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Cocktail du 9 mars 2018

Honte continue. Après avoir écrasé sous les bombes les 400 000 civils de la région de la Ghouta, proche de Damas, le régime syrien et ses amis ont déclenché une attaque terrestre dans le but de la reconquérir entièrement. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, 900 civils dont 152 enfants ont été tués depuis le 18 février. L’opération humanitaire censée avoir lieu à la suite du cessez le feu annoncé par la Russie n’a pas été concrétisée - un seul convoi a fini par passer, à l’heure où ces lignes sont écrites -, et les habitants ne disposent plus des infrastructures pour se soigner ni de médicaments. L’ONU exprime, en flux continu, sa grave préoccupation, restant entièrement neutralisée par les intérêts géopolitiques des grandes puissances. Un autre ordre mondial est possible !

Miracle allemand. On apprenait, dimanche 4 mars, que les adhérents du SPD ont décidé très majoritairement de participer à la grande coalition avec la CDU, sous la direction d’Angela Merkel. La veille, on lisait que le nombre de personnes vivant en situation de pauvreté, c’est-à-dire avec un revenu inférieur à 60 % du revenu médian, était de 12,5 millions. Ce qui représente 16 % de la population. Non seulement les statistiques s’aggravent, mais les inégalités entre les riches et les pauvres s’accentuent, de même que les écarts géographiques.

Pré-chaos. Affaiblissement des grands partis allemands, montée en puissance de l'extrême-droite dans de nombreux pays de l'est de l'Europe, score record des forces d'extrême-droite (l'ancienne Ligue du nord totalisant avec les radicaux de Frères d'Italie près de 22 % des voix) en Italie… le moins qu'on puisse dire, c'est que l'Union européenne est en crise. Panne de projet, incapacité à se sortir du credo néolibéral, guerre commerciale en vue avec les États-Unis de Trump… tous les ingrédients se réunissent sous nos yeux pour nous emmener au chaos. Rien de plus urgent, aujourd'hui, que la clarté d'un projet populaire qui ne verse pas, comme le Mouvement 5 étoiles, dans la démagogie (sur le dos des migrants et de l'immigration) et qui rompt dans le même temps avec la gauche d'accommodement, en ruine. Qu'on se le dise !

L’émancipation au coeur. Dulcie September, représentante en France du Congrès national sud-africain (ANC), fut assassinée à Paris il y a 30 ans. Nelson Mandela était venu à Arcueil en 1994 lui rendre hommage. La ville d'Arcueil commémore ces deux militants de l’émancipation : un hommage conséquent et diversifié qui associe jusqu’en décembre militants, artistes, élèves qui ont participé tout au long des années au combat contre l'Apartheid. Plus sur communistesunitaires.net.

En retard. Lorsque le groupe France Insoumise a présenté, à l’Assemblée nationale, une proposition de loi pour le droit de mourir dans la dignité, il n’a trouvé aucun député de la majorité pour soutenir ne serait-ce que l’idée d’un débat sur le sujet. La proposition n’a même pas été discutée : circulez, ‘y a rien à voir ! Et voilà que quelques semaines plus tard, 156 députés lancent un appel à légiférer en 2018 pour donner aux malades en fin de vie « la libre disposition de leur corps et de leur destin » : « Le choix de la personne doit pouvoir être respecté, quand il est libre, éclairé, soumis à nulle contrainte ou dépression, exprimé de façon réitérée, et que des médecins ont confirmé l'impasse thérapeutique ». Mieux vaut tard que jamais ? Cela permet surtout d’occuper le terrain. Malheureusement, le gouvernement a fait savoir qu’il n’est pas pressé.

Grève. Le 22 mars prochain pourrait bien être le début d'une mobilisation de grande ampleur. Sept fédérations de fonctionnaires (CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires) appellent ce jour là à la grève et à des manifestations. Au menu de la mobilisation, l'exigence d'une négociation salariale immédiate, l'arrêt des suppressions d'emplois et les créations statutaires dans les nombreux services qui en ont besoin, la proposition d'un nouveau plan de titularisation des contractuels, l’exigence du respect de l'égalité professionnelle, l'abrogation du jour de carence, la défense et la pérennisation du système de retraite par répartition et des régimes particuliers et, plus largement la défense du statut général des fonctionnaires et des statuts particuliers. Rien que tout ça...

Campagne. La CGT développe actuellement une campagne contre le racisme et les idées d’extrême-droite. Un kit vient ainsi d’être édité, qui souligne que si le racisme s’identifie souvent aux discriminations à l’embauche, aux contrôles au faciès ou aux agressions, il est aussi celui des blagues, des petites phrases qui blessent et « qui dressent des frontières invisibles mais profondes entre les salariés ». Plus d’infos, ici.

