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UMP, à l’envers

En cette fin d’année, voici le pronostic de Cerises pour cette 1ere course du quinté qui démarre le 28 juin 2011 à l’éléphantodrome de Vincennes, où il est connu que les courses sont encore plus tactiques que dans le Nord, en Corrèze ou en Charente-Poitou. C'est une très bonne idée que ce parcours d’obstacles de catégorie supérieure. Il est en effet tellement grisant de jouer son argent et son avenir sur des éléphants que sur des chevaux anonymes de première classe.

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La philo selon Toto

La télé-institution adore un arbre : le marronnier, qui invariablement et annuellement produit ses fruits lisses et secs, comme on reproduit les mêmes sujets. C’est qu’il s’agit de donner à brouter au peuple des événements inoffensifs, qui ne produisent rien de nouveau. Le baccalauréat est le marronnier de juin. Et x % de plus en filière S. Et y % estimé pour la mention très bien. Si la télévision avait été créée en 1808 comme le bachot, nous en serions aujourd’hui à plus de 200 reportages sur le sujet. Ouf ! L’originalité cette année : les antisèches électroniques, ersatz du film comique Les sous-doués passent le bac (1980). Le sujet d’une triche existant depuis des lustres est ainsi recyclé.

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El pueblo, unido…

Ma mère était femme de ménage dans un immeuble de bourgeois d’une ville de province. Quatre heures par jour à faire les vitres, récurer le sol, nettoyer l’ascenseur, sortir et désinfecter les poubelles, décrasser des moquettes murales… Elle préférait au travail à la chaîne dans une usine automobile. Je la comprends. Les grands-bourgeois, les notables, ma mère a bien connu. Le cadre « supérieur » qui passait à côté de la « domestique » sans même la regarder. La vicomtesse à bagouses qui reprochait une trace de doigt sur une vitre. Le joueur de foot professionnel qui jetait au riblon les joggings neufs reçus en pagaille. Le notaire libidineux qui tentait de la coller de près, quand elle briquait l’ascenseur à 11 heures pile. La pire des périodes, c’était Noël : les foies gras, les saumons à peine entamés au réveillon et jetés aux ordures. Bien entendu, ces gens-là n’avaient pas tous l’arrogance de leur classe. Il arrivait à certains de dire bonjour (si !), de donner des étrennes dignes de ce nom, un cadeau aux enfants, une fleur en pot. L’un d’eux, chef d’entreprise et de famille, arrivé mais resté simple, avait même invité ma mère, mon père et les mioches à dîner un soir chez eux. Cela nous avait mis dans un état ! Nous avons goûté à de la lotte à l’améquiraine, à la raie qui mène…, à l’américaine, à l’armoricaine… enfin je ne sais plus. Mon père a bu le premier whisky de sa vie. Ma sœur a découvert les fléchettes. J’ai prêté Pif Gadget, en échange de Picsou.

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À chacun son mythe errant. Ah, ah.

J’ai un ami socialiste. Si ! Un vrai, militant, et tout ce qui s’en suit. Cette amitié indéfectible désole ceux de mes amis qui sont au NPA, mais bon. Il avait 6 ans en 1981. Aussi, le François Mitterrand du Congrès d’Épinay (1971) parlant d’opérer une « rupture avec le capitalisme » est pour lui un personnage de livre d’histoires. Et le François Mitterrand du 10 mai 1981 fut un président de gauche élu… par ses parents. Et qui a manqué de souffle réformateur et révolutionnaire (sic) durant son 2e septennat. Dans cette histoire, mon ami a retenu que les socialistes avaient un « chef », qui planait sur le PS, et avait réalisé l’unité, maître-mot. UNITE. En 2011, qui ne s’en réclame pas ? Qui ne se déclare pas « unitaire » ? Pour faire quoi cependant... Corriger un ou deux excès du capitalisme ? Remplacer ce système en deux coups de cuiller à pot ?

