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Fédérer les pensées émancipatrices pour changer la société

Créées en 2010, les Rencontres de l’Atelier sont devenus un rendez-vous politique incontournable dans le département de l’Allier. Entretien par Cerises avec Pierre Goldberg, l’un de leurs animateurs passionnés.

Comment les Rencontres de l'Atelier sont-elles nées ?

Tout a commencé le plus simplement du monde. J'avais constaté, au cours d'échanges de hasard, limités à quelques personnes, que le plus souvent s'exprimait une insatisfaction du vécu de militants que nous étions. Nous nous disions que résister, c'est bien, il le faut… mais, tout autant, nous nous disions que si on ne commence pas à construire, à côté des actions de résistance, un autre devenir, nos actions deviennent essentiellement stériles, au sens où la situation présente continue à exister et incontestablement à s'aggraver. J'ai pris l'initiative de réunir une dizaine de ces militants dont tous voisinaient, peu ou prou, avec la pensée communiste. Très vite, nous avons abouti au constat que nous éprouvions le besoin de moments, d'un lieu où l'on échangerait, on construirait, on se questionnerait. Un lieu où chaque participant puisse librement dire, discuter, comparer. Un lieu où on interroge le monde, où on sache entendre l'écho des autres pensées et s'en nourrir, et pour grandir en humanité.

Résister, c'est bien, il le faut… mais, si on ne commence pas à construire, à côté des actions de résistance, un autre devenir, nos actions deviennent essentiellement stériles, au sens où la situation présente continue à exister et à s'aggraver.

Déjà, nous pensions que l'urgence était de construire une charpente idéologique sans laquelle il n'y a pas de mise en perspective. Nous n'avions nulle envie de nous comporter en experts mais en citoyens. Des citoyens qui subissent, comme les autres, l'impossibilité de participer aux choix qui nous concernent dans le travail, la ville, la société, le monde. Des oligarchies industrielles et financières ultra-minoritaires nous imposent des choix qui servent leurs intérêts. Les normes économiques sont supposées indiscutables. Des traités internationaux sont négociés dans notre dos. Des technocrates et des experts en tout genre bafouent le principe de "gouvernement du peuple ". Des professionnels de la politique décident à notre place, hors de tout contrôle. Mais, fait stimulant pour nous, nous constations que nous sommes nombreux à résister à cette perte et à chercher, en citoyens, à prendre part pleinement au nouveau monde qui peut s'ouvrir. Nous voulions leur offrir une maison ouverte ou chacun puisse se sentir chez elle, chez lui, où nul ne sente quelques formes d'exclusion que ce soit. Et voilà, l'Atelier venait de naître.

Quel sens a votre démarche ?

Ce que porte le sens de notre démarche avec ce que nous appelons désormais les "Rencontres de l’Atelier", ce que porte nos échanges et nos débats, c’est le processus par lequel une société se ressaisit elle-même. En ce sens, il semble, particulièrement en ce moment, qu’une idée avance, c’est la conviction que personne ne viendra nous sortir de la si dure réalité qui est la nôtre, sinon nous-mêmes. Il s’agit de reprendre son autonomie, sa capacité d’agir, de penser ce qui n’a pas encore été pensé. En un mot, il apparait de plus en plus que l’intelligence collective devient un atout majeur. Ainsi, en nombre de lieux, commencent à émerger des pensées et des actions qui sont autant d’envies de se projeter vers autre chose. Comme une recherche, certes encore tâtonnante et limitée, d’un autre devenir, d’une autre société.

Dans notre pays, mais pas seulement, il semble que nous vivons des moments importants, comme une accélération. Des moments qui ouvrent des espaces pour « toutes les curiosités et tous les problèmes de notre temps », comme le proclamait Jean Jaurès. N’y a-t-il pas un réveil de la contestation ? Des colères qui sortent des poitrines ? D’heureux questionnements collectifs ? Une réaction citoyenne, civique, profonde et organisée ? La conscience collective n’est-elle pas là, renaissant, revivant et à portée de mains ? Nous vivons des "jours de colère" avec les luttes contre la destruction des droits des travailleurs, dans le secteur privé comme dans le secteur public. Cependant, les actions contre le démantèlement du Code du travail ont posé des questions, exprimé des aspirations qui vont au-delà du droit du travail, prenant en compte l’ensemble des droits des travailleurs, droits sociaux en général, droits dans la gestion de l’entreprise.

