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Jusqu'où critiquer "La démocratie" ?

Après notre dossier critique sur le livre d’Alain Brossat (1), La démocratie, nous avons convenu avec lui du présent entretien, sous la forme de questions-objections à son livre. Un débat qui, sans nul doute, n’est pas terminé.

G. Alfonsi : La réalité démocratique en France par exemple n’est-elle pas moins homogène que vous ne le dites, et même contradictoire ?

Gilles Alfonsi. Soulignant que les « régimes démocratiques » ne remplissent pas, loin s’en faut, le cahier des charges censé correspondre à leur essence (élections libres, pluripartisme, liberté d’opinions…), vous en tirez comme conséquence que « le mot démocratie a tout à fait cessé d’être un concept destiné à désigner le plus désirable de tous les régimes de la politique ». Cependant, la réalité démocratique en France, par exemple, n’est-elle pas moins homogène que vous ne le dites, et même contradictoire, dans la mesure où existent de nombreuses expériences autogestionnaires et des pratiques locales, institutionnalisées ou non, qui contredisent la prédominance de la dépossession ?

A. Brossat : "La démocratie" est devenue le signifiant maître et exclusif de la domination aujourd'hui.

Alain Brossat. Tout d'abord, merci pour l'attention que vous accordez à mon livre. Ce que je veux dire, c'est tout simplement que nous ne pouvons espérer l'emporter sous le même drapeau que l'ennemi. "La démocratie" est devenue le signifiant maître et exclusif de la domination aujourd'hui ; ce que ce mot puissant a en propre, c'est de rendre indistincts les intérêts du capital de ceux de la forme de gouvernement qui se place sous ce signe - la démocratie de marché. Le trait singulier du nouveau (depuis la chute du système soviétique) régime de la politique qui a fait de "la démocratie" un moyen avéré de lutte pour l'hégémonie est de se placer sous le signe de l'Un-seul, et de tenter d'accréditer la fable de la démocratie "horizon indépassable de notre temps", voire terminus de toute espèce d'histoire politique envisageable. Le but de l'opération hégémoniste qui prend consistance autour du nom de la démocratie, en tant que référent unique et seul nom présentable de toute espèce de condition politique présente, est distinct : il s'agit, en reconduisant implacablement tout ce qui nous conduit à différer d'avec les conditions politiques fixées par nos gouvernants, les "militants de l'économie" et autres vicaires du capital, au même signe de ralliement que celui de nos adversaires et ennemis, d'annuler la possibilité même de baliser le champ d'un affrontement entre des forces en conflit ouvert, et portées par la connaissance intime de ce qui les sépare et les oppose.

Il s'agit, en tentant de nous contraindre à nous déclarer "démocrates" comme nos ennemis le font aussi et à couler nos subjectivités politiques dans ce moule, de rendre impraticables les opérations les plus élémentaires de la politique (comme domaine de pensée et d'action), à commencer par celle qui consiste à "se poser en s'opposant", à prendre en charge la division et le conflit comme fondements de l'agir politique.

La tradition politique la mieux éprouvée place la vie des régimes (Constitutions) politiques sous le signe du multiple et de la relativité des uns aux autres. La condition citoyenne, à Athènes, est inséparable de la capacité pour les uns et les autres de se diviser à propos de la Constitution et des formes de gouvernement souhaitables, ceci en fonction des intérêts, des conditions d'appartenance et des opinions des uns et des autres. La vie politique athénienne est toute entière portée par cette dynamique au fil de laquelle chaque régime (oligarchie, démocratie, tyrannie...) tire parti des faiblesses et imperfections de l'autre et y trouve l'occasion de le renverser. Pour Machiavel, il ne fait pas de doute que la "grandeur romaine" est inséparable du fait que, tout au long de l'histoire de la République, patriciens et plébéiens, constamment divisés, ne sont d'accord sur rien pour ce qui concerne la forme de régime ou de gouvernement souhaitable.

