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Cocktail du 23 février 2018

Je suis ghouta ! Avec le soutien de l’aviation de Vladimir Poutine, Assad-le-boucher procède actuellement à des bombardements massifs dans la Ghouta orientale, région antigouvernementale située en périphérie de Damas (Syrie). 400 000 personnes sont prises au piège, et des centaines de morts civils, dont de nombreux enfants, sont d’ores-et-déjà recensés par les organisations humanitaires et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Les hôpitaux et les centres de soin eux-mêmes sont visés, comme pour signifier qu’il s’agit là d’anéantir la population. Nettoyage ethnique, massacres, autre Srebrenica, crime de guerre… les alertes internationales se sont multipliées ces derniers jours, les États seuls à même d’obliger le régime syrien et son allié russe à arrêter le carnage se contentant jusqu’à présent de déplorer les violences. Jusqu’à quand ?

Cynisme. Erdogan a engagé une nouvelle surenchère guerrière contre les Kurdes, dans l’enclave d’Afrin située au nord-ouest de la Syrie, afin d’empêcher coûte que coûte le maintien durable dans cette région de l’autonomie politique et militaire des Kurdes. Cela a pour effet que les Kurdes reçoivent le soutien d’Assad, le boucher syrien, désireux de contrecarrer l’influence turque. Assad a ainsi commencé, au début de cette semaine, à bombarder l’armée turque et ses alliés. C’est bien sûr le triomphe du cynisme en géopolitique ; mais que peuvent-ils faire, ces ennemis de Daesh qui ont eu le soutien américain tant qu’ils servaient les intérêts géostratégiques US et qui maintenant sont abandonnés ?

Corruption. Alors que la police israélienne vient de recommander la mise en examen de Benyamin Nétanyahou, pour des affaires gravissimes de commissions occultes sur l’achat de sous-marins allemands, de nouveaux dossiers sortent dans la presse. Mouillant des proches du Premier ministre, ce sont des affaires de corruption, de promesses de dérégulation du secteur de la presse, en échange d’une couverture médiatique favorable de la part des principaux opérateurs de télécommunications, et aussi de promotions de hauts fonctionnaires en échange de l’enterrement de certaine enquêtes. Les manifestations se multiplient dans le pays, et près de la moitié des Israéliens souhaitent désormais le départ de Nétanyahou. Ça sent le roussi, mais qui tirent les ficelles ?

Un tournant ? L’histoire semble s’accélérer en Afrique du Sud. Après la démission de Jacob Zuma, le nouveau Président sud-africain, Cyril Ramaphosa, vient d’annoncer lors de son discours sur l'état de la Nation un plan d'urgence. Outre l’intensification des enquêtes pour rompre avec la corruption d’État, il a évoqué le développement de la redistribution des terres et l'introduction d'un salaire minimum de 244 euros dès le mois de mai. À suivre de près, tant l’ANC est tiraillée entre le peuple et les démons de son institutionnalisation.

Pétaudière. Moins d’une semaine après la fusillade dans un lycée de Parkland (Floride), Donald Trump a été mis sur la défensive par la mobilisation de nombreux jeunes Américains, qui dénoncent la libre circulation des armes dans le pays, et aussi la dépendance des politiques, notamment du Parti conservateur, vis-à-vis du lobby des armes, la National Rifle Association (NRA). Plutôt que de s’attaquer au problème, le Président américain envisage de demander l’interdiction des mécanismes permettant à un fusil de tirer en rafales. Il évoque la mise en place d’un âge minimum pour l’acquisition d’armes semi-automatiques à grande capacité. Et il envisage même un renforcement des contrôles des porteurs d’armes, notamment l’examen de leurs antécédents. Ainsi, les plus zinzins seront peut-être, à l’avenir, priés de se replier sur les carabines, fusils et simples pétards : (pas) de quoi décevoir les amateurs de feu d’artifice !

Budget atomique. L’austérité, c’est pas pour l’armée ! 37 milliards pour son armement nucléaire, c’est ce qu’Emmanuel Macron prévoit de consacrer, sur la période 2019-2025, à la modernisation de son arsenal. Sous-marins, systèmes porteurs de missile… le projet de Loi de programmation militaire (LPM) prévoit ainsi une hausse de 60 % des dépenses par rapport à la précédente. Ainsi, la France reste (à) droite dans ses bottes (et ses treillis), alors même que 122 États ont adopté en juillet dernier un Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (lire l’article de Bastamag, ici).

Hypocrisie. Que répond la députée Marie Guévenoux (En Marche) quand on lui demande ce qui motive la loi ‘‘pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif’’ ? Qu’on « a de très mauvais indicateurs (…) à la fois en matière d’accueil des demandeurs d’asile - quatorze mois en moyenne pour examiner une demande d’asile, c’est beaucoup trop -, des résultats peu satisfaisants sur la politique d’intégration et une politique d’éloignement qui, elle aussi, apparait peu efficace – 15 % réellement effectués ». Réduire les délais de prise en compte des demandes d’asile impliquerait des moyens pour qu’il ne s’agisse pas de développer un système de refus automatique des demandes, sur la base de dossiers que les demandeurs n’auront pas eu le temps de comprendre et de constituer. Mais, surtout, le vrai sujet concerne le nombre de personnes qui seront accueillies à l’avenir. En 2016, la France a accueilli au titre de sa politique humanitaire 29 000 réfugiés, contre 400 000 en Allemagne. Loin d’une révision de la politique française en la matière, le principal objectif gouvernemental est de développer les procédures d’éloignement des personnes. Et s’y ajoute la volonté d’étendre la durée maximale de la rétention de 45 jours à 90 jours, voire jusqu’à 135 jours, alors même que la France est régulièrement critiquée pour cette privation de liberté.

