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Cocktail du 23 mars 2018

Tortures. ''Bonne nouvelle'', le nouveau directeur de la CIA est une directrice. Mauvaise nouvelle : il s'agit de Gina Haspel, une ancienne espionne impliquée dans les opérations clandestines des services américains. Et connue pour avoir soutenu voire organisé les actes de tortures sur des suspects après les attentats du 11 septembre 2001. Réagissant à cette nomination, le sénateur républicain John McCain a demandé que « Gina Haspel explique la nature et l'étendue de sa participation au programme d'interrogatoires de la CIA ».

Peine de mort. Face à la multiplication des overdoses aux États-Unis, qui constitue une véritable crise de santé publique, Donald Trump envisage de punir de la peine de mort certains dealers. Entre de modestes annonces préventives comme la mise à disposition dans les établissements scolaires de traitement d'urgence en cas d'overdose, il a surtout souligné que « la fermeté est ce qui leur fait le plus peur. Il ne s'agit plus d'être gentil ». Cette guerre à la drogue cent fois proclamée est dénoncée par les associations : « La peine de mort ou les lourdes condamnations n'ont jamais eu d'effets dissuasifs sur l'addiction et le trafic de drogue. On le sait d'expérience, parce que nos lois sont déjà très dures et n'ont jamais stoppé ou même réduit le trafic. C'est même l'inverse : en criminalisant la drogue aux États-Unis, on pousse les usagers dans la clandestinité et à adopter des comportements plus risqués, et il est encore plus difficile de les soigner ».

Assassinat. À la suite de l'assassinat de Marielle Franco, figure de la gauche brésilienne, militante féministe et considérée comme l'une des porte-voix des minorités, le Brésil est en ébullition. Une grande marche a eu lieu mardi 20 mars à Rio, ainsi que de nombreuses manifestations. Cette mobilisation intervient dans un contexte politique particulièrement conflictuel et dans une situation sociale marquée par de nombreuses violences. L'enquête a d'ores et déjà montré que les balles ayant servi au meurtre ont fait parti des stocks de munition de la police. Si le gouvernement brésilien a affirmé qu'elles avaient été volées à la police il y a plusieurs années, l'implication de policiers dans ce vol aurait aussi été constatée à l'époque. L’ONG Human Rights Watch dénonce le climat de quasi-impunité qui règne dans le pays et « l’échec du système de sécurité publique ».

Génocide. La Turquie poursuit sa guerre contre les Kurdes, appelée cyniquement ''opération Rameau d'olivier''. Aidée par des milices djihadistes (issue notamment de l’État islamique), elle a pris le contrôle d’Afrin. Erdogan, le sultan de pacotille, a pu s’en glorifier à l'occasion du103e anniversaire de la victoire des troupes ottomanes sur les forces alliées lors de la bataille de Gallipoli en 1915. Quelle gloire, en effet, de massacrer les forces qui ont joué un rôle décisif pour défaire Daesh ! Ces derniers jours, des centaines de milliers de civils ont fui la ville, dans des conditions humanitaires catastrophiques. Du côté des forces kurdes, un changement de stratégie a été annoncé. Reste deux gros points d'interrogation : comment les 15 millions de Kurdes habitants en Turquie, sur 70 millions d'habitants, vont-ils réagir ? Comment l’Union européenne va-t-elle réagir aux nouveaux propos d’Erdogan, annonçant que « les opérations vont continuer pour nettoyer les explosifs et les rebuts de l’épée », expression ignoble utilisée au sujet des Arméniens survivant du génocide commis entre 1915 et 1917 ?

Machette. La vérité sur le rôle de la France dans le génocide rwandais de 1994 finira-t-elle par s'imposer ? L'enquête judiciaire en cours, en France, pour complicité de génocide et complicité de crime contre l’Humanité se poursuit. Armement du régime, formation des troupes d'élite du pays alors même que des massacres de Tutsis avaient déjà eu lieu dans les années 90, laisser-faire lorsque les massacres ont commencé…, la responsabilité de la France, et notamment de l'Elysée, est directement en cause. Sans parler du fait, prouvé, que certains commanditaires et auteurs du génocide se sont réfugiés en France les années suivantes. Notons que les faits de crimes contre l’humanité ou de génocide sont imprescriptibles et que les responsables français de l'époque pourraient donc être inquiétés… si l'enquête aboutit. Mitterrandisme, le temps des soldes est venu !

Descente aux enfers. Après avoir été placé en garde à vue 48 heures - mais, nous sommes rassurés , avec le droit de rentrer dormir chez lui -, Nicolas Sarkozy vient d’être mis en examen pour le financement présumé de sa campagne électorale de 2007 par la Libye de Khadafi. Plusieurs millions d'euros (en liquide !) auraient ainsi été remis à l'équipe de campagne du Président français. Les journalistes spécialisés constatent par ailleurs les décès, « dans des circonstances troubles » de certains protagonistes du dossier. Sarkozy et ses proches (de moins en moins nombreux) contestent toutes les accusations formulées à leur encontre. Sarkozisme, le temps des soldes est venu !

