Qui sommes-nous ? Charte du site Participer S'abonner Soutenir Liens

Appel

Sur le plateau

Rubriques

Altercommunisme

Altercommunistes

Séquences

Cerises

Sélection

Imprimer cet article

Cuisine alternative

Je suis cheminot-e

Menant ses réformes au pas de charge, Macron s’en prend à la SNCF. Après une première pseudo-consultation, le Premier ministre annonce qu’il aura recours aux ordonnances pour valider la réforme dont les contenus dont les grandes lignes sont connues : remise en question du statut des cheminots, ouverture du transport des voyageurs à la concurrence, transformation de la SNCF en société anonyme, fermetures de lignes, désengagement de l’État…

Aller vite pour empêcher toute mobilisation, c’est la stratégie du choc. Mais le gouvernement Macron pourrait bien cette fois tomber sur un os. L’unité syndicale s’est reconstruite. La CGT et Sud Rail ont bien l’intention d’en découdre. Les voilà d’ailleurs accusés de vouloir bloquer le pays.

L’artillerie lourde est de sortie : le rapport Spinetta dresse un bilan catastrophique de l’entreprise, le transport ferroviaire coûterait plus de 200 euros par an à tous les Français qu’ils prennent ou non le train (d’autres chiffres ont circulé !), tous les grands éditorialistes de Calvi à Pujadas en passant par Toussaint (voir Télérama) renchérissent et approuvent l’esprit réformateur du Président de la République, un sondage affirme que les Français veulent en finir avec le statut des cheminots !

A télécharger sur communistesunitaires.net
A télécharger sur communistesunitaires.net

Les difficultés du service public ferroviaire et le démantèlement de la SNCF ne datent pas d’hier. Pendant 20 ans les législations européennes et les "paquets ferroviaires" se sont succédés. Directement inspirés de la logique de concurrence libre et non faussée, ils ont imposé la séparation entre les gestionnaires d’infrastructures et les entreprises ferroviaires. C’est ce qui a facilité la mise en concurrence du fret ferroviaire, c’est ce qui devrait faciliter la mise en concurrence des entreprises de transport de voyageurs si on ne stoppe pas les projets gouvernementaux. Les mêmes logiques sont à l’œuvre dans le domaine des télécommunications ou de l’énergie. Les grandes entreprises publiques sont scindées, une part importante de leur activité est confiée à une multitude de filiales dont les salariés ont des statuts moins favorables que celui de la maison mère, les filiales sont mises en concurrence, la logique d’accumulation des profits prend le pas sur la logique d’égalité d’accès sur l’ensemble du territoire, d’égalité de tarif, et la qualité du service et la sécurité sont remises en cause. Pour le fret ferroviaire, le bilan est catastrophique puisque sa part a diminué au profit du transport routier.

Cloisonner les services, supprimer les effectifs, développer la sous-traitance, c’est contradictoire avec une bonne organisation du travail. Il faut revenir à un grand service public national, où cheminots et usagers devront peser sur les décisions stratégiques, et promouvoir des relations de coopération entre les entreprises ferroviaires européennes. Pour le développer, l’investissement public est nécessaire, comme pour les routes, ou les transports urbains où le prix du billet ne représente qu’une part souvent très réduite du financement, quand elle ne représente rien dans les villes qui ont choisi la gratuité. Parler de dette du service public ferroviaire est insensé. Tout le monde ne prend pas le bus, et tout le monde ne prend pas le train, mais l’enjeu, c’est que de plus en plus de voyageurs prennent les transports collectifs, l’avenir de la planète en dépend.

Enfin, défendre le statut des cheminots, ce n’est pas défendre le privilège de quelques-uns contre tous, c’est défendre un droit à pension similaire à celui des fonctionnaires. Si l’on ne veut pas que les digues s’effondrent les unes après les autres, mieux vaut être solidaires des cheminots et revendiquer les mêmes droits à pension pour toutes et tous, y compris pour les agriculteurs!

Je suis cheminot-e, mais aussi infirmier-e, enseignant-e, postier-e, électricien-ne, étudiant-e, caissier-ère, mécanicien-ne, chercheur-se …