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« Tout est à nous » : osons le communisme

Le projet de reprise de SeaFrance par une Scop, que Sarkozy a vainement tenté de récupérer, a permis de mettre en pleine lumière la possibilité d’ouvrir des voies nouvelles pour les salariés en lutte pour la sauvegarde de leurs emplois.

SeaFrance, avec ses contradictions, n’est pas le seul exemple. Les Fralib aussi, sous une forme différente (Scic) associant salariés et partenaires institutionnels, disent que les salariés peuvent se passer des actionnaires et des grands patrons. Et ce n’est pas un hasard si, sur ces cinq dernières années, mille sociétés coopératives ont été créées en France.

De plus en plus de salariés, surtout lorsqu’il y a des menaces sur l’emploi, remettent en cause le pouvoir absolu du capital et commencent à chercher, le plus souvent comme ultime recours, des solutions d’appropriations collectives. Le mot d’ordre de la manifestation des Pétroplus, « Tout est à nous, rien n’est à eux ! », traduit bien le fait que progresse la perception que c’est le travail, l’activité, qui crée la richesse, et pas le capital.

Ce mouvement de fond est intéressant mais encore limité. Pour se développer, et aller plus loin, il a besoin de trouver davantage de sens en s’inscrivant dans une conception globale de la société.

La crise que nous vivons est largement perçue comme celle du capitalisme et appelle à construire la société post-capitaliste. Le problème est que beaucoup de monde parle de cette société post-capitaliste, mais qu’elle n’est pas identifiable au quotidien ni comme une perspective.

Pourtant, l’idée que la terre, l’air, l’eau, l’énergie sont des biens communs est largement partagée. De même que cette idée : l’organisation du vivre ensemble - santé, éducation, transports en commun… - relève de l’humain, et non des marchés financiers.

Et si nous osions le communisme pour identifier cette société maîtrisée par « l’humain d’abord » ? Le communisme à la fois comme perspective concrète et comme démarche au quotidien partout où c’est possible, c’est-à-dire notamment là ou on peut créer des Scop ou des Scic, de l’économie sociale et solidaire…

On peut le faire en s’appuyant sur ce qui avance localement : ici la reprise en gestion publique de l’eau, là la création de la Montataire Box municipale(1) - qui fournit un service moins cher que tous les fournisseurs d'accès -, ailleurs des avancées pour la gratuité (des transports comme à Aubagne, des cantines scolaires…).

Oser le communisme sans jamais oublier que la mise en commun est indissociable de toujours plus de démocratie : il faut expérimenter de nouvelles formes de propriété impliquant salariés, usagers, élus et partenaires et, en même temps, développer de nouvelles formes d’implication des citoyens.

(1) Lire l'article de l'Humanité. ici : Montataire-prend-en-main-la-fracture-numerique-483503