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Une visite de la grotte de Sarkaux

La grotte de Sarkaux est devenue au fil des âges une grotte paléolithique relativement mineure, ayant connu en son temps un nombre d’ornements importants. Cette grotte sombre et obscure ne supporte aucune lumière. Elle comporte une fissure initiale, vraisemblablement due à des tam-tams extérieurs. Elle s’effrite progressivement sous l’effet du bruit et des coups sourds des passants. Plusieurs zones intérieures témoignent de l’activité d’hommes primitifs avant l’apparition de l’humain ; certains endroits ont été incendiés, reflétant une maîtrise débridée du feu par ses occupants. Très peu de femmes y ont été dessinées. Selon des humanoïdes modernes, cette grotte est surnommée « la chapelle Sixtine de l’art brutal. » Les peintures et les gravures qu’elle renferme encore ont pu faire l’objet de datations précises : leur âge est estimé entre 2005 et 2010 après J.-C. à partir de mesures réalisées sur les objets découverts dans la grotte. Après de vifs débats, ces vestiges ont été attribués au Capitalismien post-archaïque.

La salle des Taureaux, présente la composition la plus spectaculaire de Sarkaux. Ses parois visqueuses en kouchnerite se prêtant mal à la gravure, elle est uniquement ornée de peintures guerrières mettant en scène des Hortefeux, de dimensions faites pour impressionner : certaines peintures mesurent jusqu’à deux mètres de long. Des individus casqués avec des boucliers et de courts manches de pioche font face du côté sud-est à des Rroms (parfois pieds-nus) et côté nord-ouest à des Retraitoms. Un groupe de signes est à noter dans cette composition, notamment un « CRS-SS », antérieur aux peintures. Les Rroms et les Retraitoms, tenant diverses sagaies, sont accompagnés de quelques blancs chevaux portant des écharpes à trois couleurs sur leur flanc, ainsi que des animaux énigmatiques. Plusieurs de ces animaux ont un front de gauche proéminent. L’un d’entre eux a une corne de rhinocéros, l’autre une moustache grise. Il n’y a pas de peinture de dinosaure.

Côté ouest, trois grands éléphants en côtoient trois plus petits, peints en rose, ainsi que six petits lions et une panthère. Le seul ours des Pyrénées de la grotte, superposé au ventre d’un aurochs, est difficilement lisible. Une curieuse licorne est accrochée à un croc de l’âge de bronze. Grâce à un vernis, elle reste flamboyante.

Le Diverticule axial lui est orné de cerfs et de chèvres faméliques, témoignant de la misère de l’époque et de la difficulté à se nourrir. Un dessin représentant une agnelle morte de faim a été brossé au crayon de manganèse à 2,50 mètres du sol. Certains animaux sont peints sur le plafond et semblent s’enrouler sur eux-mêmes d’une paroi à l’autre, à la recherche de chaleur. D’autres tendent la paluche. À ces représentations s’entremêlent de nombreux signes (RMI, RSA). Le tremblé des représentations laisse penser à des échafaudages ou des systèmes de soutien instables et précaires.

Le Passage possède des parois en woerthite se prêtant bien au portrait. Cette cavité ne manquant pas d’air, elle présente un décor fortement dégradé. Le phénomène a été aggravé par les nombreuses circulations de personnes, qui ont rendu l’endroit toxique. On note des champignons, des moisissures apportés par de la crotte de cheval en provenance de Chantilly. Des petits morceaux de chiffon rouge, comme des rosettes, traînent au sol.

La Nef comporte trois groupes de figures : une bourse en cuir de boeuf (cause du malheur d’un groupe de bisons croisés et d’une biche nageant), une peau de carnassier, une vache à lait enfin. Cette dernière est ornée de bijoux, de fourrures et semble avoir accouché de cosmétiques. Ces oeuvres sont accompagnées de nombreux signes géométriques (des rectangles colorés) qualifiés plus tard de « biftons ».

Le Diverticule des Félins doit son nom à un groupe de chats sauvages, dont plusieurs semblent uriner pour marquer leur territoire. Plus difficile d’accès, on peut y voir également des gravures de fauves, des Lefebvrus et des Copétropes, d’une facture assez peu naïve. On y trouve d’autres figures alambiquées, dont une représentation de Langosore selon une « perspective tordue », devenue fréquente dans l’art paléolithique.

L’Abside comporte plus de mille gravures d’animaux marins. Des poissons pilotes et de bas-fonds sont représentés. On trouve là quelques dauphins représentés à Sarkaux.

Le Puits présente la scène la plus énigmatique de Sarkaux : un petit homme à tête d’aigle et aux talons surélevés semble tomber. Une femme élancée en chante les louanges. Il est renversé par un énorme bison poussé par des Bonzoms et des Bonnesfames, en partie issus de tribus Rroms et Retraitoms. Ce bison est éventré par une sagaie. Sous l’homme et le bison, un signe barbelé que l’on retrouve à l’identique sur d’autres parois de la grotte. À leur côté est représentée une urne surmontée de deux animaux : un faucon et un mammouth dégraissé. Une colombe agonisante est gravée sur la paroi opposée. Sur la gauche un rhinocéros grognon s’éloigne. Il s’agit ici d’une scène dont les éléments sont en relation les uns avec les autres, et non d’une juxtaposition d’êtres vivants ou de signes sur une même paroi, comme c’est souvent le cas dans l’art paléolithique.

Contrairement à ce que l’on assène depuis plus de 10 ans, l’extinction de Sarkaux n’est pas seulement due au climat et au gaz carbonique, mais aussi à un conflit historique avec l’« Homo Sapiens ».