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Les gâteaux / Mouvements

Lorsqu’Ensemble élargit le Front de gauche (2)

Ensemble et l’écologie

 L’atelier Écologie des Assises a montré d’emblée une grande diversité de points de vue, d’expériences et de pratiques militantes. Plusieurs pistes de travail ont été esquissées. Celle de passer au filtre du paradigme écologiste toute la production du nouveau mouvement. Celle bien sûr de l’irriguer de réflexions spécifiques, et d’armer les militants d’arguments et de démonstrations destinés à se tourner vers les citoyens. Cela appelle entre autres à faire un travail sur les mots - décroissance, sobriété… -, pour dire comment les propositions qu’ils recouvrent peuvent se défendre. Par exemple, la critique de la notion de pouvoir d’achat sert à mettre en cause le consumérisme, mais aussi à pointer le fait qu’il s’agit là d’un faux pouvoir ; et elle doit être travaillée sans oublier que les luttes pour les augmentations de salaires sont légitimes.

Un autre aspect concerne la nécessité de mixer non seulement la question sociale et la question écologique, pour articuler les deux dimensions, là où les libéraux les opposent sans cesse, mais aussi de les confronter à la question démocratique. Reste à valoriser non seulement les luttes de protestation (contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, par exemple) mais aussi les expériences alternatives, fussent-elles locales ou partielles. Des exemples ont été cités dans le domaine des transports en commun.

Gilles Alfonsi

Ensemble et les élections municipales

Malgré les disparités locales, Ensemble est partout confronté au même défi. Un des bilans d’un an et demi de présidence Hollande est l'amplification de la méfiance envers les élections et les élus. L’engagement du PS auprès du Capital a pour effet d’accélérer l’obsolescence des démarches délégataires. L’appel à choisir de bons élus dépassera difficilement le cap des électeurs habituels de telle ou telle composante du Front de gauche. Les meilleures propositions auront à surmonter le scepticisme de nombreux électeurs qui ont trop souvent fait l'expérience de programmes conçus pour attirer le chaland et pas appliqués. Les élections présidentielles ont poussé au paroxysme cette pratique.

Reste donc à définir un autre enjeu. Or la manière dont se sont construits le PCF et le PG fait qu’ils sont marqués par la persistance de conceptions délégataires de la politique. Sans nier la diversité des pratiques, d'un endroit à l'autre, cela a tendance, le plus souvent, à les amener à concevoir des campagnes demandant de soutenir la bonne liste pour avoir de bons élus. Quel impact sur celles et ceux qui refusent de participer à un système représentatif où, à tous les coups, ils perdent ? Seule une campagne qui appelle à subvertir la logique délégataire peut changer quelque chose. Cela suppose d’appeler les gens - même ceux qui ne votent pas - à mettre à profit la campagne pour qu’ils puissent être reconnus en faisant entendre eux-mêmes ce qu’ils veulent, et qu’ils puissent se considérer eux-mêmes comme un pouvoir.

Pierre Zarka

Ensemble et l’Europe

Entre le risque d'une forte abstention et celui de voir le FN devenir la première force politique française au Parlement européen, dans un contexte de débat sur la sortie ou pas de la zone euro, voire de l'Union européenne, le Front de gauche a une responsabilité particulière. Il doit porter à la fois l'idée de rupture avec les traités européens et l'idée de refondation de l'Europe en dehors de toute position de repli sur soi. Il s'agit de développer nos propositions alternatives (reconquête de pouvoir populaire sur les politiques monétaires, harmonisation sociale et fiscale par le haut...) et de proposer que la France adopte des positions de désobéissance par rapport aux traités, refuse d'appliquer des directives, engage des bras de fer sur tel ou tel sujet en recherchant des convergences avec d'autres pays, refuse de rembourser la dette, développe des solidarités avec les pays durement frappés par les politiques imposées par la Troïka.

Nous n'obtiendrons pas de réorientation des politiques européennes avec notre seule intervention dans ses institutions. Il est donc important de construire un mouvement populaire, un front social et politique à l'échelle du continent : cela doit inspirer notre campagne. Il s’agira de faire des élections européennes un référendum contre les politiques austéritaires en travaillant une campagne commune en lien avec le PGE, Die Linke, Syriza, le Bloc des Gauches, Izquierda Unida... Reste à dépasser les difficultés actuelles du Front de gauche : on ne peut pas attendre la fin des élections municipales pour travailler sur son projet européen et la campagne qui en découle.

Sylvie Larue