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Cocktail du 6 avril 2018

Palestine, j’écris ton nom. D’un côté, des dizaines de milliers de civils palestiniens, de l’autre une armée surarmée, utilisant des balles réelles contre des manifestants sans armes, et blanchie d’avance par un gouvernement confit d’ignominie. Résultat : 18 morts et des milliers de blessés, lors de la ‘‘marche du retour’’. Cela fait penser, par exemple, aux crimes du régime d’apartheid en Afrique du Sud. À l’ONU, un projet de résolution a été bloqué par les États Unis, la plupart des grandes capitales se contentant hypocritement d’inviter « toutes les parties à la retenue et à prévenir toute escalade supplémentaire ».

Cyniques en chefs. Tandis que le gouvernement israélien refusait toute enquête internationale sur les crimes commis par son armée, le Premier ministre turc traitait Benyamin Nétanyahou d’assassin et de terroriste. Pas faux, mais, dite par Recep Tayyip Erdogan, celui qui massacre les Kurdes, lamine l’opposition de gauche et tente de mettre au pas la société turque, cette vérité relève d’une stratégie de tensions qui ne peut mener, d’une manière ou d’une autre qu’à une nouvelle guerre. Là aussi, l’Union européenne reste impuissante. De leur côté, la Turquie, l’Iran et la Russie viennent d’afficher leur unité en faveur d’un « cessez le feu en Syrie », sans trop de détails notamment car ils se jalousent les zones d’influences reprises aux forces Kurdes (abandonnées par tous, malgré leur rôle essentiel face à l’État islamique).

Faut pas rêver. Contrecoups de l’exclusion des députés de la France insoumise de la marche blanche du 28 mars, suite au meurtre de Mireille Knoll, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) est apparu comme le porte-parole de la politique d’apartheid d’Israël vis-à-vis des Palestiniens. Alain Finkielkraut a regretté profondément la « profanation » du silence du deuil lors de la marche, soulignant qu’ « Il ne revient pas aux Juifs de briser l'union républicaine contre la barbarie qui les vise ». Lecteurs de Cerises, ne vous frottez pas les yeux, le Monsieur n’a pas pour autant tourné casaque concernant l’islamophobie !

Service public mon amour. Les enjeux de la lutte pour le service public du rail, de tous les services publics, fédèrent dans une "tribune unitaire" 26 personnalités de 13 formations politiques - ex-PS fondateurs de mouvements, membres de EELV, PCF, PG, LFI, NPA…, tous « disponibles pour converger tous ensemble, avec toutes celles-ceux qui le souhaitent, dans des initiatives et manifestations publiques citoyennes à large échelle, localement et nationalement, au service des mobilisations sociales et de la jeunesse. » Un pas en avant... À lire sur communistesunitaires.net.

Misère démocratique. Édouard Philippe, qui est toujours Premier ministre, même si on le l’entend pas du tout face au mouvement en cours, a présenté ce mercredi les orientations gouvernementales concernant la réforme institutionnelle. En fait, il diffère quelque peu de ses projets, visant désormais 2019. Au menu : la réduction de 30 % du nombre de parlementaires, dont 60 sur 648 devrait être élus à la proportionnelle (moins de 10 % !) ; l’interdiction du cumul de plus de trois mandats électifs (sauf pour les maires des commune de moins de 9 000 habitants). Le gouvernement a retiré du projet la limitation de nombre des amendements autorisés pour les groupes parlementaires. Par contre, le projet prévoit de casser le Conseil économique, social et environnemental (CESE), en le réduisant de moitié pour qu’il devienne une « chambre de la société civile chargée d’organiser les consultations des citoyens et des experts sur les projets d’avenir de notre pays ». Bref, refonder la démocratie reste une idée neuve !

Irresponsables. La réforme des universités (qui institue une sélection à l’entrée) et la convergence avec le mouvement des cheminots ont commencé, peut-être, à mettre le feu dans les universités. Jeudi, 12 d’entre elles étaient bloqués ou partiellement occupées, et plusieurs autres étaient susceptibles d’entrer en ébullition. Après les provocations fascistes, les violences policières innombrables - diffusées en temps réel sur les réseaux sociaux - et les attitudes provocatrices de certains présidents de fac, les tensions sont importantes. Au lieu de calmer le jeu et de faire preuve d’ouverture face à un mouvement inédit depuis des années, le gouvernement s’est satisfait de dénoncer la « volonté de s’en prendre physiquement aux personnes (qui) marque un tournant inadmissible ». Tous les ingrédients sont réunis pour que la situation se dégrade.

Répression. La ministre de la Justice, qui se nomme Nicole Belloubet (au cas où vous ne le saviez pas…), a annoncé la mise en place d’une nouvelle sanction pour usage de stupéfiant : une amende de 300 euros (au lieu de 100 euros, annoncé par le futur Président directeur général de la France lors de sa campagne électorale… c’est l’inflation !). La ministre a précisé qu’il ne s’agit pas d’une « première étape vers la dépénalisation ». Demain, les usagers revendeurs auront tout intérêt à refourguer davantage pour payer leurs dettes à l’État. On n’arrête pas le progrès !

Curiosité. Madame Hyde, film de Serge Bozon, avec Isabelle Huppert dans le rôle principal, est un film curieux. Très librement inspiré du romain L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson, son personnage de Madame Géquil, une prof de physique dans un lycée professionnel. À voir, à condition d'être ouvert-e à quelque chose de décalé et, même, d’un peu énervant au regard de sa propre manière logique de raisonner au quotidien.