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Taubira fait reculer le sarkozysme

Les militants de gauche savaient, lors de la formation du gouvernement Hollande-Ayrault, que leur seul motif de satisfaction serait la nomination de Christiane Taubira au ministère de la Justice. Ses solides principes républicains sont connus : en 2001, elle fait voter la loi du 10 mai qui reconnaît comme crimes contre l'humanité la traite négrière transatlantique et l'esclavage qui en a résulté. En 2004, elle refuse de voter la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques : « Faire œuvre législative plutôt que mission pédagogique, c’est perdre foi en la République ». Et en 2005, elle appelle à voter "Non" lors du référendum sur le TCE.

L'opposition Valls-Taubira va donc au-delà des batailles habituelles entre les fonctionnaires de l'Intérieur et ceux de la Justice.

Au rang des avancées, l'abrogation des peines planchers et de la révocation automatique des sursis simples ainsi que le retour à l'individualisation et à la proportionnalisation des peines resteront les exemples de mesures sarkozystes abrogées par la gauche majoritaire.

Dans le débat de cet été, Christiane Taubira avait évidemment raison d'affirmer que la prison est l’école de la récidive. Toutes les études le disent. Mais pour que cette loi soit une réforme-symbole, il eût fallu rassembler les moyens nécessaires dans une loi-cadre : quand la ministre annonce la création de 300 agents de probation pour accompagner sa nouvelle mesure de "contrainte pénale", chacun sait qu’il en faudrait au bas mot 3 000 !

Comme l'a souligné le Syndicat des Avocats de France (SAF) : « en laissant en suspens les moyens budgétaires nécessaires à une réforme ambitieuse, [...] le Gouvernement reste au milieu du gué d'une réforme pénale que l'on attendait ambitieuse. »

La réforme Taubira marque des avancées mais pas la rupture nécessaire pour avancer vers la refonte de notre système judiciaire.