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Ce qui ne peut plus durer

Partons de trois évènements : le référendum britannique et la sortie de l’Europe ; Rome et Milan ont choisi des maires du Mouvement 5 étoiles(M5S) ; en France malgré des tentatives d’intimidation, la détermination du mouvement contre la loi Travail continue à drainer une majorité de l’opinion.

Qu’y a-t-il de commun ? Si l’on en reste à l’écume, fort peu de choses, voire des options incompatibles. Mais si l’on interroge les motivations profondes qui animent ces peuples, on peut déceler deux traits communs : 1) Le rejet que provoque le remodelage de la société par le capitalisme. Je suis loin de penser que les Britanniques partisans de la sortie de l’UE ou les électeurs du M5S sont tous des anticapitalistes, mais les uns et les autres manifestent le rejet du démantèlement du travail et des droits qui lui sont attachés, des politiques génératrices de précarisation de la vie et de soumission aux puissants. 2) Ce point-ci est fondamental : l’usure des formes politiques qui réduisent les intéressés à un rôle de supporters. La mémoire collective retient qu’elles se sont toujours soldées par des déboires. Aucun exemple historique ne vient contredire cet enseignement de portée anthropologique.

En regardant de manière critique la campagne référendaire britannique ou le M5S, on peut s’interroger si nous ne sommes pas confrontés à la confusion entre souveraineté populaire (la démocratie) et repli identitaire, entre sortie des rapports de domination et populisme. Sommes-nous condamnés à ce que des réponses régressives occupent seules le terrain face à l’obsolescence du système ? Invoquer un glissement à droite n’explique rien et conduit à ne rien changer de nos stratégies politiques. Pourquoi glissement à droite plutôt que réelle alternative ? Les forces qui se réclament d’une alternative sont-elles suffisamment… alternatives, donc hors système ? Le problème n’est-il pas d’abord là ?

La campagne de Bernie Sanders aux USA, la présence de Podemos suite aux Indignés, la Grèce…, autant de traits qui annoncent combien le capitalisme a perdu de sa capacité attractive et survit en profitant d’une absence de visibilité d’autre chose.

L’échec de Syriza (pour une part, peut-être aussi le résultat de Podemos) rappelle qu’on ne saute pas la moitié d’un fossé : ou l’on sort des règles du capital ou on s’y enlise. Au compte de ces règles, il y a la question des rapports de subordination.

Bien au-delà du discrédit du gouvernement actuel, les Nuits Debout expriment le rejet de l’inégalité fondamentale devant tout pouvoir. D’où la défiance envers tout ce qui se concocte en dehors des intéressés. Quel pouvoir alors ? Celui des représentants ou de chacun d’entre nous ? Le pouvoir-accomplir est contenu déjà dans toute lutte ou action alternative d’où une disponibilité nouvelle pour envisager de faire par soi-même. N’est-ce pas le début d’une vraie entrée en politique ? N’est-ce pas là, la responsabilité des organisations alternatives d’en faire un trait unificateur et le levier de tout combat ? Sans tricher, sans proposer en dehors des luttes de choisir à quel gourou confier son sort. N’est-il pas temps d’oser briser le carcan d’une normalité qui ne produit que de l’échec et de changer radicalement d’approche ? De considérer qu’à ce stade, l’étape à franchir est que ceux qui sont "habituellement-réduits-à- n’être-que-des-électeurs" définissent ce dont la société a besoin et trouvent la force de l’imposer ? Ne passons pas à côté de cette disponibilité nouvelle.