Ce que porte le sens de notre démarche des "Rencontres de l’Atelier", c’est le processus par lequel une société se ressaisit elle-même. La conviction avance que personne ne viendra nous sortir de la si dure réalité qui est la nôtre, sinon nous-mêmes.

Nous avons vécu des Nuits Debout qui peuvent marquer le début d’une mobilisation "à la française" pour un autre monde. Les mouvements Nuits Debout, sans en exagérer la portée, sans préjuger de ce que seront les temps à venir, font naître chez chacun d’entre nous un formidable espoir. Celui d’un peuple conscient, redressant la tête, uni et déterminé, afin de reprendre son destin en mains, de se tenir debout face au pouvoir de la finance, debout pour ouvrir son propre chemin, ne plus subir mais proposer, décider de façon collective. On voit se multiplier les initiatives pour inventer, expérimenter et diffuser, ici et maintenant, des solutions concrètes aux problèmes d’aujourd’hui tout en s’efforçant de relever les défis de l’avenir. On voit se bâtir sans plus attendre les prémices d’un autre monde, un monde plus désirable, plus juste, plus respectueux des libertés personnelles, plus convivial et surtout plus durable, un monde que l’on aurait envie de transmettre à nos enfants.

Face au monde ancien qui se défait sous leurs yeux, des citoyens ont déjà commencé à en construire un nouveau. C’est ainsi que des salariés reprennent en mains leurs entreprises condamnées. C’est ainsi que des chercheurs construisent des communautés d’égaux, refusant toute appropriation de leur brevet, échangeant en permanence le fruit de leurs recherches. C’est ainsi que des citoyens ont construit le commerce équitable, moyens d’échange où le producteur et ses besoins sont pris en compte par les consommateurs dans un rapport où tout le monde est gagnant. On pourrait multiplier les exemples. Cependant malgré ces postures, ces choix, ces actions porteuses d’un autre devenir humain, stimulant pour décupler tous les efforts vers une émancipation, n’ayons aucun doute : le capitalisme et ceux qui agissent pour son compte savent d’expérience tirer parti, à leur profit, de toute situation, de tout événement, de toute opportunité. Peut-on douter un seul instant qu’il n’en sera pas ainsi à l’occasion de la prochaine consultation électorale, qu’est l’élection présidentielle ? Ils le feront s’ils ne rencontrent pas d’opposition fondamentale, en utilisant toutes les procédures, toutes les forfaitures et opportunités politiques d’où qu’elles viennent. Ils le feront d’autant plus si aucun projet de société alternative ne leur est opposé. C’est ce qui s’est passé avec l’élection de 2012.

Mais il est une autre forme de destruction plus subtile, une des plus redoutables : celle qui s’attaque à l’esprit humain. Nous vivons une véritable guerre idéologique avec la tentative d’enfermement du monde derrière l’écho assourdissant consistant à faire croire qu’il n’existe pas d’alternative possible. Plus que jamais, notre emblème "En commun, nous pouvons changer la société" vise à prendre le contre-pied de ces thèses idéologiques. Aux tenants de la théorie visant à nous faire croire qu’on ne peut rien changer, nous opposons d’autres choix, que nous élaborons avec les citoyens qui participent à nos Rencontres.

Chacune, chacun peut donc, en toute liberté, nous rejoindre, participer avec son approche à nos échanges. Ensemble, nous projetons dans les débats des interrogations, des idées et des propositions qui visent à bousculer les schémas tout faits. Par exemple, nous disons : comment se fait-il que la France, terre de richesse et de révolte, soit complètement à la traîne pour la seule innovation qui soit réaliste, l’innovation sociale ? Peut-il exister un monde sans capitalisme et sans la finance qui écrasent tout, un monde sous la bannière du partage, de l’égalité et de la planète respectée ? Peut-on faire vivre l’entreprise, produire utile et sain sans les capitaux, sans actionnaire et leurs énormes dividendes, et avec des travailleurs propriétaires et en position pour diriger l’entreprise ? Peut-on faire face au préoccupant changement climatique en restant dans le système capitaliste ? Peut-on manger sain avec des produits du pays grâce à une agriculture familiale et de proximité ? Et, toujours, nous disons et nous répétons que c’est ensemble que nous sèmerons les graines d’un nouveau monde.

