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En Marche, l’État autoritaire

Bruno Della Sudda
Bruno Della Sudda
Ce qu'il est arrivé le 23 mars à Nice à Geneviève Legay, porte-parole départementale d'ATTAC, militante d'Ensemble !, de la CGT et d'Artisans du Monde, a eu un écho considérable, bien au-delà des cas des autres victimes de la répression policière depuis l'irruption des Gilets Jaunes. C'est injuste pour les autres, mais cet écho est significatif. Une partie de la société ne se résout pas aux violences policières, aux inégalités, aux injustices, aux discriminations insupportables ; ces violences deviennent systémiques et sont le révélateur de la marche vers l'État autoritaire.

Le cas de Geneviève a cristallisé tout cela, à la fois par ses fonctions de porte-parole départementale d'ATTAC aux côtés des Gilets Jaunes, par son âge et les propos scandaleux de Macron sur sa « sagesse », par le symbole de son drapeau de la paix qu'elle porte dans toutes les manifestations à Nice.

Violences policières généralisées, rétrécissement permanent de l'indépendance de la justice et primat de la logique policière sur la logique judiciaire, multiplication des lois sécuritaires, recul des droits et des libertés (y compris de manifester), accumulation du nombre de jeunes tués dans les quartiers populaires sans condamnations à la hauteur, délire sécuritaire à travers la généralisation de la vidéo-surveillance et les projets de type Safe City, criminalisation des activités syndicales... L'incapacité du pouvoir à stabiliser sa domination et à étouffer les contestations ne l'empêche pas de continuer sa fuite en avant pour imposer ses contre-réformes et sa défense de l'ordre établi. La marche vers l'État autoritaire lui est donc nécessaire car sa politique n'a pas l'assentiment d'une majorité de la population.

Cette tendance ne concerne pas seulement la France, elle est à l'œuvre ailleurs en Europe et dans le monde.

Il y a donc tout à redouter de Macron et son monde. Mais le pire n'est pas sûr : la riposte et la contre-offensive sont à la fois possibles et nécessaires.

C'est ce que nous dit la révolution algérienne qui se déploie sous nos yeux, ce qu'indiquent les craquements de la « démocrature » d'Erdogan en Turquie avec son double échec à Ankara et Istanbul.

Constituons dans les villes et les départements, des cadres unitaires pour défendre les droits et les libertés, de type collectifs de vigilance ou observatoires des libertés (en voie de constitution à Nice avec associations, syndicats, forces politiques et Gilets jaunes).

L'objectif peut sembler limité. Il ne l'est pas car nous l'inscrivons dans la perspective de la défense et de l'extension des droits humains, inséparables de l'émancipation et de l'autogestion.