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Coup de torchon

La possibilité d’une autre île

Voici donc un Président de la République et un Premier ministre favorables à la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, bardés d’un référendum et de recours associatifs annulés, qui viennent de renoncer à ce projet. Au-delà du « bâton merdeux refilé par Hollande », pour reprendre l’élégante expression d’un ministre, la peur d’affrontements comme pour le barrage de Sivens, abandonné après la mort de Rémi Fraisse, n’est pas pour rien dans ce dénouement. Dans cette affaire, le pragmatisme aura été du côté des "pouvoirs" publics et l’utopie réaliste du côté des zadistes.

Si le renoncement gouvernemental en rappelle d’autres (la centrale nucléaire de Plogoff en 1981), il signe aussi une nouvelle époque. Celle du refus grandissant de modes d’exploitation productivistes de l’environnement et de l’humain. Celle de la question des biens communs et de l’intérêt général, qui n’est plus au cœur de l’État, mais dans les têtes et les mains citoyennes. Les terres, leurs usages, leur aménagement, leur propriété sont désormais des enjeux publics, philosophiques et politiques.

Présentés comme de dangereux anarchistes par les acharnés de l’ordre, on doit d’abord dire merci aux zadistes. Représentent-ils à eux seuls "l’intérêt général" ? Cela mérite débat. Mais sans eux, des sols arables et des lieux écologiquement fragiles auraient été saccagés, un aéroport économiquement contesté aurait vu le jour, l’alternative terrienne et aérienne n’aurait pas existé.

La ZAD (Zone Agricole à Défendre) deviendra-t-elle une Zone Auto-organisée et Démocratique ? C’est peut-être le défi posé par cette victoire. « L'inaccompli bourdonne d'essentiel », disait René Char.