Ce qui tend à faire époque, avec cette sorte de dictature du mot démocratie qui tend à nous imposer ses conditions aujourd'hui, c'est, avec la disparition de cette notion de la pluralité des formes d'organisation politique et de gouvernement des humains, la tendance de plus en plus marquée à la criminalisation de ce qui s'oppose à cet exclusivisme – la délégitimation violente de tout ce qui, dans un discours ou une action, tenterait, envers et contre tout, de se présenter comme l'autre radical de ce qui a capté le nom de la démocratie. On le voit suffisamment, non seulement avec la criminalisation ouverte de régimes en conflit avec les puissances occidentales comme l'Iran ou la Corée du nord, mais aussi bien, et plus grave, avec la criminalisation rampante (et susceptible de devenir ouverte à chaque instant) du régime chinois. Le règne de l'Un-seul démocratique tel qu'il a établi aujourd'hui sa prééminence et tel qu'il exerce une emprise massive sur la perception de la politique par les populations du monde entier est, à ce titre, non seulement une école d'intolérance (tout ce qui critique ou s'oppose à ce supposé mouvement de rationalisation de l'histoire que serait l'irrésistible "démocratisation du monde" devant nécessairement porter la marque de l'insupportable), mais aussi une promesse d'actions violentes. Ceci aussi bien dans les relations internationales que dans les espaces intra-étatiques : sous ce régime de la totale-démocratie, toute forme d'opposition qui récuse la "règle du jeu" en résistant à sa captation et à son recyclage aux conditions de l'institution politique se verra décriée comme «rogue», déchue de tout statut et vouée, par conséquent, au traitement le plus expéditif : c'est dans cet esprit que les crimes imaginaires des "communards" de Tarnac et la prise d'armes des islamistes du Nord-Mali peuvent être placés sous le même signe – celui du " terrorisme" ; une étiquette qui sert, dans un cas, à jeter des gens en prison sur la foi de preuves fabriquées et, dans l'autre, de s'abstenir de faire des prisonniers.

Au "jeu" consistant à s'établir dans la position des vrais démocrates, par opposition aux gouvernants voués à outrager les bonnes mœurs démocratiques, nous serons toujours perdants. Il est arrivé au mot "démocratie" ce qui est arrivé, peu ou prou, au mot "république" dans le cours de notre histoire depuis les lendemains de la Commune de Paris : peu à peu, mais inexorablement, ceux d'en-bas se sont détachés de ce nom, à force de le voir servir des intérêts violemment opposés aux leurs et coïncider avec un État dont le moins que l'on puisse dire est qu'il ne les traitait pas avec impartialité... Le mot démocratie est devenu par excellence le vocable corrompu mis en scène par les promoteurs de l'illusion selon laquelle nos "libertés" auraient pour condition première notre entière soumission aux impératifs du marché. Dans ces conditions, la position consistant à promouvoir la "vraie" démocratie contre cet abus (la démocratie directe ou locale ou participative ou tout ce que vous voulez) a pour effet constant de ressouder sous le même sigle et de rendre indiscernable et compact ce qui a vocation à se différencier et entrer en conflit. La politique est vouée à dépérir dans un champ où le différend entre les uns et les autres est sans cesse annulé au profit de l'alignement des subjectivités sur cet énoncé unique : qui suis-je ? Un démocrate !

À ce jeu, ce sont toujours ceux qui ont déposé la marque qui l'emportent. À eux la légitimité institutionnelle, les positions de pouvoir, le contrôle de la police des énoncés. À eux aussi la capacité infinie de capter, recycler les flux " démocratiques" divergents – en faisant d'une figure de la démocratie locale issue des luttes un parfait conseiller municipal "de gauche", en métamorphosant un "démocrate" irakien, persécuté par Saddam Hussein, en collabo de l'occupation américaine après le renversement du premier... Dans nos pays, le bain d'eau tiède de "la démocratie" dans lequel barbotent tous les acteurs institutionnels de la vie politique, même ceux des franges et des marges (Le NPA, LO qui, à ne rater aucune élection présidentielle, sont devenus les plus parfaits des dépliants publicitaires en faveur du régime établi par de Gaulle : quel meilleur argument en faveur du caractère exemplairement tolérant et libéral, démocratique, de ce dispositif que le fait que ceux-là même qui se disent les adversaires déterminés du "système" se voient si généreusement conserver leur rond de serviette d'un banquet électoral sur l'autre... ?).

G. Alfonsi : Face au système de domination, envisager une politique égalitaire ne suppose-t-il pas non seulement la mobilisation des subjectivités dans un autre sens mais aussi une mise en cause globale du système institutionnel et de l’ordre social ?

Gilles Alfonsi. Vous évoquez le passage d’un régime politique où on visait la transformation du monde à un autre qui place au premier plan les subjectivités et où ce qui compte, c’est « la façon dont les sujets infléchissent leurs conduites ». Ne peut-on envisager que face au système de domination au profit duquel les institutions de toutes sortes ne cessent de travailler les subjectivités, une politique égalitaire suppose non seulement la mobilisation des subjectivités dans un autre sens mais aussi une mise en cause globale du système institutionnel et de l’ordre social ?

A. Brossat : Les contre-conduites, ce ne sont pas seulement des subjectivités rétives, ce sont même en premier lieu des corps qui se dérobent ou résistent aux efforts que font les gouvernants pour leur assigner leur place.

