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Le doigt dans le clafoutis - Y a photo

Il existe des revues qui mériteraient d’être plus connues. Polka par exemple. Qui est au photojournalisme ce que Matisse est à la peinture. Le noir qui prouve les couleurs, et la couleur qui tente d’enchanter le monde. Au sommaire du n° #17 (mars-avril 2012) de ce magazine fondé par Alain Genestar : "Marilyn" d’après la photographe américaine Eve Arnold ; "Fukushima : retour dans la zone interdite" ; "Front national : détournement de mineurs" ; "Cuba : la révolution ne répond plus" ; "France : as-tu du cœur ? La parole aux candidats." De quoi stimuler l’esprit. La photo est l’un des combustibles de la vie.

Et puis, cet édito d’Alain Genestar : « On ne préside pas un pays de la même manière quand l’extrême droite s’immisce dans les têtes. Le score annoncé de la candidate du Front national, au premier tour de la présidentielle, est de 16-17%. En gros, comme son père en 2002. » Il ajoute : « Grâce doit être rendue à ce personnage, haut en couleur et fort en gueule, Mélenchon, qui ose, fût-ce en maniant l’outrance et la caricature, parfois méchamment, taper sur la table des belles convenances. On le dit pourtant populiste, le comparant à un Le Pen peint en rouge. Faux. Le populisme (…) est un art vulgaire qui flatte les mauvais penchants du peuple, le tirant vers le bas. Mélenchon, lui, fût-on en désaccord avec ses propositions, exprime une générosité qui impose respect et considération. (…) Et Mélenchon – c’est là son autre mérite – est le pire ennemi de Le Pen.  »

Et le journaliste de conclure : «  Non, on ne préside pas pareillement un pays où l’extrême droite est si forte. Oui, il faut se mobiliser pour la réduire. Et s’opposer à elle n’est pas une simple compétition électorale. C’est un combat.  »

Les idées lepénistes empoisonnent depuis deux décennies la société française. Contre le racisme, contre la préférence nationale comme réponse à la peur du déclassement social, face au discours de haine du parti d’extrême-droite, le Front de gauche et Jean-Luc Mélenchon combattent, arguments contre arguments, le Front national. Placer le candidat commun du Front de gauche nettement devant Marine Le Pen, en donnant à J.-L. Mélenchon le poids le plus élevé possible le 22 avril, est un acte d’utilité et de salut publics.