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Les remparts de Varsovie

Chanson satirique

Musique de Jacques Brel

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Il ne faut pas prendre les enfants du Capital pour des canards boiteux

En 1997, un homme que tout le monde a oublié, Jean Gandois, avait démissionné du CNPF, organisation patronale qui allait se métamorphoser en MEDEF. Sans le connaître, le patron Gandois annonça que son successeur serait un « tueur » et marqua à la culotte Ernest-Antoine Sellière. Le baron fut alors baptisé Nénesse-le-tueur par Le Canard Enchaîné. Le règne des « killers », managers d’un type nouveau, était né. Il leur fallait tuer les RTT, le code du travail, les concurrents. Faire la guerre économique. Leur méthode ? S’affranchir de toutes les limites. Abolir les lois, saboter les règlementations sociales ou environnementales, contourner les fiscalités contraignantes, s’asseoir sur les contrats. Leurs outils ? Espionner, y compris illégalement, au nom de « l’intelligence économique » et de la protection des « actifs stratégiques et technologiques. ». Surveiller tous azimuts les salariés (badges, fichiers, contrôle des ordinateurs, intrusion dans la vie privée, accès aux comptes bancaires, écoutes, filatures…). Avec en prime le cynisme et le mensonge. Ces Ben Ali du capital ont acquis un pouvoir presque absolu sur les individus. Ils affichent leurs chartes, leurs labels, leurs codes, leurs règles. Et repoussent toujours plus loin les limites de la loi commune, de l’immoralité, de l’inacceptable. Ils roulent leur monde dans la farine et portent les habits blancs de l’éthique, l’écharpe verte de l’environnement, la breloque de la diversité… Ils sont les figures de proue de l’entreprise totalitaire, dont ils veulent faire un modèle pour la société.

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Sondages : Clémentine Autain talonnée par Maxime Gremetz

Dans la moisson de sondages parus ces dernières semaines, celui commandé par Cerises à la filiale (non nationalisée) de l’Observatoire des Mouvements de la Société (OMOS) risque de faire parler de lui dans la blogosphère politico-médiatique. Selon cette enquête(1), si le 2e tour de la présidentielle avait lieu aujourd’hui, Clémentine Autain serait largement élue (58 %) face à Maxime Gremetz, mais serait, comme au 1er tour, talonnée par lui. Ce sondage fait ressurgir le spectre d’un 21 avril à l’endroit. Le député communiste de la Somme, pourtant en froid avec son parti et le président de l’Assemblée nationale, confirme donc sa remontée spectaculaire, liée à sa cote de populisme. Au rythme de trois déplacements par semaine et d’esclandres, la stratégie de Maxime Gremetz qui mise sur le terrain et des histoires de voitures de fonction (dont la sienne) est donc payante. Selon notre enquête, Gremetz bénéficie cependant partiellement du report des voix du 1er tour du PCF (7,46 %(2) contre 1,93  % en 2007), incarné par le sympathique Auvergnat André Chassaigne, sous l’étiquette « France, Terre de gauche. » 

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Exécuter, savoir ou penser ?

Le penseur de Rodin.
Le penseur de Rodin.
Je connais un cadre dit « supérieur », dont le père était ouvrier dans un grand groupe de l’industrie automobile. Pour le paternel, la vie avait pour nom travail à la chaîne, 3 x 8, chronométrage des tâches, bruit des presses, émanations de peintures toxiques…

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Des juges et de l’humanité

Philippe Tran-Van avait 45 ans et un métier, vécu comme un engagement : magistrat. Il était juge d’instruction au tribunal de grande instance de Pontoise. Ne parvenant plus à faire face à sa charge de travail, il s’est tué, le 16 septembre dernier. Nouvelobs.com a publié sa lettre.

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C’est l’histoire d’un mec…

C’est l’histoire d’un mec. Piétiné, brûlé, lynché, torturé, violé et sodomisé avec un bâton. Puis laissé pour mort et dissimulé. La nuit du 19 au 20 juillet 2006 au parc des Lilas, à Vitry sur Seine. Avant d’avoir été battu, Bruno Wiel était un gars courageux. Il l’est toujours, même si sa mémoire flanche. Il vit dans l’angoisse que les souvenirs effacés de son agression ne lui reviennent. «Le Bruno d’avant, c’était une passion : la littérature. Le Bruno d’aujourd’hui, c’est une passion brisée car incapable de lire et de se concentrer. C’est aussi une maladie neurologique qui fait qu’il n’a pas conscience de son état» a souligné Maître Maltet, qui, avec d’autres, le défendait.