Les Nuits Debout peuvent marquer le début d’une mobilisation à la française pour un autre monde. Cela fait naître un formidable espoir. Cependant, n’ayons aucun doute : le capitalisme et ceux qui agissent pour son compte savent d’expérience tirer parti, à leur profit, de toute situation.

Comment fonctionne la programmation des débats et l'organisation ?

S'il y a un mot qui résume nos six années d'existence, c'est bien le mot "évolution". Une évolution tirée de l'apport de nouvelles pensées émancipatrices venues élargir et renforcer les activités de notre Atelier. Au départ, nous étions donc une dizaine. Aujourd'hui, nous sommes près de quatre-vingt adhérents. De quelques Rencontres en 2010-2011, nous tenons aujourd’hui le rythme de sept-huit par saison (de septembre à juin). D'une démarche encore imprécise au début, nous affirmons aujourd'hui une visée qui nous semble être au cœur du combat humain urgent à mener en disant : "En commun, nous pouvons changer la société". Avec Jean Jaurès qui affirmait « qu'est ce que l'action sans la pensée ? C'est la brutalité de l'inaction », nous disons, reprenant un thème cher à Karl Marx : « le temps de la lutte doit toujours être le temps de la pensée ».

Une nouvelle évolution, fruit d'un débat profond entre nous, s’appuyant sur l'apport de la diversité des pensées qui est une marque forte des animateurs de l'Atelier, diversité de pensées irremplaçable pour qui veut utilement travailler à l'émancipation humaine, vient d'être retenue. Dans le temps à venir, nous voulons encore plus travailler à faire converger toutes les pensées qui ambitionnent d’œuvrer à cette émancipation. Désormais, après avoir affirmé l'idée qu'en commun, nous pouvons changer la société, nous dirons que cela ne peut se faire qu'en fédérant les pensées émancipatrices. Et pour que chacune de ces pensées soient exposées et débattues, dans les mois à venir, des "Rencontres Ateliers" porteront sur les solutions de mise en commun, par exemple sur le pacifisme, le communisme, l'écologisme, le féminisme, le syndicalisme... L'autre évolution débattue ces mois derniers vise à retrouver le principe fondateur de l'éducation populaire, qui vise l'émancipation des groupes dominés, leur participation à la vie publique dans un but de transformation radicale de l'ordre social. Nous voulons contribuer à ce que chacune, chacun puisse réfléchir, analyser, construire des savoirs propres, comprendre le monde et agir. C'est pourquoi désormais les concepts ateliers et éducation populaire iront de pair dans nos outils de communication.

Nous voulons faire converger les pensées qui ambitionnent d’œuvrer à l’émancipation. Nous voulons retrouver le principe de l'éducation populaire, qui vise l'émancipation des groupes dominés et leur participation à la vie publique dans un but de transformation radicale de l'ordre social.

Rien ne serait plus encourageant pour nous que ces deux évolutions contribuent à tisser des passerelles de dialogue afin que les citoyens se mêlent du débat public dont dépend le sort de notre pays comme celui de chacun de nous. La recherche des intervenants - une question de grande importance - a aussi évolué. On remarquera d'abord que je n'ai pas dit "conférenciers". Si, au début de notre initiative, nous appelions nos initiatives des "conférences", nous avons ensuite renoncé à cette appellation qui sous-entend l'idée que le public viendrait seulement écouter. Ce qu’au fil du temps nous avons souhaité, c'est l'échange, le vrai débat. Pour nous, l'intervenant et les participants sont sur un pied d'égalité : nous attendons de notre public non seulement des questions mais aussi l'expression d'idées. Ce que nous voulons, c'est une co-construction. C'est compliqué mais nous avançons. Il est à remarquer que nos intervenants nous comprennent et se prêtent volontiers à ces échanges interactifs. Surtout qu'après avoir un peu galéré au début pour rechercher les bons intervenants, nous avons maintenant construit un relationnel, un suivi de contacts. Il est ainsi fréquent qu'un intervenant revienne plusieurs fois.