Alain Brossat. L'enjeu des conduites ou plutôt des contre-conduites, des résistances de conduite, voire des insurrections de conduite (Foucault) vient au premier plan dans une configuration où les formes de l'action politique issues de la première modernité, notamment celles de l'action révolutionnaire, sont moribondes ou, si l'on préfère, débranchées de toute espèce d'actualité politique. Les contre-conduites, ce ne sont pas seulement des subjectivités rétives, ce sont même en premier lieu des corps qui se dérobent ou résistent aux efforts que font les gouvernants pour leur assigner leur place et qui, ce faisant, produisent des troubles d'importance variable et, en tout cas, font apparaitre le trait perpétuellement litigieux d'un gouvernement des vivants qui, constamment, procède par répartition, hiérarchisation, séparation, exclusion ou inclusion excluante, etc. Les contre-conduites, c'est le point de résistance que rencontre constamment le pastorat humain contemporain – du geste de rétivité modique à l'insurbordination ou l'insoumission ouverte. C'est le brouillage perpétuel par les sujets gouvernés eux-mêmes du programme gouvernemental, et qui prend la forme d'une multitude de "gestes" consistant à signifier ceci : nous ne voulons pas être gouvernés selon ces modalités, par ces gens-là, à ces fins-là... Les contre-conduites ne sont pas seulement l'envers du pouvoir violent ou borné, elles expriment aussi un constant désir d'autonomie. Leur efficience est particulièrement visible dans un pays comme la Chine où les antagonismes sociaux et politiques ne sont pas canalisés par le système des partis, des syndicats et autres groupements d'intérêts et où la relation adversative entre gouvernants et gouvernés est à nu, où la critique et l'opposition ouverte à la puissance étatique sont criminalisées et réprimées. C'est dans une multitude de gestes, mouvements et conduites de défection par rapport aux codes des conduites correctes édictés par le pouvoir que prend corps (et se manifeste la puissance) de ce que l'on pourrait appeler la démocratie des gens (ou du quelconque), si le terme n'était pas aussi massivement prostitué à la domination qu'il l'est maintenant, sous nos latitudes...

Gilles Alfonsi. Vous contestez l’orientation consistant à vouloir « revenir aux fondements de la démocratie » ou à « démocratiser la démocratie », et vous proposez de travailler à l’avènement d’une politique « vivement déplacée du côté de l’égalité, de la communauté et de la réélaboration du mode de vie en rupture avec l’économie et les conduites de prédation ». Pourquoi ne pas associer le paradigme de l’égalité et l’exigence d’une refondation de la démocratie ?

Alain Brossat. "La refondation" n'est pas un geste d'invention ou de création, c'est un dessein qui s'enferme dans les conditions qui nous sont dictées par l'inanité du présent, un geste qui se résigne à notre enfermement dans cette forme du temps "homogène et vide" (W. Benjamin) qu'est le présent historique considéré comme insurpassable. Je me permettrais de rappeler ici que ce qui se nomme aujourd'hui "la démocratie" est une formation historique au même titre exactement que la monarchie absolue, soumise donc, à la même condition de mortalité que celle-ci. Autour de 1770, Voltaire, Diderot et autres éminents protagonistes des Lumières se divisaient à propos du bien fondé des mesures prises par le chancelier de Maupéou contre les Parlements régionaux et le Parlement de Paris, mais aucun d'entre eux ne disposait alors d'une puissance politique imaginative pour concevoir et énoncer la possibilité que s'ouvre un tout autre horizon politique que celui de la monarchie, bien mal en point pourtant, déjà. C'est qu'il était alors apparemment plus facile, pour un Diderot, de concevoir un monde sans Dieu qu'un gouvernement sans roi, délié des conditions de l'institution monarchique. On peut le comprendre : après tout, ce n'était pas le premier mais bien la seconde qui l'avait expédié dans le donjon de Vincennes après la publication de la Lettre sur les aveugles...

Ce que je veux dire par là, c'est que nous sommes peu ou prou dans la situation de Diderot et Voltaire face à l'institution monarchique, en 1771 : plus celle-ci bat de l'aile et plus elle entend faire valoir ses prérogative en tant qu'absolue. Il en va exactement de même de ce que nos ennemis appellent "la démocratie" aujourd'hui : plus il est avéré que la machine est cassée (ce sont désormais régulièrement des minorités avérées qui hissent les gouvernants sur le pavois, la "représentation" n'est plus, à tous égards, qu'une fable que l'on raconte aux "citoyens" considérés comme d'éternels enfants), ce régime ou système de gouvernement qu'ils nomment "la démocratie" est un astre mort qui, certes, peut encore longtemps poursuivre sa trajectoire avant de s'enfoncer dans les ténèbres, mais irrémédiablement mort comme l'était d'ores et déjà la monarchie absolue à la fin du règne de Louis XV. Notre passion de l'égalité et de la communauté mérite mieux que cette tunique de Nessus, mais pour se tenir à la hauteur de cette exigence, il faut se rappeler que notre condition historique est faite de discontinuités radicales, d'événements qui, dans l'instant, proclament le vide absolu de la situation antérieure et créent les conditions de l'oubli salvateur de cette gangue de mots et d'énoncés qui, hier encore, emprisonnaient et empoisonnaient nos pensées. Et donc "la démocratie", nous l'oublierons, le moment venu, comme nous avons oublié le pointilleux gouvernement des âmes par l'Église catholique au XIXe siècle, comme les gens de l'Europe de l'Est ont oublié le "socialisme réel", et les Siciliens le temps des Bourbons. Plus un mot de la politique est puissant autant que vide, et plus il se disperse rapidement lorsque la bulle éclate.

