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Horizons d'émancipation / Travail

Pourquoi s’intéresser au travail ?

Nathalie Pierrard, Sud Rail
Nathalie Pierrard, Sud Rail

Quelle drôle de question pour une syndicaliste ! Du plus loin que je me souvienne, mon idée n‘était pas de m’intéresser au travail en tant que tel, mais de m’intéresser aux personnes qui évoluent dans le même collectif : comprendre les interactions entre les personnes, le détournement des consignes et des règles pour mieux vivre au travail, l’inventivité de chacun et chacune, etc.

S’intéresser au travail, c’est avant tout vouloir développer cette notion de collectif de travail. C’est l‘envie de faire partager des choses simples comme : « c’est ensemble que l’on fera avancer nos droits, qu’on satisfera nos besoins » et, ne rien omettre, même les plus petites initiatives… S’intéresser au travail, c’est aussi revendiquer des améliorations matérielles : un endroit décent pour déjeuner, des pauses pour souffler… Bref, la vie au quotidien. Et puis, quel que soit le travail que l’on réalise, dès lors qu’il s’agit d’une tâche socialement utile, comprendre que, lorsqu’on ne le fait plus, c’est la machine capitaliste qui peut s’effondrer.

Celles et ceux qui produisent ont la richesse entre leurs mains. Ce qui me conduit aussi à dire que, s’intéresser au travail signifie comprendre le lien de subordination du contrat de travail… lien de subordination qui peut, selon les entreprises et leur règlementation, générer des souffrances extrêmes.

A la SNCF, l’embauche d’un futur cadre signifie 4 ans de période d’essai. Ceci illustre à merveille ce lien de subordination : il faut semer la terreur à tous les niveaux. Ce qui amène une autre question : s’intéresser au travail des cadres ? Compliqué pour un ou une syndicaliste : les dirigeants font de leurs cadres, un genre de courroie de transmission, de fusible, qu’ils ne craignent pas de faire disjoncter avec toute une panoplie d’entretiens individuels d’évaluation, de fixation d’objectif, etc. Alors la question de s’intéresser au travail pour un syndicaliste se pose en d’autres termes, il ne s’agit plus seulement du travail, mais des organisations du travail qui génèrent chez les salarié.es un réel mal-être parce que pas de moyens, des objectifs irréalistes, des pressions incessantes, des organisations qui laissent peu d’autonomie, cette autonomie qui rend le travail supportable.

Nous nous intéressons au travail dans la mesure aussi où, il s’agit d’exiger que les salarié.es aient les moyens de bosser : moyens humains, matériels, etc. Ce n’est pas le souci des patrons ! Nous passons un tiers de nos journées dans cette activité nommée « le travail ». Cela pèse inévitablement dans notre vie sociale et personnelle. Raison de plus pour s’y intéresser lorsqu’on veut changer fondamentalement la société !