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Ça ne fait que commencer

Quand vous lirez ces lignes, faire barrage au FN sera, je l’espère, chose entendue sinon déjà faite. Il est donc bien tard pour faire un appel de plus. Pour des millions d’hommes et de femmes cela passe (est passé ?) par un choix détestable : la politique de Macron finira par faire encore monter le FN… si rien ne se passe de nouveau. C’est donc à ce nouveau qu’il nous faut réfléchir à partir de lundi.

Le premier tour a montré l’ampleur des aspirations à une autre organisation de la société et à une autre conception de la politique. Par de multiples canaux - et non pas un seul - la campagne, débarrassée du bilan du sortant dans la mesure où il avait jeté l’éponge, s’est polarisée sur la quête de solutions alternatives. Au point que le vocable "hors système" est devenu un vocable fourre-tout récupéré y compris par les plus réactionnaires. Notons que ce n’est pas vrai qu’en France. Il y a quelque chose qui s’use ; reste à préciser de quoi il s’agit, afin que tous les chats ne soient pas gris.

L’expérience que nous avons des luttes sociales ou sociétales est qu’elles sont, pour l’instant, davantage de l’ordre du refus que de l’ordre de la conquête. Peut-être est-ce un premier point que la dynamique autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon a révélé. Il est temps de passer à l’initiative de la proposition et que ce soit au tour des forces du capital d’être sur la défensive. Mais cela demande d’élucider deux questions qui ne le sont pas encore.

1. Qui est le vrai sujet de ce verbe : passer à l’initiative ? Le peuple n’est pas une abstraction que l’on pourrait contenir dans une forme unique de regroupement. Si l’on veut que le social ne soit plus dépossédé de sa créativité et de son pouvoir d’intervention politiques, on ne peut penser le représenter dans quelqu’avant-garde que ce soit ni dans un cartel. Le rapport traditionnel au système représentatif a été suffisamment bousculé pour ne pas tenter de n’en renouveler que les bannières. L’anonymat collectif du mouvement en Guyane a permis une infinité de portes d’accès et participe de sa puissance.

2. Il ne s’agit pas d’être moins concrets mais une addition de mesures ne suffit pas à faire une autre société. Chacune des mesures souhaitées ne pourra voir le jour qu’en s’inscrivant dans la perspective de se débarrasser du système capitaliste. Non seulement afin de dégager l’argent nécessaire mais pour une question de pouvoir : qui doit avoir le pouvoir sur l’économie et le devenir de la société ? Les actionnaires ? L’État ? Ou les intéressés eux- mêmes, ce que portent déjà les coopératives ?

Pour des forces plus anciennement expérimentées, notamment le Parti communiste, n’est-il pas temps d’ouvrir un vrai chantier de renouvellement ? Il en avait déjà annoncé afin d’attribuer "la primauté au mouvement populaire" et à chaque fois, le face à face avec le PS et l’enfermement dans le seul espace institutionnel ont fait avorter ces tentatives. Désormais cette hypothèque devrait être levée. Le mouvement syndical n’a-t-il pas besoin de s’interroger pour savoir si la fidélité à la Charte d’Amiens lui interdit vraiment de contribuer à la construction d’une alternative politique ?

Et France Insoumise, Ensemble !, les Nuits Debout, les mouvements coopératifs, écologistes, sont-ils exemptés de tout dépassement de limites pour être à la hauteur de la suite ?

Chaque parcours, y compris nombre de parcours individuels, sont autant de pièces d’un immense puzzle qu’il est temps de constituer.