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Derrière les murs

En tant que syndicaliste à la CGT, j’ai été très intéressée par le dossier sur la question du travail publié dans le numéro de mars 2019 de Cerises.

Le fait qu’une publication politique se penche sur la thématique du travail est le signe, encourageant, que les décennies d’invisibilisation du travail sont en train de s’achever. « Le travail, c’est l’homme même », disait Karl Marx ; plus récemment des chercheurs comme Christophe Dejours ont mis en évidence la centralité du travail dans la vie personnelle et sociale… Il est paradoxal que des activités qui constituent le cœur même du fonctionnement social, qui mobilisent l’énergie, l’intelligence, les savoir-faire de millions de personnes, ne soient pas considérées comme des objets politiques majeurs, et ce depuis une trentaine d’années.

Il est plus que temps, comme le souligne Cerises, de « libérer le travail » des finalités, sans aucun rapport avec les besoins sociaux, que lui assigne le capitalisme financier. Il est temps d’interdire des organisations du travail mortifères qui constituent des mises en danger pour la santé physique et mentale des travailleurs et des risques majeurs pour le travail lui-même, donc pour la santé publique et l’environnement.

Il se passe aujourd’hui dans le monde du travail salarié des choses inimaginables : des atteintes à la dignité humaine, aux droits fondamentaux, à la démocratie. Sans exagérer, on peut parler de fascisation des lieux de travail. Combien parmi ceux qui s’alarment de la montée du « rassemblement national » à chaque élection, se soucient de ce qui se passe « derrière les murs » très lisses des entreprises ou des établissements publics ou privés ?

Oui, il est temps de changer le travail. Quelle organisation politique ou syndicale peut raisonnablement afficher son ambition de changer la société, et de mettre fin au système capitaliste, si elle n’est pas capable de faire en sorte que, comme l’impose la Directive Européenne de juin 89, transcrite en 91 dans le Code du Travail, « ce soit le travail qui s’adapte à l’homme et non l’homme qui s’adapte au travail ».