piqûre d'araignée, la recluse. Assassinés ? Danglard le complice, l'ami de toujours du commissaire n'y croit pas. Adamsberg doit convaincre le reste de son équipe. Pas de mandat, pas de procuration pour cette enquête. Borderline. La recluse, les blaps, Magellan, les métaphores ne manquent pas dans ce polar qui se lit d'un trait. Excellent cru.

Fred Vargas, Quand sort la recluse, Flammarion, 2017, 496 p., 21,00 €.

Trilogie policière du Mali

Moussa Konaté a presque écrit un roman policier sur chacune des treize cultures du Mali. L’empreinte du renard se déroule chez les Dogon, qui sont connus pour leur respect des traditions et l’oracle du renard. Mais c’est un vrai roman policier, le commissaire Habib et son adjoint Sosso se tirent toujours avec intelligence des obstacles qu’on leur oppose. Ces deux-là ne manquent pas de caractère et leur hiérarchie leur pèse, comme à l’auteur.

L’Empreinte du Renard, Points Seuil, 2007, 288 p., 7,10 €.

Les Bozo sont surtout liés au fleuve Niger et se consacrent traditionnellement à la pêche. La Malédiction du Lamentin remonte la trace de morts suspectes, entre croyance en la divinité du fleuve et motivations plus cartésiennes. Toujours le commissaire Habib et son adjoint Sosso, indomptables flics maliens.

La Malédiction du Lamentin, Points Seuil, 2010, 192 p., 6,40 €.

Chez les Touaregs. Le livre a été publié après la mort de l’auteur en 2013. On y retrouve la ville et le désert de Tombouctou. Le roman effleure des thèmes compliqués comme la vie nocturne dans une société où « l’honneur » familial livre combat à des aspirations plus libres. Modernes et impliqués dans la vie malienne, ces polars ne sont pas exotiques, mais montre le Mali normal, complexe et captivant, sans dorures ni salissures ajoutées.

Meurtre à Tombouctou, Points Seuil, 2015, 216 p., 6,40 €.


Écrite, lue, chantée, la poésie est monde, fait monde. Et de la musique des mots à celle des instruments animés par la main des femmes et des hommes, le pas est franchi.

Parole et humanité partagées

Sans doute toute poésie est-elle en son fond anti-raciste, dans la mesure où elle est parole partagée, conjugaison du réel le plus singulier et de l’universel, à la fois concrète et abstraite, dans la mesure aussi où elle est toujours, quelle qu’en soit la forme, refus de l’enfermement de l’individu dans ses limites étroites. « Je est un autre » disait Rimbaud et on sait comment l’affirmation de cette altérité des êtres, de cette part d’inconnu qu’ils portent en eux, a ouvert la voie à tout un aspect de la modernité qui a cherché (et cherche toujours) à explorer ces territoires étranges. Mais reconnaître l’autre en soi n’interdit pas (au contraire) de reconnaître soi en l’autre.

De nombreux poètes contemporains composent cette anthologie qui présente quelques poèmes aujourd’hui "classiques" sur le sujet et une grande majorité de poèmes nouveaux et inédits.

101 poèmes (et quelques) contre le racisme, Le Temps des Cerises, 2017, 220 p., 13 €.

Chanson sociale

Gaston Couté (1880-1911) est avant tout poète. Sa verve, ses inventions poétiques sonnent juste. Sa force poétique s’accompagne d’une vision vivante de la réalité quotidienne, avec une terrible liberté de pensée et d’expression. En 1902, au sommet de sa gloire, il participe au groupe des poètes et chansonniers révolutionnaires, qui prend le nom de La Muse rouge. Par la suite, il devient, à sa façon, militant et écrit les chansons de la semaine pour La Guerre sociale, important journal anarchiste du moment. Il reste un poète hors-norme, étrangement présent toutes les fois que la vie sociale entre en crise, et cela malgré les handicaps accumulés, la rupture de la guerre de 1914 qu’il a pressentie, sa violence anarchiste qui le place à l’extrême pointe de ce que Jean-Baptiste Clément appelait la chanson sociale, et aussi la brièveté de son passage, les dix années de sa présence créatrice.

Gaston Couté, Le gars qu’a mal tourné, Poèmes et chansons, Le Temps des Cerises, 2017, 120 p., 10 €.

