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Coup de torchon

Macron va à la chasse

Voilà donc Clémenceau mis à l’honneur par Emmanuel Macron. Le Président de la République chasse en effet le tigre pour essayer de le mettre dans le moteur de son Union sacrée. Le Clémenceau chauvin, anti-allemand, anti-marxiste de novembre 1917 est ainsi auréolé. Un Clémenceau contre la peine de mort, mais pour la guerre. « Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre. » dira le Président du Conseil en 1917, lui qui avait fait tirer la troupe sur les viticulteurs en colère du Midi, dix ans plus tôt. Des morts.

Les morts. Ceux de la guerre de 14-18 entre blocs impérialistes et coloniaux, parlons-en… « Ce qu’il était advenu de sa figure, pensez-y un peu longuement. » écrivait Aragon dans Les Cloches de Bâle à propos d’un homme au visage arraché. « Qu’on imagine seulement pendant quarante-trois secondes les 27 000 morts du 22 août 1914, journée qui fut en son temps la plus meurtrière de l’histoire. Qu’on imagine ces 27 000 dormeurs du val ? » interpellait déjà le brillant Éric Vuillard, récent prix Goncourt, dans sa Bataille d’Occident.

« La guerre est une forme tout aussi normale de la vie capitaliste que la paix. » analysait de son côté Lénine, précisant qu’elle « n’est pas un jeu, mais une chose monstrueuse. » 1 En 1917, il signera un décret sur la paix, puis convaincra les bolcheviks de conclure avec l’Allemagne le traité de Brest-Litovsk, qui offrira au pays des soviets un répit indispensable pour consolider la révolution.

Emmanuel Macron se fiche bien de la Guerre de 14 et de ses morts. Ce qui l’intéresse est la réconciliation nationale. Et pas pour faire la guerre à la finance.

1. Lénine, Œuvres, Éditions sociales en langue française - Tome 24.