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Note d'actualité / À cueillir

La rentrée de l'Atelier

Cerises : Vous entamez votre huitième saison des « Rencontres de l'Atelier » à Montluçon. Vous avez de la suite dans les idées ! En quoi ces « rencontres » sont-elles utiles ?

Pierre Goldberg : Pour être utile, nous partons de la réalité et nous mettons en débat trois axes de mobilisation. Le premier consiste à comprendre comment le capitalisme qui pille depuis longtemps les richesses de la nature, et les richesses créées par le travail des humains, continue à perdurer. Nous tentons de faire grandir une idée toute simple : « pourquoi laisser la gestion de nos vies à ceux qui la détruisent ? ».

Notre second axe de mobilisation, consiste à dire que si on se contente seulement de lui résister, on laisse le capitalisme continuer sa stratégie. On le laisse organiser sa panoplie de réseaux de contrôle pour maintenir toute volonté de changement en hibernation. On laisse fonctionner à plein régime sa stratégie d’aliénation des consciences. On laisse intacte son entreprise de domination des médias qui diffusent l'idéologie dominante répétant de mille manières, qu'il n'y a aucune autre gestion valable.

Il est urgent de mettre, au cœur de toutes les actions, la nécessité d'en finir avec le capitalisme.

Notre troisième axe consiste à redonner de la force à tout mouvement citoyen. Nous ne partons pas de rien, car nos concitoyens eux-mêmes construisent des actions qui prouvent qu'on peut se passer du capitalisme, de ses actionnaires et de leurs dividendes.

Cerises  : Vous avez choisi comme thème cette année « mettre fin au régime absolu de l'actionnariat capitaliste ». Pourquoi ce choix ?

Pierre Goldberg : La source de toute richesse, c'est avant tout le travail. « Sur 100 euros de produits financiers tirés du travail, 67,40 vont dans les poches des actionnaires sous forme de dividendes, 27,30 vont aux investissements et seulement 5,30 vont aux salariés ». Avec la représentante d'OXFAM qui a développé ces chiffres à notre première « Rencontre » de la saison, nous expliquons l'origine de la finance. Une réforme radicale s'impose : mettre fin au régime absolu de l'actionnariat capitaliste. Irréaliste ? Les faits et les seuls faits témoignent du contraire.

Déjà, dans les entreprises qui passent en coopératives dirigées par les salariés, les dividendes disparaissent. FRALIB ou, plus près de nous la Librairie des Volcans, à Clermont-Ferrand, nous montrent que c’est possible.

Cette capacité à changer et à diriger la société existe déjà : autogestion par des coopérateurs, lanceurs d'alerte, gratuité des soins, retraite par répartition, salaire à vie des fonctionnaires, gratuité du don du sang, militantisme associatif, AMAP, circuits courts producteurs/consommateurs, monnaies locales, solidarité active pour secourir les migrants etc...

Il s'agit là d'autant d'actes post-capitalistes. Les « derniers de cordée » sont des citoyens qui pensent, qui cherchent, qui inventent et qui expérimentent à leur échelle. Ces citoyens construisent du « déjà là », préfiguration d'un autre monde à venir.

« En commun, nous pouvons changer la société » disons-nous à l'Atelier. Avec le programme de l'automne 2018 nous passons résolument aux actes.

Cerises : Jean Sève est intervenu dans le cadre de la 2eme rencontre. Que retenez-vous du débat ?

Pierre Goldberg : Pour préparer notre 8ème saison nous nous sommes beaucoup inspirés du livre qu'il a écrit avec son père, notre cher ami Lucien SEVE « Capital exit ou catastrophe ».

« Nous aspirons tous à une coordination des luttes pour accroître leur portée, mais cela ne se fait pas car il manque un but à ces luttes » nous dit un participant au débat. Cette contribution, qui résume mieux que tout notre objectif, à savoir la définition d’un nouveau but pour le genre humain, a nourri la deuxième « Rencontre ».