Le poète berger

Peu connu du public français, bien qu’il soit une icône en Espagne, cet homme ardent et généreux au destin tragique parle au cœur de chacun : les horreurs de la guerre, les privations, la mort d’un premier fils puis la naissance d’un second fils, l’éloignement de la femme aimée. Les derniers poèmes de Miguel Hernández rassemblés dans ce recueil, n’avaient jamais été traduits en français.

Miguel Hernández, Chansons et refrains d’absence, Le Temps des Cerises, 2017, 120 p., 13 €.

Une épopée

La Chanson de geste, inédite en français, porte bien son titre, car il s’agit là d’une épopée : celle du combat pour la liberté en Amérique latine, et, plus particulièrement, dans les Caraïbes. Ce poème est un salut à la Révolution cubaine qui vient d’avoir lieu (en 1959), mais aussi aux luttes démocratiques au Venezuela, au Nicaragua… et une protestation contre la situation de Puerto Rico qu’il nomme « port misère ». On retrouve dans ce livre, le ton, la forme, le souffle du Chant général dont il semble être le prolongement.

Pablo Neruda, La chanson de geste, Le Temps des Cerises, 2017, Livre CD, textes en espagnol et en français, 200 p., 15 €.

En musique, drôle et sérieux

Comment choisir le nom de son groupe, trouver des musiciens, définir un son ? Quelle attitude adopter sur scène ? Prendre ou ne pas prendre de drogues ? Vous trouverez ici les réponses à toutes ces questions. Ce livre est aussi une histoire populaire du rock, l’impérialisme américain vu par le prisme de la musique. Un mélange détonnant, irrésistiblement drôle et terriblement sérieux, un pamphlet marxiste et situationniste : le résultat improbable d’une collaboration entre Noam Chomsky et Howard Zinn, sous gaz hilarant.

Ian Svenonius, Stratégies occultes pour monter un groupe de rock, Au diable Vauvert, 320 p., 20 €.


D’hier à aujourd’hui, l’Histoire, par ceux qui la font, ceux qui l’observent, en font le récit, nous en restituent la saveur, en transmettent les pistes.

Anthropomorphismes

Il y a quelques mois, Arte a diffusé une série de mythes racontés par François Busnel en voix off, avec passion et précision, et en se fondant sur les textes les plus anciens, les destins de Zeus, Thésée, Aphrodite, Orphée, etc. C'est passionnant. Un véritable suspense dont on a hâte à chaque épisode de découvrir la suite. À l'image, les chefs-d’œuvre de Botticelli, Picasso, Goya ou Klimt rencontrent des silhouettes animées, inspirées des vases de la Grèce antique : un dispositif inédit pour une exploration captivante de la mythologie grecque et de ses récits originels. Loin des schémas classiques, F. Busnel nous fait découvrir la violence des relations des dieux entre eux, avec les demi-dieux et les hommes. Querelles de pouvoir, de palais, fréquente soummission des femmes, (ou leurs révoltes), même au prix de quelques milliers de morts pour récupérer l'épouse fugitive.

Les grands Mythes, La boutique d’Arte, 2017, 20 épisodes de 26 minutes en 4 DVD 40 € , en VOD 20 €.

Continuités et ruptures

Quand un grand historien du Moyen-Âge explique que Moyen-Âge, Renaissance, tout ça n'est pas si clair, et que d'une époque à l'autre les continuités sont plus frappantes que les ruptures – qui ne sont pas toujours là où on les attend. Et nous voici dans l'obligation de penser la complexité et la surprise, d'apprendre des choses – et on a l'impression agréable d'être moins bête en sortant de sa lecture…

Jacques Le Goff, Faut-il vraiment découper l'histoire en tranches ?, Le Seuil, 2016, 224 p., 7,80 €.

Passion et krach de la tulipe

En 1636, un bulbe de tulipe pouvait valoir à Amsterdam trois fois le prix de La Ronde de nuit de Rembrandt, ou d'une vaste demeure. Et puis la première bulle spéculative de l'histoire a explosé. Pour raconter cette histoire, Mike Dash raconte toute celle de la tulipe et de ses voyages de l'empire ottoman aux Pays-Bas, avec des galeries de portraits, des détails botaniques, et autres réflexions. Passionnant !

Mike Dash, La tulipomania, JC Lattès, 2000, 317 p., 20 €.

Rendre un visage à la foule

Vous voulez prendre la Bastille ? Avec 14 juillet, d'Eric Vuillard , c'est comme si vous y étiez. Vous croisez les visages, vous entendez les voix, vous connaissez les noms, la journée se déroule, l’évènement est là, et le tout au milieu d'un grand plaisir littéraire, la gourmandise des mots et des phrases, rien de convenu, rien d'attendu, un feu d'artifice de 14 juillet !

