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Coup de torchon

Chère Françoise Hardy,

Feuilletant des hebdos chez le dentiste, je tombe sur l’interview que tu viens de donner à Paris Match et sur cette phrase : « Je suis désespérée quand je vois que trois communistes bloquent le pays avec leurs grèves. » Puis sur celle-ci : « Marine Le Pen est tout aussi dangereuse que Jean-Luc Mélenchon, ou peut-être lui l’est-il même plus. » « Crois celui qui peut croire », chantais-tu dans Mon amie la rose…

J’aime tes chansons – c’est mon côté cœur d’artichaut –, mais je pense que tu débloques un peu et que tu tournes vinaigre. À te suivre, il suffirait de 84 communistes pour bloquer l’Europe, et de presque 600 pour bloquer le monde.

Françoise, ne trouves-tu pas que trois cocos pour remettre sur les rails les services publics, c’est un peu juste ? Que pour remettre à l’endroit ce que le capitalisme fait fonctionner à l’envers, pour lutter contre les injustices, on a besoin de plus de monde… Viens donc avec nous. Comme le dit ta chanson : « Moi j'ai besoin d'espoir, sinon je ne suis rien... »

Je ne t’en veux pas, figure-toi, de trouver les communistes nuisibles et les insoumis dangereux. Tu crées un sentiment de déception, et c’est tout. Il fut un temps où tu trouvais belles et utiles les paroles du camarade Aragon quand tu chantais "Il n’y a pas d’amour heureux" sur la musique de Brassens. C’était en 1968. Au « temps de l’amour et de l’aventure. » Pas celui où tu râlais n’importe comment.

J’ai appris par ailleurs que tu as aimé la chanson intitulée Aragon de ton fils Thomas Dutronc. Une belle version pop, une orchestration rythmée par une guitare et une batterie, du poème "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?" J’espère que tu n’as pas bloqué en entendant Thomas rendre hommage à un poète et communiste.

Mais mon cœur me dit que non.