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Horizons d'émancipation / Travail

Organisation du travail et lutte de classes

Cerises cherche à mettre en lumière ce qui est devenu souvent un angle mort de la lutte de classes, en tous cas de la part du mouvement social. L’organisation du travail (le management), s’appuie sur des travaux de sociologues et de psychologues en matière d’ergonomie du travail. Initialement, ces travaux visaient à mieux prendre en compte la part d’initiative possible des travailleurs, à réduire la pénibilité et le sentiment d’être l’appendice de la machine. La dénonciation de l’aliénation au (par le) travail a été un thème fort de Mai 68. Progressivement, le patronat s’en est emparé, pour, on s’en doute, tenter de résoudre une contradiction : comment accorder davantage d’autonomie aux travailleurs, mieux mobiliser l’individu dans sa totalité (les compétences) et verrouiller toute possibilité qu’ils en usent à leur avantage ? Jusqu’alors, c’étaient souvent les travailleurs et les syndicalistes qui encadraient les apprentis ou étaient les référents pour être informés sur le déroulement du travail. Progressivement, en développant le management, comme les cercles de qualité de la fin de la décennie 70, le patronat s’est approprié ce terrain. Le plus souvent, la volonté de ne pas se laisser intégrer, volonté justifiée, a conduit le syndicalisme à se couper de cet enjeu.

L’exploitation ne se limite ni au salaire, ni aux conditions de travail. Si dénoncer la souffrance au travail est nécessaire, ce n’est pas suffisant pour faire prendre conscience des chemins de la domination. Ceux-ci peuvent aller jusqu’à la chasse aux temps de pause qui permettaient aux travailleurs de se parler librement. Les suicides survenus dans le cadre des entreprises reflètent le mal-être provoqué par les protocoles. L’aliénation ne se limite pas à la soumission, elle est l’empêchement d’accomplir son propre devenir. L’identité en est déchirée.

La conséquence idéologique est structurante. Il reste du syndicalisme le plus souvent, la revendication salariale, la défense des postes de travail et de l’entreprise. Ces affrontements nourrissent du capitalisme une image d’injustice voire de brutalité. Mais de lui abandonner, au nom des urgences, le terrain de l’organisation du travail, de la production des méthodes, fait de lui, le seul capable d’organiser l’entreprise et au-delà d’organiser la société -même si c’est à son seul profit. Lors du mouvement qui, il y a quelques années, avait animé ArcelorMittal, une Assemblée Générale a dénoncé l’inintérêt de Mittal pour la production d’acier, ajoutant qu’il avait bien fallu se débrouiller sans lui durant 20 ans. Conclusion ? « Il nous faut un repreneur » (sic). Plus largement, la moindre lutte sous-tend une question de pouvoir. Souvent non explicitée et donc la plupart du temps, perdue. L’enjeu de qui est le référent de l’organisation du travail est d’avoir un sérieux avantage sur cette question de pouvoir. Sortir l’autogestion de quelques cénacles ou de la défense d’entreprises menacées, passe par cet affrontement.