Eric Vuillard, 14 juillet, Actes Sud, 2016, 208 p., 19 €.

La capitale du communisme municipal

Ainsi qualifiait-on Ivry/Seine, ville de Thorez et de Marrane, objet de la dernière livraison d’Emmanuel Bellanger, qui poursuit ainsi son travail de recherche sur la "banlieue rouge". Somme précise, approfondie, bienveillante sans complaisance, ce jeune historien livre une recherche documentée, dont bien des aspects nourrissent notre actuelle réflexion sur l’État, fut-il local, la transformation du monde, le communisme, la gestion et les élus….

Emmanuel Bellanger, Ivry banlieue rouge, 2017, 530 p., 150 illustrations, éditions Créaphis, 35 € sur papier ou Internet.


Tisser l’avenir en s’appuyant sur les outils de réflexion, de connaissance de compréhension du réel pour, dès aujourd’hui, commencer à le transformer.

Pour une citoyenneté active

Au moment où reviennent fortement des débats sur l'identification, l'identité, la raison d'être, la transformation radicale des partis, le rassemblement dans une force politique nouvelle, un nouveau Front populaire ou le communisme, on ne saurait trop recommander le livre de Jean-Paul Jouary, paru en 2003 : Prendre la politique avec philosophie. « ... notre présent porte en lui tout ce que requiert une renaissance profonde de la citoyenneté active (...) se posera la question de savoir si ce que l'on ressent comme un effondrement présent du sens n'est pas justement ce qui peut donner un sens nouveau à la politique, et aussi à l'activité philosophique », est-il écrit en quatrième de couverture.

Jean-Paul Jouary, Prendre la politique avec philosophie, La Dispute, 2003, 224 p., 16 €.

Derrière la normalisation managériale

Les restructurations d’entreprises sont diffuses, en temps de crise comme de prospérité. Il est attendu des salariés qu’ils s’adaptent à cette nouvelle donne. Le mouvement social débuté en février 2016 contre la loi Travail s’est nourri de la contestation d’une opinion répandue : la réglementation du licenciement est un frein à l’embauche et un facteur de chômage. À rebours de cette idée reçue, l’ouvrage renoue avec l’analyse des causes économiques et financières, essentielles dans cette banalisation du licenciement. Cette dernière – loin d’être du ressort des individus – engage la responsabilité collective d’une société.

Mélanie Guyonvarch, Performants… et licenciés Enquête sur la banalisation des licenciements, Préface de Danièle Linhart, PUR, coll. le sens social, 2017, 264 p. 22 €.

Sous l’uniforme, les classes

Alors que la lutte contre le terrorisme nous habitue toujours plus à la présence de militaires dans l’espace public, et que certains en appellent à l’armée pour "recadrer" et "remotiver" la jeunesse déshéritée, on sait en réalité bien peu de choses sur cette institution. L’auteure, sociologue, a mené son enquête comme stagiaire dans une école d’état-major, puis civile "embarquée" dans un régiment de combat. On découvre une institution étonnante traversée par des conflits et des rapports de force qui nous éclairent sur la violence ordinaire du monde social. Sous l’uniforme, des tensions sociales, scolaires et politiques polarisent très fortement l’entre-soi militaire. Tout en nous apprenant qui sont les futurs chefs de l’armée française, cet ouvrage vient rappeler que tandis que la critique antimilitariste a beaucoup faibli depuis la fin de la conscription, l’armée continue de recruter largement dans les classes populaires.

Christel Coton, Officiers. Des classes en lutte sous l'uniforme, Agône, 2017, 288 p., 19 €.

Contribution à l’émancipation

Cet ouvrage entend contribuer à l’effort et tenter un bilan synthétique et dialectique de la question de l’émancipation, à l’époque de la mondialisation et de la crise écologique. Il procède en trois étapes : un bilan du libéralisme, dans sa critique du conservatisme (thèse) ; un bilan des marxismes et post-marxismes, dans leur critique du libéralisme (antithèse) ; et une troisième partie de synthèse, se situant dans le prolongement théorique d’un ouvrage précédent sur l’écologisme, où l’auteur propose de réarticuler des concepts tels qu’autorité, religion, politique, science, culture et sacré, afin d’éclairer d’un jour nouveau la question de l’émancipation. La conclusion rejoint Gramsci et d’autres pour qui l’émancipation réside dans le fait d’agir en vérité. Il ouvre des pistes pour penser l’articulation de l’un et du multiple, dans une perspective résolument non relativiste.