Quant aux médias, ça avance. On commence peu à peu à être reconnu. Le choix du thème et la qualité des intervenants comptent. On parle de nos Rencontres surtout avant leur tenue. Il n'est pas rare que nos intervenants soient interviewés quarante huit heures avant l'initiative. Quelques fois, on relate après coup. À titre d'exemple, notre dernière Rencontre sur Alstom, avec Benoît Borrits, a été relatée dans la presse locale, sous le titre "On peut faire autrement". Nous étions assez satisfaits.

Quel est le public de votre initiative et ses échos à Montluçon, et dans l’Allier ?

C’est la question qui nous préoccupe le plus. La participation à nos Rencontres reste encore étroite. La plus grande partie de notre public est constitué de militants, le plus souvent retraités. Certes, il s’agit de personnes actives et, pour nous, c’est déjà précieux car il s’agit de personnes qui alimentent les échanges et qui portent nos débats, nous le savons, à l’extérieur. Nous avons fait quelques percées, encore largement insuffisantes, vers le monde syndical, mais les salariés des entreprises et des services sont encore trop rarement présents. Et il en est de même pour la jeunesse, bien que ces derniers temps quelques jeunes ont adhéré à l’Atelier et vont préparer une rencontre sur la jeunesse pour le début 2017.

Une expérience politique

librement transposable

"En commun, nous pouvons changer la société", "fédérer les pensées émancipatrices", "le temps de la lutte doit toujours être celui de la pensée"… voilà des intitulés qui font écho à la démarche de l’Association des communistes unitaires ! Depuis plusieurs années, Pierre Goldberg, qui fut député et maire de Montluçon, et d’autres partisans de l’émancipation font vivre, dans la grande ville de l’Allier, un espace de rencontre et de réflexion original, désormais ancré dans la vie politique locale.

Le principe des "Rencontres de l’Atelier" ? Animer un espace ouvert d’éducation populaire, où les intervenants et le public échangent à égalité sur les sujets les plus divers, parmi lesquels récemment : "la gestion des entreprises et la finalité des productions", "l’émancipation et l’écologie", "faire émerger du commun", "qui crée les richesses dans la société ?"… Le programme est adapté en fonction de l’actualité. Ainsi, par exemple, le 18 novembre 2015, la rencontre s’intitulait "Après les dramatiques évènements du 13 novembre 2015 : se rencontrer et parler" et, plus récemment, une rencontre a concerné la situation à Alstom.

Nous avons souhaité partager cette expérience, car il serait formidable qu’elle essaime. Pierre Goldberg est d’ailleurs disponible pour tout échange sur la construction et l’animation d’un tel espace, y compris en se déplaçant.

Gilles Alfonsi

Plus d’infos

Pour tout échange d’expérience, contacter P. Goldberg : 06 88 94 41 13 et pierregoldberg@hotmail.fr)

Nous débattons régulièrement de ces questions. Nous nous questionnons également sur le nombre de participants, qui oscille entre 40 et 80 personnes. Pour nous tourner vers un public plus jeune, plus salarié, nous nous efforçons, y compris en modifiant nos programmes, de coller à l’actualité. C’est ainsi que récemment nous avons remplacé une "rencontre" prévue sur le thème "une nouvelle république" par un débat sur la situation à Alstom. Enfin, selon les thèmes traités, nous essayons d’associer les syndicats ou associations.

Quel bilan tirez-vous de plusieurs années de débats ?

