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Comment passer à la contre-offensive, comment être utile à ce qu'émerge une vision du monde, une aspiration à une autre organisation de la société dont le moteur ne soit pas la domination.

En la matière les communistes ont été largement copiés. Ils se sont faits parti d'avant-garde. Ils ont abandonné le mot tout en gardant la chose. Et si le reste de la gauche ne leur a pas contesté le mot, un parti de gauche a longtemps été le lieu où s'écrivait la liste des commissions autrement dit le programme électoral du parti, et depuis Mitterrand celui de l'homme qu'on s'unissait à porter au pouvoir et après,… ça sera bien !

Nous sommes au bout du bout, la blitzkrieg de Macron rend totalement caduque cette manière de faire de la politique. Je suis de ces communistes qui ont longtemps roulé dans leur bouche comme une patate chaude, la définition même du communisme : "le mouvement réel qui abolit l'état actuel". Une fois ceci posé dans la réunion, restait à débattre de la ligne sans obligation d'approbation puisque de toute façon on se retrouvait unis et solidaires dans la répartition des tâches. Le mouvement réel n'avait qu'à bien se tenir.

Qu'est-ce donc aujourd'hui que le mouvement réel qui abolit l'état actuel. Je l'entends comme non pas les traces de l'action militante, mais comme le battement, la tonalité de ce qui chez nous, les gens du commun, passe d'un état à un autre à l'égard de la domination qui nous empêche de vivre nos vies. On peut le dire plus simplement quant à la domination, c'est ce qui bouge, ce qui fait que maintenant ça n'est plus tout à fait comme tout à l'heure. Au moment où les syndicats cherchent l'efficacité, avons-nous quelque chose de cet ordre sur le champ de bataille ? Oui !

En a-t-on fini de rouler pour un homme parce qu'il est le meilleur ? Macron est en train de griller cette posture-là pour lui-même et pour les candidats au remplacement. Alors on s'unit ? C'est en train de se faire. Je lis par exemple avec bonheur sur le site des événements de France Insoumise que les amis de Gennevilliers invitent ainsi à prendre part aux luttes : « Insoumis-es, coco-e-s, Ensembliers, sans partis, de gauche quoi !!! Venez comme vous êtes, avec un truc à manger ou à boire, pour un peu de politique festive, pour se préparer aux prochaines luttes, ensemble!!! ».

Décidément, non, s'unir n'est pas un effort des uns envers les autres mais s'unir advient quand l'objectif se précise

S'unir n'est pas l'observance d'une morale du bien, même si ça ne fait pas de mal. Mais s'unir, c'est percevoir que ce pourquoi on se bat intéresse toute la société. La société s'unit lorsque ses membres perçoivent individuellement et collectivement qu'ils peuvent aboutir. L'union n'est pas le moyen de cette perception elle en est la conséquence. Décidément, non, s'unir n'est pas un effort des uns envers les autres mais s'unir advient quand l'objectif se précise et que l'on sent dans sa tête et dans ses tripes que ce dont on rêve pour soi est d'emblée partagé par les autres. Ainsi s'unir n'est pas une directive venue d'en haut, c'est le mouvement réel qui abolit l'état actuel.

Alors comment passer à la contre-offensive ? En chérissant ce qui bouge, en en faisant l'exacte mesure des actions à mener, pour que ce qui bouge, pas plus gros qu'une tête d'épingle, ose rivaliser avec la montagne.