Grève et barrages. La situation politique est critique à Mayotte, où les représentants de l'intersyndicale et les collectifs dénoncent l'incurie du gouvernement. Pour mémoire, le département d'Outre-mer est confronté à une situation sociale dramatique et à de lourds problèmes de sécurité, liés notamment à l'afflux de réfugiés des pays alentours. Outre les risques de violences entre les communautés, la possibilité d'une grave crise sanitaire est évoquée. De fait, depuis la départementalisation du territoire, adoptée en 2011, les évolutions économiques promises, notamment pour rapprocher les droits sociaux de ceux des métropolitains, n'ont pas eu lieu.

Piteux. Résultat du premier tour de l'élection législative partielle qui se déroulait dimanche dernier à Montargis : le second tour opposera le candidat Les Républicains (38 %) au candidat En Marche (20 %). À gauche, le PCF a obtenu près de 6 % des exprimés et la France insoumise moins de 5 %. Pourquoi s'allier quand on peut faire moins ?

Exclusion. Renforcer les contrôles des demandeurs d'emploi, voilà le grand projet du ministère du Travail, qui entend ainsi mettre en œuvre l’une des promesses de campagne d'Emmanuel Macron. Ce sera l'objet d'un projet de loi, nommé sans rire ''Projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel''. Au menu, la ''mise en cohérence'' des sanctions contre les chômeurs qui ne se présentent pas aux rendez-vous à Pôle Emploi, le renforcement des punitions pour les chômeurs qui ne cherchent pas « assez activement » un emploi. Peines plus sévères, plus longues et plus lourdes sont à l'ordre du jour, avec surtout la volonté de rendre « pleinement applicable » la notion d'« offre raisonnable » d'emploi, dans le but de radier un chômeur qui aurait décliné deux propositions d’emplois.

Gratuité. Anne Hidalgo souhaite la gratuité des transports publics à Paris, et une étude va être lancée pour envisager les conditions d'une telle réforme. L'enjeu est à la fois social et écologique. Il est aussi financier, dans la mesure où la contribution financière des usagers au financement des transports en commun représente 3,8 milliards d'euros annuels. Il s’agit donc de trouver un modèle économique, qui sera probablement différent de celui des villes moyennes qui, ces dernières années, ont mis en place la gratuité des transports en commun (Aubagne, Castres, Deux-Sèvres, Dunkerque, Libourne, Niort...). Sans attendre, le Conseil de Paris vient d'adopter la gratuité des pass Navigo pour les plus de 65 ans (sous condition de ressources), qui devrait concerner 200 000 Parisiens, ainsi que la même mesure pour les 20 000 bénéficiaires de l'allocation adulte handicapée. La gratuité des services publics est une idée neuve !

Islamophobie (suite). Dans un appel alarmiste publié par Le Figaro, 100 personnalités – parmi lesquelles Alain Finkielkraut, Bernard Kouchner, Luc Ferry, Françoise Laborde ou encore Élisabeth Lévy - ont lancé cette semaine un appel contre le « totalitarisme » et le « séparatisme islamique ». Ils partagent le « sentiment qu’un danger menace la liberté en général et pas seulement la liberté de penser », alors que le « nouveau totalitarisme islamiste cherche à gagner du terrain par tous les moyens et à passer pour une victime de l’intolérance ». Dans une tribune publiée par L’Humanité (ici) Pierre Laurent souligne : « nous combattrons sans relâche ceux qui veulent faire du judaïsme ou de l’islam, l’un et l’autre, ou de toute autre religion, des soi-disant ‘‘corps étrangers’’. (…) Nous refusons toute banalisation de l’antisémitisme, de la haine de l’islam ou de toute croyance, de toute culture ou origine, comme nous refusons de hiérarchiser les racismes, xénophobies, atteintes à la dignité, les discriminations dont chacune et chacun d’entre nous peut être la cible ».

Justice. Si l’on peut, il faut suivre au quotidien, sur lefigaro.fr, le procès des militants de Tarnac, un groupe de huit militants libertaires poursuivis pour la dégradation présumée d'une ligne SNCF en novembre 2008. Le site suit le procès en direct, et l’on voit se déliter les accusations policières, sur fond d’éléments à charge douteux (PV incomplets, témoins flous, preuves manquantes…). S’agissant de la période où l’affaire était traitée comme une affaire terroriste, Le Figaro écrit : « Plus le temps passe, plus l'instruction semble fragile et bancale. On découvre ainsi que les enquêteurs ont parfois pris des libertés avec la légalité. Les critiques pleuvent dans la presse et finissent par avoir raison du juge antiterroriste qui a porté le dossier ». Après l’abandon de la qualification de ‘‘terroriste’’ en 2015, l’affaire est ainsi passé de la Cour d’assises spéciale à un tribunal correctionnel. On se demande maintenant si, par hasard, les prévenus ne seraient pas en route vers un acquittement.