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Le cocktail du 22 juin 2018

Péril en vue ? La colombe de la paix sort perdante de l’élection présidentielle en… Colombie. Après la victoire du candidat d’une droite radicalisée, Ivan Duque, le risque existe d’un retour des règlements de compte avec les anciens des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Qu’il est loin, le moment où les parties prenantes d’une forme de réconciliation nationale obtenaient le Prix Nobel de la Paix, en 2016. Lors de sa campagne, Duque a annoncé des « corrections » à l’accord de paix précédemment signé. Il pourra s’appuyer pour cela, en plus du soutien des grands médias, sur une majorité proche de ses options au Congrès. Seul aspect positif : le candidat de gauche, Gustavo Petro, a totalisé de son côté 42 % des voix, soit un score jamais obtenu dans ce pays où les militants de gauche et les syndicalistes ont, depuis de nombreuses années, été réprimés (des centaines de morts).

Ciseaux et flambeau. Le dessinateur de presse américain Rob Rogers, finaliste du prix Pulitzer en 1999, vient de se voir éjecté par la direction de la Pittsburgh Post-Gazette après que les ciseaux de la censure aient éliminé plusieurs de ses dessins contre la politique de Trump. Dans l’une de ses dernières caricatures, il dénonce la décision de Trump de séparer parents et enfants de migrants mexicains. On ne sait pas si la statue de la liberté en a perdu son flambeau.

Honte (1). 56 % d’opposants à l’accueil des 630 migrants alors en route dans l’Aquarius, après avoir été secourus par le navire de l’ONG SOS méditerranée, contre 42 % de pour. Une étude vient de témoigner que la solidarité n’est pas toujours ni tout à fait le sentiment le mieux partagé en France, aujourd’hui. La ligne gouvernementale - ne pas permettre au bateau d’accoster dans un port français - sort plutôt confortée sur ce dossier, avec même une petite touche gentille - accueil de certains migrants… « au cas par cas » - dans un océan d’égoïsme et de haine. Parfois, on a honte de la majorité de nos concitoyens…

Honte (2). La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNDH) vient de rendre un avis sur le sort des migrants à la frontière franco-italienne, soulignant notamment que « la République bafoue les droits fondamentaux » et que l’État « renonce au principe d’humanité et se rend même complice de parcours mortels ». De fait, alors que de nombreux migrants tentent « des parcours de plus en plus dangereux à travers les Alpes », 50 000 « non-admissions » ont été prononcées aux points de passage et aucune demande d’asile n’a été déposée. La Commission évoque aussi l’existence « de lieux de privation de liberté improvisés et non respectueux des droits » et exige leur « fermeture immédiate ». Lire l’avis de la CNDH, ici.

Nouvelle mobilisation. Il y a quelques jours, Orsay, le château de Versailles, l’Arc de Triomphe, le Château de Vincennes, les tours de Notre-Dame, l'Arc de Triomphe et le Panthéon ont fermé, pour cause de grève des agents à l’appel de la CGT, de la CFTC, de la FSU, de SUD et de l’UNSA. En cause, une réorganisation du ministère de la Culture, qui prévoit notamment de placer 1 500 fonctionnaires sous la tutelle d’établissements publics culturels, projet qui signe un désengagement (de plus) de l’État, un risque de précarisation des agents et de nouveaux freins à leur mobilité. À suivre, cet été : la mobilisation des acteurs de la culture, dans les festivals, face à une politique nationale désastreuse.

Crimes en col blanc. Croissance du déficit des hôpitaux publics, baisse de leurs activités - alors même que leur budget dépend du nombre et de la nature des actes -, alors que les besoins de santé non couverts sont considérables… La Fédération hospitalière de France vient une nouvelle fois de tirer le signal d’alarme. C’est tout le système de soins qui se retrouve dans une impasse budgétaire. Or, le ministère de la Santé entend poursuivre la mise en œuvre de ses plans d’économies : 1,6 milliard d’euros en moins en 2018, sans compter les coupes pluriannuelles dans la masse salariale. Combien de patients non soignés, morts, pour qu’enfin l’on en finisse avec ces politiques criminelles ?

Révolte ou révolution ? Ce gouvernement, plus encore que les précédents, a pris l’habitude de faire circuler les annonces les plus cruelles possibles, avant de lancer ses réformes… les plus antisociales. Bientôt, donc, l’ensemble des aides sociales seront sur la sellette, une réforme des retraites finira le travail accompli sous Hollande, les pensions de réversion seront amputées voire supprimées. La question sociale et les mobilisations se sont imposées ces derniers mois sur le devant de la scène, reste à renverser la table.

Militante contre banquier. La BNP, la banque française la plus implantée dans les paradis fiscaux, n’aime pas qu’on la mette à nu : elle a traîné devant les tribunaux pour "vol en réunion" Nicole Briend, professeur à la retraite, qui avait participé en mars 2016 à un "fauchage de chaises" organisé par ATTAC. Elle avait aussi refusé que soit prélevé son ADN. Pétitions, manifestations ont eu raison de la hargne de la BNP : Nicole Briend a été relaxée le 7 juin à Carpentras, le tribunal ayant reconnu que la désobéissance civile n’est pas un acte de délinquant et a de ce fait validé aussi le droit au refus de prélèvement ADN. Une victoire citoyenne.

Petits poucets contre grands sorciers. Cinq plaintes, pour violation des données personnelles, signées de 12 000 mandataires ont été déposées devant la CNIL par la Quadrature du Net, le 28 mai dernier, contre les GAFAM : Google, Apple, Facebook, Amazon, Linkedin (Microsoft). L’association à l’initiative de ces plaintes a pour objectif «  l’encouragement de l’autonomie des usagers et leur prise de contrôle sur les données les concernant » ainsi que «  la défense des intérêts sociaux, culturels, d’innovation et de développement humain des citoyens ». D’autres plaintes suivront. À l’heure où ces GAFAM prétendent rendre transparentes leurs procédés en envoyant à chacun-e des règlements illisibles, la démarche des plaignants est salutaire.