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La belle "démocratie israélienne"

L’affaire du refus opposé par les autorités israéliennes à une délégation d’élus français qui voulaient effectuer une mission en Israël et dans les territoires palestiniens est édifiante à bien des égards. Sept élus, dont quatre députés de France Insoumise et du Parti communiste, souhaitaient rencontrer le leader palestinien Marwan Barghouti, condamné à la prison à vie, et l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, en détention préventive depuis le 23 août. Ils se sont heurtés à un refus brutal. « Même pas la peine de prendre l’avion », a affirmé à peu près en ces termes le ministre israélien de la Sécurité publique, Gilad Erdan.

Édifiant, ce refus l’est d’abord parce qu’il montre le peu de considération des dirigeants israéliens pour la France. Édifiant, aussi, par ce qu’il exprime de profond mépris pour le droit. En l’occurrence le droit de visite à des prisonniers politiques. Ils sont six mille actuellement dans les geôles israéliennes. Édifiant encore, parce que le communiqué de Gilad Erdan nous assène les poncifs de la désinformation israélienne. Ces élus appelleraient « activement à s’en prendre à Israël ». Amalgame classique entre Israël et la politique coloniale de ses dirigeants. Barghouti serait un « fieffé meurtrier ». Rappelons que Marwan Barghouti est un dirigeant nationaliste, ex-membre du Fatah, le parti de Mahmoud Abbas, et qu’il fut l’un des leaders de la première et de la seconde intifada. Et sûrement pas un jihadiste ! Chercher à disqualifier celui que l’on a surnommé le "Mandela palestinien", c’est avouer que l’on ne veut à aucun prix de la paix, car tout le monde convient qu’il serait le meilleur interlocuteur pour une vraie négociation. Enfin, et pour faire bonne mesure, le même Gilad Erdan accuse les élus, dont Clémentine Autain, Danièle Obono, Michel Larive et Muriel Russiguier, « d’inciter à soutenir le terrorisme ». Rien de moins !

Derrière cet épisode, il y a bien sûr la volonté du gouvernement israélien de continuer à coloniser les territoires palestiniens à l’abri des regards indiscrets… et du droit international. On attend toujours la protestation et l’intervention fermes du gouvernement français.