Désobéissance. Dans une lettre ouverte, un collectif de personnalités du monde des arts et de la culture vient d’interpeller la ministère de la culture, Françoise Nyssen, concernant le sort des exilés. Ils y exposent le sens de leur engagement auprès d’eux. Extraits : « Aujourd’hui il ne s’agit pas de faire des ateliers de théâtre ou de dessin. Aujourd’hui, Madame la ministre, nous luttons contre les pouvoirs publics, contre les injonctions et les blocages kafkaïens des administrations, contre les contrôles, contre les refus de protection des mineur.e.s, contre les violences policières. Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans l’obligation morale de désobéir pour compenser l’indignité d’une politique migratoire parmi les plus inhumaines de notre histoire contemporaine. (…) Aujourd’hui nous sommes devenu.e.s, ou nous allons devenir, par la force des choses, coupables de délit de solidarité, nous sommes passibles de sanctions pour aider, soutenir, de toutes les manières possibles, des gens en souffrance qui sont pourchassés de manière inique par l’État français ». Le texte intégral et la liste des signataires sont ici.

Immortelle. Le Président directeur général de la France avait annoncé que Simone Veil, décédée en 30 juin dernier, allait entrer au Panthéon ; ce sera pour le 1er juillet prochain. C’est l’hommage républicain à cette femme, survivante de l’extermination, féministe et, en particulier, auteure de la loi légalisant l’interruption volontaire de grossesse. Profitons en pour faire le point : le Panthéon compte seulement 4 femmes sur 76 Immortels (comme on dit) : Sophie Berthelot, comme scientifique et épouse du chimiste Marcellin Berthelot, la physicienne Marie Curie, la résistance Germaine Tillion et la résistante et militante contre la pauvreté Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Au rythme actuel, la parité sera atteinte… d’ici quelques siècles !

Périphérique. Très médiatisée, l’opération de comptage des sans-abris a permis d’en dénombrer 3 000, selon la Mairie de Paris. C’est un peu plus (lol) que le dénombrement du gouvernement, qui estimait leur nombre à 50. Cependant, il conviendrait, comme pour les sondages, d’estimer le nombre d’ignorés. Et surtout, il pourrait être envisager d’estimer aussi le nombre de sans-abris dans la Région Île-de-France, voire au niveau national. Ainsi, on aurait confirmation que des dizaines de milliers de personnes sont sans abri dans notre beau pays. Complétons : en général, elles font partie des 9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Et donc ?

Autisme institutionnel. La Haute Autorité de santé vient de publier de nouvelles recommandation concernant la prise en charge de l’autisme, soulignant l’urgence de « favoriser un diagnostic précoce » afin de permettre une prise en charge rapide des enfants concernés. Petit problème : les délais actuels entre diagnostic et suivi sont considérables, plusieurs mois aussi bien au sein des CMPP comme des centres ressources autisme (CRA). L’institution publique constate aussi la détérioration des conditions de vie des personnes adultes autistes car « l’offre d’accompagnement des adultes autistes est moins développée et structurée que pour l’enfant ». Ainsi, il faudrait tout à la fois favoriser l’accompagnement des personnes autistes à domicile et développer l’offre en institutions spécialisées. À part ça, on attend qu’un ministre nous dise que tout ceci n’est pas un problème de moyens…

Censure. Sortie dans une quarantaine de salles ce mercredi, L’Insoumis, documentaire de Gilles Perret sur Jean-Luc Mélenchon, est absent de plusieurs salles (dont les salles MK2), et même de certaines qui l’avaient pourtant programmé. Jean Mizrahi, propriétaire du cinéma d’art et essai les Variétés, à Marseille, a justifié la censure en expliquant que le film « ne prend aucune distance vis-à-vis de son sujet, mais constitue plutôt un panégyrique ».

Rencontre. Écrire, résister, créer : ça se passe le 26 février à partir de 18h45 à Paris 3e, mais l’auteur est disponible pour des initiatives ou des débats autour de ce roman ou de ses thèmes. Cerises lui transmettra vos propositions.

Héritage. À la suite des affrontements intra-familiaux de la famille Halliday et dans un esprit de promotion de la paix et de justice sociale, Cerises propose que la fortune de Johnny soit consacrée à des initiatives de solidarité envers les migrants, de lutte contre la pauvreté et de promotion de la culture. Nous n’oublions pas en effet que le titre de l’une des grandes chansons de Jean-Philippe Smet, quand il était jeune, a été : ‘‘Je suis né dans la rue’’…