Qui sommes-nous ? Charte du site Participer S'abonner Soutenir Liens

Appel

Culture

Esprit de suite

La rentrée de l'atelier

Note d'actualité

Sur le plateau

Rubriques

Altercommunisme

Altercommunistes

Séquences

Cerises

Sélection

Imprimer cet article

Tribunes libres

Juste beaucoup de colère...

« C’est proprement ne valoir rien que de n’être utile à personne. » Descartes

Ce texte est en réaction à la prise des locaux de SOS Méditerranée par Génération Identitaire ce vendredi 5 octobre. Il n’a pas de vocation particulière, juste un peu de colère.

Chère haine,

On s’étonnera que je m’adresse à toi de la sorte, comme si tu étais os et chair. Tu es si présente, presque vivante, vibrante, si immanente, soigneusement vénérée par tes adeptes que tu aveugles.

Tu es comme le brouillard. Tu es de ces petites particules d’air que certains hument plus fort que les autres, qui s’infiltrent dans le corps, s’agrippent au cœur et enveniment l’âme. Le corps atteint est déliquescent, tu le tiens, tu ne le lâcheras plus. Tu es cette brume qui pénètre les maisons réchauffées au feu de la ferveur nationaliste, tu es ce souffle expiré par tes zèles serviteurs.

Tu as encore frappé aujourd’hui. Tu as appelé tes petits soldats, à mener un nouveau combat contre « l’autre ». Celui de derrière les frontières. Celui qui n’appartient pas à ce « si beau pays » dont tu voudrais être l’unique propriétaire. Cet autre, que tu abhorres, que tu rejettes, pourtant… N’est autre que nous même. Il n’est pas plus tiers que nous deux.

Que serions-nous sans lui ? Où en serait ta chère France sans lui ? Tu peux refaire l'Histoire à ta façon, ce pays n'est que le fruit de tous ces autres qui l'ont bâti au fil des siècles.

L’autre, aujourd'hui c’est aussi celui qui se perd dans l’immensité de la mer. Celui qui appelle à l’aide, qui appelle encore, qui ne sait plus où appeler, depuis son pays que la guerre ruine, celui dont le cri rebondit sur nos frontières, sur le mur de notre indifférence. Les vagues prennent son message, qui s'envole dans les embruns, avant d'engloutir ses espoirs et rejeter son corps. Il faut écouter l’écho des tréfonds de la mer, écouter attentivement celui qui ne veut que de l’aide.

Tu dis vouloir aider les tiens avant d’aider les autres. Mais regarde autour de toi : c’est un monde où tous deviennent autre, ou le tien n’est plus rien, ou la solidarité n'est plus. C’est un monde où on ne répare pas les guerres qu'on a pourtant générées. C’est aussi un monde où on met des barrières sur les bancs pour que nos sans abris ne trouvent aucun repos, c’est un monde où les seuls pays qui accueillent laissent, au même titre que les tiens, les réfugiés dehors, sous le même froid tenace, sous la même pluie, sous les mêmes tempêtes. Il n’y a plus de dualité, tu vois bien, entre les autres et les tiens. Ils sont tous traités de la même façon.

Pendant que les nôtres n‘ont que les dalles pour unique plancher, les autres ont les bombes pour unique toit.

Ce que tu veux toi, chère haine, c’est un monde fade, uniforme, « pur ». Tu ne veux pas de couleurs, tu ne veux pas nuancer ton teint décrépit, ton visage amer, ton air dédaigneux.

Ah ! Chère haine ne vois-tu pas ce que tu produis ? Tes sujets pourraient faire tellement mieux. Mais tu leur colles à la peau, tout comme la solitude frappait à la porte de Barbara, toi tu entres sans attendre et tu prends place comme une cinquième humeur dans les veines des humbles dévots.

Je ne ferai pour terminer que rappeler les simples mots, d’une chanson si bien connue et pourtant si facilement oubliée : Imagine de John Lennon.

A...