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Idées / Fromage et dessert

Le doigt dans le clafoutis - Plus belle la vie ?

Je n’ai pu m’empêcher de penser à Carcassonne en suivant les événements de Montauban et de Toulouse. Vers Noël 2011, le carré musulman du cimetière de cette ville fortifiée a été profané. Des salopards ont taggué sur les tombes : "sales arabes", "sales juifs". Au printemps 2012, trois soldats, un professeur et trois enfants juifs, ont été exécutés : le tueur a frappé sept fois, sans pitié. Après la fête à la Bastille de dimanche, les larmes donc. Celles des femmes et des hommes qui souffrent dans leur chair, ont perdu un enfant, un proche, un ami, un collègue dans d’odieuses tueries. Les nôtres aussi. Le dégoût se mêle à l’envie de comprendre, de savoir, loin des surenchères politiciennes ou sécuritaires, de l’hypocrisie de ceux qui font un coup politique d’une prétendue non-récupération, qui demandent l’unité nationale après avoir tant divisé, qui encombrent les cérémonies des familles endeuillées, qui spéculent. Sans compter celle qui veut répondre à la mort par la mort.

L’homme qui tue est un homme primaire. Son ordre à lui, c’est le règne du manichéisme triomphant, le discours totalitaire, la solution par les balles, la possibilité du massacre et parfois le massacre. Le philosophe Nietzsche, au XIXe siècle, avait évoqué ces circonstances où des hommes et des femmes s’illuminent aveuglément, préfèrent le néant et la mort, plutôt que de vouloir changer et embellir la vie avec les autres.

C’est à une libération du vouloir être et agir ensemble, ici comme ailleurs, que les forces vives, dont les forces politiques, doivent travailler. Ainsi qu’à une vigilance collective pour ce qui doit régir les rapports humains et sociaux. Parce que « nous ne voulons pas d’un avenir incolore » (Apollinaire), ni de femmes et d’hommes « frustrés du rayon de leur marche » (Aragon), notre tâche est de mener le combat émancipateur et solidaire envers celles et ceux qui souffrent des violences, de toutes les violences.

Des pratiques inhumaines et barbares rôdent toujours dans l’inconscient collectif et sortent des bois. Loin de s’apaiser, elles peuvent appeler tous les débordements communautaristes, religieux, nationalistes, idéologiques. Parce que la vie doit être plus forte que la mort, parce que nous ne devons pas céder au rythme et à la dictature d’un tueur abject, nous avons poursuivi notre campagne. C’est là aussi affaire de résistance. Et qu’ainsi, la vie sera plus belle.