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Papy fait de la finance

Il y a toutes sortes de papys. Ceux qui font de la résistance (Stéphane Hessel, Edgar Morin...) et ceux qui font de la finance (Jacques Servier...). Entre eux, mon cœur balance.

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J’adore Bernard Pons

Jacques Lafleur aimait à bassiner son monde avec son amour de la Nouvelle-Calédonie. Il est mort à son domicile, sur la Gold Coast en Australie.

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La catastrophe est certaine, reconstituons-nous !

La 1ere phrase que j’ai apprise en anglais était «I am a pig» (Je suis un cochon). Et ma prof nous avait alors avait expliqué la différence entre les mots pig (cochon) et pork (porc). Le premier se trouvait dans les champs, le deuxième dans les assiettes. Pig provenait du peuple, pork avait été inventé par des conquérants, genre Guillaume. Bref, il existait un mot du côté des serfs, un autre du côté des seigneurs. Ceux-là mangeaient à leur faim du rôti de porc aux pruneaux, en piquant des cochons aux paysans. Le plus fort, c’est que ce vocabulaire de classe marchait aussi pour le bœuf (cow dans les champs, beef dans l’assiette) ou le mouton (sheep contre mutton, lamb). Le peuple ayant fini par accéder à des rôtis qui ne tombent pas tout cuits dans la bouche, il employa tous les mots et oublia la différence. Heureusement, voilà le mot pig revenu au goût du jour pour désigner à la vindicte des pays à mettre au ban des puissants et des agences de notation et, par un détournement vicieux, des peuples. PIG comme Portugal, Irlande et Grèce. Les capitalistes ne sont pas des cochons, mais des porcs. Si l’Irlande, par exemple, se retrouve dans une situation catastrophique, cela est notamment dû à l’éclatement de la bulle sur le prix des logements et des actions qui a engendré un effondrement dans la construc- tion et la finance, puis dans toute l’économie irlandaise. Invention ? Le gouverneur de la Banque centrale irlandaise, Patrick Honohan, a livré les conclusions d’une enquête internationale sur les causes de la crise. Ses conclusions : «Le gouvernement s’est rendu coupable de laxisme en matière de fiscalité et de régulation immobilière.» Attirer les capitaux à coups de fiscalité avanta- geuse, de baisse de l’impôt sur les sociétés (au taux ultra-réduit de 12,5 %) et doper le secteur du bâtiment en laissant toute liberté aux banques a conduit le pays – selon le rapport Honohan – au bord du gouffre.

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Pleasantville

Angela Walker, de l’Illinois, a 45 ans. Elle habite une ville à 120 km de Chicago, que appellerons Pleasantville. Ah ! Pleasantville, sa fête de la citrouille (de toutes tailles (1), nombreuses recettes de cuisine…), son église, son magasin d’armes en vente libre, ses institutions de charity-business. Son supermarché Wall-Mart et ses coupons de réduction. Enfin, sa cérémonie de remise de diplôme aux étudiants, avec chapeau carré et toge.

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Le Tartuffe : succès !! Prolongations !!!

Je me souviens de ce commentaire de Philippe Sollers lors de la nouvelle édition des Œuvres complètes de Molière dans la Pléiade : «Liberté incroyable et intacte : c'est ainsi qu'apparaît Molière près de 350 ans après sa mort.» Durant tout l'été et jusqu'au 11 septembre 2010, le Théâtre rouge du Lucernaire à Paris a proposé une représentation réjouissante du Tartuffe. Dans une mise en scène de Philippe Ferran assisté de Héloïse Martin. Ah Tartuffe ! Ce fieffé hypocrite, faux dévot et vrai séducteur qui s'introduit chez le naïf Orgon, le charme de ses doucereuses et pieuses paroles, au point de recevoir de lui donation de tous ses biens, cherchant les faveurs de son épouse...