Gilles Alfonsi. Vous mettez en cause l’usage du mot démocratie mais vous considérez que le mot égalité « garde son tranchant » et « persiste à être une arme ». Au contraire, il me semble que les mots égalité, peuple et liberté sont aussi problématiques que le mot démocratie, que leurs usages posent le même type de problèmes, qu’on peut toujours opposer l’égalité théorique et les réalités concrètes… L’égalité, la liberté ou le peuple ne relèvent-ils pas, à peu de choses près, des mêmes affrontements discursifs et des rapports de pouvoir que le mot démocratie ? Dans une telle hypothèse, si on suit votre démonstration concernant "la démocratie", faudrait-il renoncer à tous ces mots ?

Alain Brossat. Lorsque survient ce que l'on peut à proprement désigner comme un événement (la Révolution française, Octobre 1917, la Révolution chinoise, Mai 68...), ce sont les modes d'énonciation de la politique qui sont bousculés et transformés – les sujets politiques commencent à parler sous d'autres conditions, selon un nouveau régime de partage du vrai et du faux, de nouveaux signifiants forts émergent et d'autres tombent en désuétude. C'est en ce sens que je dis que nous sommes voués à "oublier" la démocratie, pas au sens bien sûr où ce terme disparaitrait du vocabulaire. La position de ce terme comme signifiant maître du discours politique est ce qui se destine à assigner toutes nos pensées, nos pratiques et notre espérance politique au régime compact de l'Un-seul, c'est-à-dire au régime que nous assignent les gouvernants, un régime qui se définit constamment comme le sans alternative et l'insurpassable. Sous ce régime, le mot démocratie veut dire exactement le contraire de l'égalité : c'est un régime qui se voue obstinément à accroître, instituer et légitimer l'inégalité. Dans ce contexte, l'égalité persiste à conserver son tranchant, elle est un couteau, autant que "la liberté" est une éponge. Sous ce régime où les gouvernants et les élites sont les maîtres du langage, où ils fixent les énoncés, exercent leur pastorat déplorable à coup d' "éléments de langage" toxiques et où le culte de " la démocratie" est devenu la clé de voûte de cette guerre dans la langue, c'est une entreprise non seulement désespérée mais foncièrement conservatrice que celle qui consiste à se laisser enfermer dans ce piège des mots puissants. L'urgence, c'est d'apprendre à se desceller d'avec ces conditions et à le montrer en apprenant à parler autrement notre politique que celle des patriciens.

G. Alfonsi : Pourquoi ne pas considérer que la démocratie est une idée neuve en Europe, et qu’elle a finalement changé de camp ?

Gilles Alfonsi. Face aux régimes des pays de l’Est - assimilés à des dictatures -, le capitalisme a durablement été associé à la démocratie. Depuis l’effondrement des premiers, l’évolution anti-démocratique des régimes démocratiques est un fait : affaissement du rôle du Parlement, explosion de l’abstention, affaiblissement du syndicalisme et du militantisme de parti, développement des institutions échappant à tout contrôle démocratique, professionnalisation de la vie politique et des élus, concentration de la presse… Dès lors, pourquoi ne pas considérer que la démocratie est une idée neuve en Europe, et qu’elle a finalement changé de camp ?

A. Brossat : Je pense exactement le contraire : "la démocratie" est devenu le signifiant qui coïncide exactement avec les formes de cet hégémonisme impérial qui régit aujourd'hui le chaos /monde.

Alain Brossat. Je pense exactement le contraire : "la démocratie" est devenu le signifiant qui coïncide exactement avec les formes de cet hégémonisme impérial qui régit aujourd'hui le chaos / monde. Il est la membrane destinée à nous empêcher de faire le pas de côté qui est la condition pour que reprennent de la vigueur les processus d'émancipation. Il nous faut, si nous voulons sortir de cet encerclement, réapprendre à "parler la politique", apprendre à parler du commun à nos propres conditions.

 

Editions Al Dante – Documents 165 p., 17 €
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1. Démocratie de résistances ?", Cerises, n°200, 10/01/2014