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Le doigt dans le clafoutis - Le second souffle ou le soufflé

Je me souviens d’un film drôle intitulé : C'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule. Les étudiants québécois, eux, avaient tellement de choses à dire à leur gouvernement, qu’ils l’ont ouverte, en y ajoutant des bruits de casseroles. Avec un message clair de rejet du néolibéralisme, d’une logique destinée à rendre payants tous les services publics et ce qui appartient au patrimoine commun : université, santé, sous-sol, paysages, institutions. Le mouvement fédère aujourd’hui les étudiants, les syndiqués, les profs, les artistes.

Et le vieux continent ? De la Grèce à l’Espagne en passant par l’Islande, l’ordre économique libéral est contesté, le capitalisme en cause. Partout, question sociale et pouvoir du capital sont au premier plan. Bref, mondialement, il y a besoin de fraîcheur et de fraîche.

La France et la Grèce, elles, retournent aux urnes. Il n’y a pas à tortiller : ici, des législatives réduites à valider une élection présidentielle sont un déni et un défi démocratiques. Nous avons besoin de leviers nous aidant à rompre avec l’attentisme ambiant.

La question posée aux forces antilibérales et anticapitalistes en France est de faire rebondir une dynamique qui a conduit 4 millions d’électeurs à voter pour le Front de gauche à la présidentielle. Être l’un des acteurs-clés de la transformation sociale et de la rupture en Europe, capitaliser nos acquis politiques sont nos tâches. De même qu’exposer publiquement, en éloignant tout esprit boutiquier ou sectaire, la diversité et la cohérence du Front de gauche. Y aura-t-il un second souffle ou bien le soufflé retombera-t-il ? La dynamique est-elle là ? Faire moins bien aux législatives qu’à la présidentielle serait problématique.

Que faire ?, dirait pépère. Que dire ?, telle est plutôt la question. Bien sûr que les candidat-e-s du Front de gauche sont celles et ceux de la résistance à la finance. De l’annulation des dettes européennes. De l’éradication du chômage, de la précarité et de la misère, non de leur atténuation. Mais surtout du pouvoir du peuple sur sa propre vie, les banques et les actionnaires. Et de l’encouragement aux mouvements qui, comme en 1936 ou en 1968, ont arraché des acquis sociaux et sociétaux.