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Une visite de la grotte de Sarkaux

La grotte de Sarkaux est devenue au fil des âges une grotte paléolithique relativement mineure, ayant connu en son temps un nombre d’ornements importants. Cette grotte sombre et obscure ne supporte aucune lumière. Elle comporte une fissure initiale, vraisemblablement due à des tam-tams extérieurs. Elle s’effrite progressivement sous l’effet du bruit et des coups sourds des passants. Plusieurs zones intérieures témoignent de l’activité d’hommes primitifs avant l’apparition de l’humain ; certains endroits ont été incendiés, reflétant une maîtrise débridée du feu par ses occupants. Très peu de femmes y ont été dessinées. Selon des humanoïdes modernes, cette grotte est surnommée « la chapelle Sixtine de l’art brutal. » Les peintures et les gravures qu’elle renferme encore ont pu faire l’objet de datations précises : leur âge est estimé entre 2005 et 2010 après J.-C. à partir de mesures réalisées sur les objets découverts dans la grotte. Après de vifs débats, ces vestiges ont été attribués au Capitalismien post-archaïque.

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De Marc Lévy à Victor Hugo

Les coiffeurs et les dentistes recèlent de ces revues, mais de ces revues… Si vous allez chez votre coupetifs ou votre fraiseur de dents en cette rentrée, je vous conseille de lire le dernier Paris-Match (n° 3197 du 26 août au 1er septembre 2010). Non pour la une de Jean Ferrat (sacré Jeannot qui fait la couverture de cet hebdomadaire deux fois en six mois, un record ! Déjà qu’en mars, il avait détrôné Simone Veil reçue à l’Académie française…), mais pour ce reportage complet sur Marc Lévy, auteur de romans à succès, dont le dernier, Le Voleur d’Ombres, vient de paraître chez Robert Laffont. De l’écrivain français le plus lu (20 millions d’exemplaires) et traduit (41 langues) on déduirait presque, à lire l’hebdomadaire, que Marc Lévy est le Victor Hugo du moment.

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Out of South Africa

Je vais être honnête, je n’y connais pas grand-chose en football tout en étant curieux de ceux qui en ont la passion et sensible à ce spectacle d’équipes du monde, issues du plus profond de la société. Ces équipes qui en veulent, se mobilisent et finissent par gagner dans une belle geste sportive. L’équipe du Mexique était de cette trempe. De ces moments, j’aime la liesse populaire et je fuis l’hystérie collective.

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Les lieux de privation de liberté

Le sénateur Jack Ralite m’a un jour appris que la politique était la conquête d’espaces de libertés. Il aime aussi à bousculer élégamment ses collègues en leur citant Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».

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C’est si peu dire que nous t’aimions

Jean, mon Jean, notre Jean, comme tu l’avais chanté, « tu aurais pu vivre encore un peu ». Tu nous étais si précieux. Ce n’est pas très sympa (tu as vu, je n’ai pas écrit « cool ») d’envoyer ce message à tes amis et de partir toi-même trop tôt. Tu aurais pu m’éviter d’écrire cette chronique que je redoutais tant et que je repoussais comme on éloigne la mort. Je me disais « Allez, il vaudrait mieux que je lui taille un costume de son vivant plutôt que de lui écrire une nécro. ». J’aurais commencé par cette phrase: «Les idées de Jean Ferrat ont deux atouts : sa voix et sa moustache. » C’est tout de même mieux que d’attaquer ainsi, comme ces réactionnaires et cette grande bourgeoisie que tu combattais : « La moustache de Jean Ferrat a un défaut : ses idées ».

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Le poids des mots, l'électrochoc des kakémonos

L’art est l’un des combustibles de la vie. Je me suis endormi l’autre soir sur un ouvrage magnifique que n’a pu s’empêcher de préfacer Dominique de Villepin, livre consacré à Zao Wou-Ki, peintre chinois renommé et surtout créateur de voyages intérieurs. Cela a suscité un rêve la nuit qui suivit. Un artiste français exposait sur le devant de l’Ecole des Beaux Arts de Pékin : quatre calicots en caractères rouges et chinois sur fond noir comportant chacun des mots : « utile » - « tuer » - « moustique » - « amour ». Une œuvre pas très originale. Mais risquant de froisser, par un subtil détournement, les admirateurs du Grand Timonier Mao Tsé Toung dans l’une de ses citations célèbres : « Il est plus utile de tuer des moustiques que de faire l’amour.» Comme le peuple chinois pouvait comprendre le texte à l’envers (« Il est plus utile de faire l’amour que de tuer des moustiques») ou à contresens (« Il est plus utile de tuer ll’amour que de faire des moustiques»), l’œuvre avait, dans mon songe, été décrochée par les autorités. Tollé du Ministre français de la Culture, de Bernard-Henri Lévy, de l’ex-secrétaire général de Reporters sans Frontières Robert Ménard… face à la censure. Grossièreté de Georges Frêche. Déplacement de Dominique de Villepin dans le quartier chinois à Paris. Bref un cauchemar.