Espoir. La première convention nationale sur l’accueil et les migrations s’est tenue les 1er et 2 mars à Grande-Synthe, en présence d’élus, d’acteurs associatifs et de professionnels désireux de jeter des ponts entre les initiatives locales. 800 personnes ont participé à des ateliers et des tables rondes, dont un seul maire d’une des 10 plus grandes villes de France, Éric Piolle (Grenoble, EELV). Le maire (EELV) de Grande Synthe, Damien Carême, a pointé qu’« Il y a quelque chose qui bouge dans l’opinion. Un mouvement qui à terme doit obliger l'État à prendre sa part dans le processus d’accueil », tandis que Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine (PCF), a souligné en substance que les villes ne peuvent pas remplacer l’État mais qu’elles doivent le mettre sous pression. Fin mai prochain aura lieu un nouveau rendez-vous, la restitution des états généraux des migrations, résultat d’une année de concertation en vue de la construction d’un réseau… loin du tout répressif gouvernemental.

Pleurnicheries. Dans un de ces éditoriaux dont il a le secret, non signé comme d’hab, Le Monde stigmatise la « guerre aux médias » déclarée par Mélenchon, Le Pen et Wauquiez. Après avoir distribué les baffes à chacun d’entre eux, le quotidien du soir en vient à l’essentiel : « Affligeant constat. Non que les médias soient au-dessus de tout reproche. Qui peut y prétendre ? Mais cela ne saurait justifier de passer par pertes et profits la mission permanente à laquelle ils s’emploient : informer scrupuleusement, enquêter solidement, raconter honnêtement, décrypter aussi intelligemment que possible la réalité, au service de leurs lecteurs ou auditeurs. Bref, transmettre la culture, nourrir la lucidité des citoyens ». Et d’en venir à l’inquiétante comparaison avec les pays où la presse reste muselée, censurée… Critiquer les médias serait le « symptôme d’une démocratie défaillante/ ». Ce qui est surtout défaillant, c’est le déni de la médiocrité et de la dépendance du journalisme à l’égard des puissants et de l’idéologie dominante.

Confidentiel ? Le Média connait une bien mauvaise passe. Départ forcé d’Aude Rossigneux, départ décidé de Noël Mamère, polémique sur la position de Claude El Khal concernant le conflit syrien… ça fait beaucoup ! Le retrait de dix des personnalités qui avaient soutenu l’initiative au démarrage a de quoi nous inquiéter : car l’avocat Antoine Comte, l’écrivain Gérard Mordillat, le comédien François Morel ou le médecin urgentiste Patrick Pelloux ne sont pas soupçonnables d’être devenus des adversaires de l’émancipation. Les argumentaires adressés aux réseaux des soutiens au Média, les 15 000 socios, sont classés "confidentiels, ne pas diffuser". C’est assez éloigné, tout de même, de l’idée que l’on se fait de la circulation de l’info dans le monde d’aujourd’hui.

Politiser. Dans Le Monde Diplomatique de mars (en kiosque), plusieurs articles fort intéressants. Ainsi, sous le titre "Politiser les colères du quotidien", Clément Petitjean évoque l’engouement pour les nouvelles formes de luttes sociales au sein des classes populaires : celles qui favorisent l’auto-organisation citoyenne locale, renforçant la capacité d’agir et visant des victoires sur des sujets concrets. Il en évoque aussi les limites, en particulier leur caractère relativement inoffensif pour le système économique et l’État, et le problème non résolu de la représentation politique. Bien d’autres contributions sont à lire, dont les titres eux-mêmes pourraient bien allécher les lecteurs de Cerises : "La médicalisation de l’expérience humaine", "Ce que la bataille culturelle n’est pas" (par Razmig Keucheyan) ou encore "Place Tahir : sept ans après la révolution".

Légende ...
Légende ...
Révolution. A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Karl Marx, L’Humanité publie un superbe numéro hors-série. Intitulé ‘‘Marx, le coup de jeune’’, il raconte le philosophe, sa vie et ses combats, et, en même temps, ses idées et son œuvre ; il présente l’actualité de Marx pour orienter la réflexion et l’action d’aujourd’hui. Parmi les contributeurs : Raymond Huard, Lucien Sève, Raoul Peck, Etienne Balibar, Claude Morilhat, Franck Fischbach, Michaël Löwy, Emmanuel Renault etc. En prime : le Manifeste du Parti Communiste. Le tout vaut bien ses 10 € !

Coups de poing. À côté de 120 battements par minute (meilleur film) consacré à la lutte d'Act Up face au sida, I Am Not Your Negro, du réalisateur haïtien Raoul Peck, a remporté le César du meilleur documentaire. Le film est consacré à James Baldwin et à la construction sociale et idéologique du racisme. Deux films, deux luttes qui ont bousculé les idées reçues. Même dans le monde des paillettes, ça bouge !