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Horizons d'émancipation / Travail

Militant syndical, syndicat et travail

Marc Tzwangue, SUD Renault
Marc Tzwangue, SUD Renault

Confronté à une organisation du travail et à des objectifs sur lesquels il peut difficilement peser, le militant syndical et son syndicat sont cantonnés, dans le meilleur des cas, à une défense et une organisation des travailleurs pour qu’ensemble ils améliorent leurs conditions de travail.

Dans cette société capitaliste, le travail est d’abord et souvent vécu comme une aliénation. Un travail prescrit sans vision de son utilité ni de sa finalité autre que celle d’enrichir une classe sociale de possédants. Le travailleur est, dans la plupart des cas, considéré comme un simple exécutant à qui on demandera peut-être, dans certaines entreprises, de trouver des moyens pour être encore plus productif, faire des économies (primes de suggestions par exemple). L’organisation syndicale négociant le montant des primes… le poids des chaînes.

Cette organisation archaïque du travail nie la capacité créatrice des travailleurs, qu’ils soient ingénieurs ou ouvrier de production, leur formidable potentiel d’innovation1. L’importance de l’entreprise comme création de liens sociaux, du travail comme émancipation. Elle les enferme dans un découpage des tâches et une non reconnaissance de leur travail. Les syndicats et les syndicalistes se sont adaptés à cette situation et ont pour la plupart été intégrés dans le système. Ce sont des « partenaires » sociaux.

Dans certaines circonstances le syndicat peut être amené à utiliser les compétences des salariés pour proposer des contre-projets lors par exemple de la fermeture d’une usine ou d’une chaine de production. C’est ce qui avait amené la CGT à piloter le projet d’un petit véhicule populaire, la « NEUTRAL », dans les années 80, pour sauver l’Usine de Renault Billancourt avec l’aide d’ouvriers et d’ingénieurs2.

Plus récemment, c’est aussi le cas lorsque des syndicalistes contestent les choix des dirigeants de l’industrie automobile concernant les émanations des moteurs (Diesel et essence) et les conditions de travail des salariés, comme en 2016 à Renault Lardy, lors de l’affaire du diesel gate3.

Ce dernier exemple illustre que les syndicalistes ont tout à gagner lorsqu’ils font prendre conscience à leurs collègues de la nécessité de dépasser leurs revendications immédiates. Qu’ils peuvent contester leur rôle de simples exécutants et donner, proposer voire imposer leur place centrale dans l’organisation du travail.

Pour y arriver, les syndicalistes doivent aussi proposer des débats sociétaux, qui abordent sous différents angles les questions d’écologie, de productivisme, de rapports hiérarchiques, de services publics, de solidarité, etc. Par exemple le syndicat SUD Renault Guyancourt a initié en janvier deux débats auxquels étaient conviés tous les salariés du site. Le premier sur les gilets jaunes avec des gilets jaunes de province présents depuis le début sur un rond-point4 et le deuxième sur la situation au Brésil suite à l’élection de Bolsonaro, avec la participation d’un responsable syndical brésilien5.

1- Sur la créativité des travailleurs, lire l'ouvrage de Robert Kosman, sur la " perruque "

2- La Neutral

3- Diesel gate

4- Le tract du 14 janvier

5- Tract N°2