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Qui a peur d’une GPA altruiste et encadrée par la loi ?

La gestation pour autrui (GPA) mérite un vrai débat. De quoi parle-t-on ? De la possibilité, pour des parents intentionnels, de recourir à une femme gestatrice. Assimiler, par principe, cette possibilité à une marchandisation du corps et opposer les droits de l’enfant à un pseudo "droit à l’enfant" relève de la caricature.

D’abord, le désir d’enfant, le souhait d’assumer un lien parental et une filiation n’ont rien d’illégitime. Cette aspiration n’est nullement contradictoire, au contraire, avec la volonté de veiller à la qualité de vie de l’enfant né d’une mère porteuse (comme pour tout enfant). Ensuite, une gestation pour autrui altruiste est tout à fait crédible. Et réduire la GPA à une inévitable exploitation de femmes pauvres par des riches relève du fantasme, que démentent les associations1. S’agissant de lutte des classes, on peut d’ailleurs inverser le raisonnement : en l’absence de loi, ce sont toujours les plus pauvres qui n’accèdent pas à la GPA, ou qui sont victimes de la GPA lucrative, tandis que les plus riches trouvent toujours le moyen, quand ils le souhaitent, de contourner la loi.

En réalité, la gestation pour autrui est déjà un fait. Il est illusoire de dresser des frontières entre les pays, avec leurs cortèges de drames individuels - comme celui de la non reconnaissance des enfants nés de GPA à l’étranger. Au contraire, il faut décider d’une « régulation internationale de la GPA », réclamée par la sociologue et féministe Irène Théry, favorable à une GPA éthique2. Au lieu de diaboliser la GPA, il faut prendre en compte les évolutions anthropologiques déjà en cours : recomposition de la famille, de la parentalité, de la filiation et de l’éducation. Et lorsque près de deux tiers des citoyens se déclarent favorables à la GPA3, il faut s’interroger : est-ce la société qui dérive vers un chaos éthique ou n’est-elle pas en avance sur des institutions ou des forces politiques qui tournent le dos à ces aspirations émancipatrices ?

1. Voir le site de l’Association des familles homoparentales (ADFH), ici.

2. Lire l’entretien, ici.

3. Lire l’étude de l’Ifop, ici.