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On réfléchit

Faire la politique soi-même

Pour ne pas être déçu de la politique il faut la faire soi-même. Parce que dans une autre vie j'attendais que « la ligne » me tombe toute cuite dans le bec et qu' au mieux je changeais une virgule lors du congrès. Parce que je "viens de vivre" 40 années successives d'inefficacité de la gauche et qu'aucun de mes bulletins de vote n'a fait bouger quoi que ce soit. Parce que je sais désormais que personne ne m'a trompée mais que de n'avoir pas à construire, à bâtir l'orientation j'évitais l'interrogation fondamentale : ce que je dis, ce que je fais, ce pourquoi je milite, est-il réellement de l'ordre de l'émancipation humaine.

Je ne suis pas absolument sûre de le faire et de le faire bien en écrivant dans Cerises, mais Cerises est le lieu où je peux m'y essayer. Parce que je m'appelle Destom autrement dit l'anagramme de "Modeste" l'appellation de mon ancêtre esclave. Il devint Destom lors de son inscription sur le registre de population à l'occasion de l'abolition de l'esclavage, en 1848. Et parce que Cerises a été le seul journal communiste français où j'ai pu alimenter ce désir d'indépendance pour les peuples qui demeurent aujourd'hui, avec La France, dans un lien de colonialité. Parce que Modeste qui nous donna le nom Destom avait une fille, Mély, née en 1836, donc née esclave, parce que ma grand-mère Euphrasie née en 1876 est la première née libre, parce que mon père est le second et que je ne suis que la troisième... Essayez d'imaginer, tous les quatre m'ont à l’œil quand je suis dans l'isoloir, mais tous les quatre sont cordialement à ma table de travail quand j'écris pour Cerises.