Qu'il me soit permis de reprendre pour partie, l'intervention d'un membre de notre Atelier, au moment où nous faisions le bilan de la saison 2015 - 2016 : « Mesurons bien les apports de notre Atelier à une "pensée révolutionnaire de notre temps". Pour ma part, je mesure combien ma pensée a évolué en particulier depuis un an. Je suppose que cette évolution personnelle n'est pas unique. Je voudrais citer trois ou quatre rencontres qui m'ont particulièrement marqué dans cette évolution de ma pensée. D'abord celle avec Christian Laval, qui considère comme "Commun" ce que les êtres humains décident de considérer comme tels, et qui dit ce "principe politique" de "commun" est en train de se répandre d'une manière virale. Autre élément de l'évolution de ma pensée : Samuel Hayat, sur le thème "Quand la République était révolutionnaire". Et si nous avions, à notre époque, la mission historique de réaliser enfin la République démocratique et sociale battue en 1848 ou en 1971 ? Quatrième élément : Benoît Borrits et la pensée autogestionnaire. » J'en viens à ma conclusion "provisoire" citant Marx : « L'émancipation des travailleurs sera l'affaire des travailleurs eux-mêmes ». Autrement dit, il n'y aura pas de grand soir de la prise du pouvoir mais une construction des "communs" à la base, par des gens conscients et éduqués et ensuite fédération de ces communs pour en faire société (on rejoint ici la pensée du philosophe Lucien Sève et de l’historien Jean Sève). Autre conviction : cela ne se fera pas par les forces politiques existantes, dans des moments électoraux. Pour ma part, après six années d'activité de l'Atelier, je reste plus convaincu que jamais qu'il y a urgence à mener le combat idéologique. Cette conviction est, je le crois, largement partagée par tous nos adhérents. Comme le disait Aimé Césaire : « Je considère que l'action se fait précisément par l'imagination et par le verbe. »

Nous vivons, toujours et encore, et depuis si longtemps, le temps de l'urgence, qui n'est jamais le temps de l'élaboration. Privés d'avenir, les discours n'ont plus que l'urgence pour être jugés concrets. Ils se circonscrivent sur ce qu'on appelle le vécu, et non sur la production du commun qui demande de prendre le temps nécessaire à l'analyse et à la réflexion, à la fois individuelle et collective. On ne prend pas le temps de penser à l'effet que peut avoir la quête d'un autre avenir commun sur les constructions immédiate, alors que la vision que l'on se fait de l'avenir vient donner du sens au présent et participe au rôle de la conscience. Il ne s'agit pas là d’une question abstraite, il s'agit d'un enjeu majeur qui pèse sur le quotidien. Que l'on me permette d'entrer un instant dans notre quotidien à propos des élections présidentielles en rappelant une affirmation de Gramsci : « Les victoires idéologiques précèdent les victoires électorales. »

Et le communisme dans tout ça ?

Je veux dire deux choses. Toutes les réflexions qui précèdent n’ont-elles pas, au fond, parlé du communisme ? J’affirme cela au moins dans un sens. Karl Marx disait - et cette formulation m’a toujours frappé par sa simplicité, qui n’altère pas sa force - que le communisme est « la mise en mouvement des gens ». Mettre les gens en capacité de rentrer en mouvement, c’est le cœur de l’activité de l’Atelier. En effet, le véritable progrès exige que les citoyens s’emparent de leur devenir en contribuant par leur choix à définir les priorités pour construire une autre vie, un autre devenir. Que les citoyens débattent des diverses options pour changer la société grâce à l’intelligence collective et généreuse qui sommeille en chacun.

Prochaine Rencontre de l’Atelier

La prochaine rencontre aura lieu le vendredi 9 décembre (salle Robert Lebourg, rue de la Presle, à Montluçon) sur le thème "La Poésie sauvera le monde", avec Jean Pierre Siméon, agrégé de lettres modernes et directeur artistique du Printemps des poètes, associé au Théâtre national populaire.

La rencontre sera suivie de lecture de poèmes de Jean-Pierre Siméon et d'autres poètes par l'association "Les mots qui réveillent".

C’est là que se trouve le moteur de l’émancipation. Sur quoi doit porter cette émancipation ? Sur une métamorphose politique, économique, écologique, sociale, culturelle de long terme de notre monde, pour une planète vivante et durable. Pour ma part, je considère qu’en écrivant que nous voulons fédérer les idées émancipatrices issues du pacifisme, du communisme, de l’écologisme, du féminisme, du syndicalisme… nous ne sommes pas éloignés du communisme. Bien au contraire, nous en faisons pleinement s’épanouir, au cœur d’autres pensées, tout ce qui doit être sa substance même : oser rêver autre chose, oser se projeter au-delà de l’horizon capitaliste, vaincre la peur de ne pas pouvoir maîtriser l’avenir, faire que chaque citoyen ait sa place, sa parole, sans forcément être derrière une structure politique, une hiérarchie, un représentant. Bref, "mettre les gens en mouvement" pour que revive l’espoir car, comme l’affirmait Dostoïevski, «  vivre sans espoir, c’est cesser de vivre ».

* Questions posées par Cerises