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Coup de torchon

Les éboueurs et la boxe

Le Président de la République recevra-t-il les éboueurs à l’Elysée, comme Giscard à un petit-déjeuner en décembre 74 ? Mystère. Mais une chose est sûre : parmi les grèves qui montent en ce mois de germinal, le mouvement des éboueurs est grand angle. Tout sauf défensif, il porte un projet d’avenir et d’intérêt public.

Les fédérations CGT des Transports et des Services publics ont en effet lancé un appel commun à la grève dans l'ensemble de la filière environnement-déchets, « du balayeur à la collecte, au centre de tri, à l'incinérateur. » À Paris, Marseille et Montpellier, dans l'Est et le Nord de la France, les syndicats réclament la création d'un « service public national » des déchets avec un « statut unique public » pour tous les salariés. Les revendications portent aussi sur la « reconnaissance de la pénibilité » : départ anticipé à la retraite de cinq ans à taux plein, de dix ans pour les métiers insalubres (ramassage des ordures, agents de tri).

Les cheminots défendent un statut que les éboueurs n’ont pas. Ils ont raison. Qui peut penser que la dégradation du service public, l’explosion de tarifs ayant plombé l’égalité de traitement, la faiblesse de nombreux investissements, les retards à répétition sont dus au statut ? Quant à la dette, tous les plans élaborés depuis 160 ans pour obtenir des entreprises ferroviaires qu’elles la résorbent avec leurs propres forces ont échoué. Soumettre la SNCF aux lois du marché est absurde et dangereux. Il y a besoin au contraire de la libérer du collier étrangleur de la dette, au lieu de faire ressurgir les vieilles recettes du démantèlement, de la vente à la découpe et de la privatisation de ce qui rapporte. Une transformation de la SNCF doit en revanche prévoir que les tâches assumées au bénéfice de la société et des entreprises (réduction de la pollution et des coûts énergétiques, satisfaction des besoins sociaux et territoriaux, fret, mobilité des voyageurs, dont les salariés) soient compensées.

La bataille pour un service public ferroviaire novateur, de qualité et du XXIe siècle est stratégique. Sinon, nous serons comme le personnage de Tennessee Williams : des boxeurs manchots.