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Nous sommes tous des Sud-Africains

En 1984, avec d’autres étudiants communistes, je me souviens avoir envahi, peintures noires sur la figure, l’ambassade d’Afrique du Sud à Paris pour exiger la libération de Nelson Mandela qui le sera en 1990. Nous voulions (modestement) contribuer à mettre par terre le régime d’apartheid gouverné par Piether Botha et soutenu par de nombreux gouvernements, dont celui de Madame Thatcher. Les CRS du ministre socialiste Pierre Joxe tabassèrent sans ménagement les manifestants restés à l’extérieur de l’ambassade. Ils ne pouvaient manier la matraque sur le territoire d’un autre pays et s’occuper des « éléments subversifs » ayant pénétré dans le périmètre du bâtiment.

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Mururoa mon amour

La semaine dernière un lecteur de Cerises m’a interpellé sur la précédente chronique : « Et Tahiti alors ? En parleras-tu un de ces jours ? Il n’y a pas que la Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique Sud ! » Sur le coup, je me suis dit : quel rapport ? Et puis en pensant au milliardaire calédonien Jacques Lafleur, j’ai ripé assez facilement sur cet autre ami de Chirac, le Polynésien Gaston Flosse. Le premier, signataire d’une poignée de main médiatisée avec Jean-Marie Tjibaou, a accumulé les défaites judiciaires et personnelles : trois condamnations pour injures publiques, un an de prison avec sursis pour ingérence au compte de son neveu dans un scandale immobilier à Nouméa (Eric Conan in L’Express, 6 juin 2002). Le second, ancien président de Polynésie, objet d’une demande de déchéance de son mandat de sénateur, a été déclaré comptable de fait dans le cadre de l’attribution de contrats du cabinet de la présidence à des élus municipaux et des syndicalistes. Gaston Flosse a donc été condamné à rembourser plus de 231 millions Fcfp puisés dans les caisses du pays. Il devra aussi s’acquitter d’une amende totale de 11 millions Fcfp. Il a bien entendu fait appel ainsi qu’un (petit) tour en prison. Bref, de gros poissons nageant en eaux troubles. Un pêcheur de l’île kanak de Lifou m’avait de son côté parlé de thons irradiés en provenance, d’après son expérience, de Polynésie. C’était son lien à lui avec les Tahitiens. J’ai fait le rapprochement et me suis surpris à faire le voyage inverse de celui des poissons du lagon – quelques milliers de kilomètres – jusqu’à l’atoll de Mururoa et celui de Fangataufa, son voisin. Voyages, voyages.

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On dirait le Sud

Il règne en métropole un climat si délétère que je suis allé passer les fêtes en Nouvelle-Calédonie, contrée à laquelle je suis depuis longtemps attaché. A chacun de mes voyages, je vois que le pays, fragile, change. Transfert des compétences pour les routes, la santé, l’environnement, l’économie, l’éducation, la formation… il acquiert (à pas comptés) son autonomie, nous rappelant qu’un peuple n’a que ce pour quoi il se bat. Il faut faire confiance à tout ce qui se mobilise en son sein, dans toutes les composantes de cette société et singulièrement dans le peuple kanak, pour construire un avenir post-colonial. Ce pays finira bien un jour par accéder à l’indépendance politique. Un référendum d’autodétermination doit avoir lieu entre 2014 et 2018. On envie au fond ce pays qui invente, fut-ce de manière chaotique, un destin commun quand en métropole on ne fait que détruire, amoindrir, raboter, exclure, stigmatiser… Et que l’on se demande dans quel état Sarkozy laissera la France en 2012.

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