Fabrice Flipo, Réenchanter le monde. Pouvoir et vérité. Essai d'anthropologie politique de l'émancipation, éditions du croquant, 2017, 276 p., 20 € et e-book-pdf 15 € .

Un autre regard sur le vote FN

Violaine Girard, maîtresse de conférences en sociologie à l’université de Rouen, membre du Groupe de recherche innovations et sociétés (GRIS), est l’auteure d’une thèse de sociologie consacrée aux trajectoires résidentielles de pavillonnaires des classes populaires, à partir d’une enquête menée au sein d’un territoire périurbain et industriel,un territoire de vallée de la région Rhône-Alpes. L’auteure montre que de façon centrale les transformations des formes, des conditions et de l'organisation du travail, qui n'est plus structurant des dignités individuelles, est un moteur profond du vote Front National. Cette corrélation fonctionne d'autant mieux qu'à l'effacement des structures collectives de représentation et d'interprétation des réalités vécues collectivement, s'ajoute la promotion de l'accomplissement individuel via l'accession à la propriété.

Le vote FN au village. Trajectoires de ménages populaires du périurbain, Éditions du Croquant, coll. sociopo, 2017, 314 p., 15 €.

Déconstruire pour construire

C’est ce que font Les Mutins de Pangée avec leurs films :

Après deux semaines de lavage de cerveau et quelques films hagiographiques illico servis par la télévision française, nous avons nous aussi décidé de nous mettre en marche vers le fameux "projéééééé" désormais présidentiel. Et voici quelques premières contributions :

- L’évasion fiscale : « Je suis d’accord pour dire qu’il n’y a pas grand-chose dans le programme d’Emmanuel Macron là-dessus », Eric Halphen, représentant le candidat devant la plateforme de lutte contre les paradis fiscaux, le 5 avril.

Tentative d’évasion fiscale, en VOD, gratuit.

- Les traités transatlantiques : « Ce traité améliore objectivement les choses dans notre relation commerciale avec le Canada », Emmanuel Macron à propos du CETA. Sur le cousin du CETA, le TAFTA :

Transatlantique arnaque : la Casse du Siècle, en VOD gratuit, téléchargement ou DVD.

- Notre-Dame-des-Landes : « Il y a eu un vote, mon souhait est de le respecter et de faire l’aéroport (…). Je prendrai mes responsabilités et je ferai évacuer la zone », Emmanuel Macron, le 6 avril sur France 2.

Le dernier Continent, en VOD gratuit.

- La Palestine : « La reconnaissance unilatérale d’un État de Palestine par la France ne servirait l’intérêt de personne », Emmanuel Macron le 19 avril.

5 caméras brisées, en VOD, gratuit.

- Les chômeurs : « Je ne veux plus entendre : "j’ai encore droit de rester un peu au chômage" ou "on ne me propose rien !" », Emmanuel Macron en meeting à Lille le 14 janvier .

Pôle emploi, ne quittez pas ! En VOD, téléchargement ou DVD.

- Le travail : « Notre projet est celui de la société du travail. Car c’est en travaillant que l’on peut vivre décemment, éduquer ses enfants, profiter de l’existence, apprendre, tisser des liens avec les autres. C’est aussi le travail qui permet de sortir de sa condition et de se faire une place dans la société », programme du candidat.

Attention Danger Travail, en VOD ou DVD.

- Les clichés sur la banlieue : « Allez à Stains (en Seine-Saint-Denis, ndlr) expliquer aux jeunes qui font chauffeur Uber de manière volontaire qu’il vaut mieux tenir les murs ou dealer », Emmanuel Macron à Mediapart en novembre 2016.

Merci les jeunes, en VOD.

- La prison : « Nous construirons 15 000 nouvelles places de prisons », programme du candidat.

Sur les toits, en VOD, téléchargement, ou DVD.


Ont contribué à ce dossier : Frédéric Bouviolle, Claude et Danièle Dalbéra, Daniel Davoust, Catherine Destom-Bottin, Vincent Duguet, Michèle Kiintz-Tailleur, Gérard Péreau-Bézouille, Sylvie Larue, Laurent Lévy, Michel Mourereau, Luc Quinton, Patrick Vassallo. Et de larges emprunts aux éditeurs et libraires indépendants.