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Tribunes libres / Monde

Une journée particulière

Trois femmes étaient les actrices d’une journée particulière aux États-Unis, mercredi 26 juin.

Edith Windsor, d’abord. Elle est à l’origine du recours déposé auprès de la Cour suprême des États-Unis contre la loi DOMA de 1996 (Defense of Marriage Act, qui restreignait aux couples mariés homme/femme les avantages liés au mariage), déclarée inconstitutionnelle ce jour là.

La Cour a aussi invalidé la "proposition 8" de Californie, ce qui a permis de rétablir le mariage pour tous dans cet État.

Ces deux décisions représentent un tournant historique de la lutte pour l’égalité des droits des personnes LGBT, aux États-Unis et bien au-delà du continent américain.

Le soir même, Wendy Davis, sénatrice démocrate du Texas, parlait plus de 11 heures d’affilée à la tribune du Sénat local afin de faire échouer le vote d’une loi qui devait restreindre drastiquement le droit à l’avortement pour les femmes texanes.

La troisième femme est presque inconnue : au même moment, une injection létale était administrée à Kimberly Mc Carthy, établissant à 500 le sinistre record des exécutions au Texas depuis qu’y a été rétablie la peine de mort en 1982.

Quel enseignement tirer de trois histoires si différentes en apparence ? Celui de l’importance des combats citoyens, individuels et collectifs, pour faire reconnaître des droits et lutter contre la barbarie.

«...L’importance des combats citoyens, individuels et collectifs, pour faire reconnaître des droits et lutter contre la barbarie ». De g. à dr. : E. Windsor, W. Davis, dessous manifestation contre l'exécution de K. Mc Carthy.
«...L’importance des combats citoyens, individuels et collectifs, pour faire reconnaître des droits et lutter contre la barbarie ». De g. à dr. : E. Windsor, W. Davis, dessous manifestation contre l'exécution de K. Mc Carthy.

Il a fallu à Edith Windsor sa pugnacité pour mener à son terme une longue bataille juridique engagée en 2009 après la mort de sa compagne avec qui elle vivait depuis 42 ans. Elle avait été précédée par d’autres femmes, qui ont conduit de semblables combats jusqu’à ce que la Cour Suprême leur donne raison : Rosa Parks et Virginia Loving pour les discriminations raciales, Norma Mc Corvey ("Jane Roe") pour le droit à l’avortement.

Il a fallu du courage à Wendy Davis pour affronter une assemblée à l’écrasante majorité républicaine, masculine et conservatrice.

Comme il faut de l’opiniâtreté à ceux qui luttent pour l’abolition de la peine de mort aux États-Unis et font peu à peu bouger les lignes, comme pour éviter l’exécution de Mumia Abu-Jamal. Ils partagent l’indignation de Victor Hugo à la tribune de l’Assemblée nationale le 15 septembre 1848 : « La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. » (1)

Ne rêvons pas qu’en France le Conseil constitutionnel, s’inspirant de la Déclaration de 1789 - « Les hommes [dont plus de la moitié sont des femmes] naissent et demeurent libres et égaux en droits » -, affirme le droit à la PMA (2) pour toutes les femmes et reconnaisse les droits des transgenres. Il faut poursuivre sans relâche ces combats et presser la gauche de légiférer sur ces questions, sans céder à sa peur devant la haineuse Frigide Barjot. Comme dit le poète libanais Khalil Ghibran : « Quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez votre ascension. » (3)

Ève Desnos a contribué au dossier sur les droits LGBT de Cerises n° 166 (janv. 2013)

(1) www.assemblee-nationale.fr/histoire/victor_hugo/discours_fichiers/seance_15septembre1848.asp

(2) Procréation Médicalement Assistée

(3) Khalil Gibran, "Le Prophète"