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Dégagisme à l’Italienne

Et maintenant l’Italie ! Le puissant rejet des partis dits de l’establishment, droite parlementaire et social-démocratie, commun à toutes les démocraties occidentales, se poursuit élection après élection. Le fond est le même, mais les formes, elles, diffèrent, et ce n’est pas peu de choses. Les États-Uniens ont élu Trump, les Britanniques ont voté pour le Brexit, les Allemands, sous la pression de l’AFD, ont laborieusement reconduit une grande coalition, plus faible que jamais, et l’Autriche a carrément basculé à l’extrême-droite. En attendant de donner, un jour peut-être, le meilleur, ce "dégagisme" donne le pire. Et sur cette palette très brune, l’Italie se situe depuis dimanche du côté le plus obscur de la force. La troisième économie de l’Union européenne a voté massivement pour un mouvement populiste idéologiquement aussi instable qu’inquiétant, le Mouvement Cinq étoile (M5S), qui a recueilli 32 %. Plus effrayant encore, ce M5S est suivi par la Ligue (ex du Nord), dirigée par des héritiers pas toujours honteux de Mussolini. Ironie de l’Histoire, le M5S risque de devoir se tourner pour obtenir une majorité vers une social-démocratie laminée à moins de 19 %.

Malheureusement, ce "dégagisme" à l’Italienne ne résulte pas seulement d’une violente critique d’un néolibéralisme qui ne cesse d’aggraver les inégalités. On pourrait alors s’en féliciter. Il exhale aussi une très forte odeur de racisme anti-migrants. Hors l’aspect fascisant de cette composante du vote du 4 mars, il faut voir, là encore, le bilan désastreux de l’Union européenne. L’Italie a dû accueillir quelque 700 000 migrants depuis 2013, du seul fait de sa situation géographique, sans recevoir jamais l’aide des pays de l’Union, et notamment de la France qui ne cesse de repousser ces êtres en perdition hors de ses frontières. On peut évidemment s’indigner d’un point de vue moral de l’idéologie xénophobe du mouvement de Beppe Grillo, l’ex-comique qui a fondé M5S, et du racisme assumé de la Ligue, mais c’est en vérité le bilan de l’Union européenne qui est en cause. On nous a longtemps "vendu" cette Europe comme un rempart à la guerre. Mais quel autre genre de guerre elle nous prépare ? Quant à la France, dans ce climat de "dégagisme", elle suit un chemin singulier. Son président, Emmanuel Macron, a réussi à se donner des allures de neuf en recyclant des lambeaux de partis traditionnels. Pour un temps. L’Italie, elle, est au bord du chaos.