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Le cocktail du 3 novembre 2017

Ça continue. Après une nouvelle attaque terroriste ce mardi (huit morts et de nombreux blessés, à New York), Donald Trump s’est empressé d’annoncer un énième renforcement du contrôle de l’entrée des étrangers dans le pays. Au cours des derniers mois, la liste des pays à risques a ainsi changé à plusieurs reprises, jusqu’au retrait récent du Soudan et de l’Irak et à l’inscription du Tchad et de la Corée du Nord. Tandis que le Président américain clamait « Nous ne devons pas permettre à l'État Islamique de revenir ou d'entrer dans notre pays après les avoir défaits au Moyen-Orient et ailleurs », les médias américains révélaient que le suspect, détenteur d’une carte verte, séjourne aux États-Unis depuis 2010.

Complot et fric. Pour renverser le régime de Bachar Al Assad, le Qatar et d’autres monarchies du Golfe ont soutenu des groupes djihadistes, dont la frange syrienne d’Al Qaïda, avec l’aval des États-Unis et de la Turquie. C’est l'ex-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Hamad Bin Jassim al Thani, qui vient de l’affirmer lors d’un entretien à la BBC. Pour déstabiliser le régime syrien, 137 milliards de dollars par le Qatar auraient été dépensés en paiement de mercenaires et armements sophistiqués. À part ça, les États-Unis et la Turquie sont des adversaires résolus du terrorisme.

Fric et complot. L’ancien directeur de campagne de Trump, Paul Manafort, est ciblé par le FBI, au titre de 12 ( !) chefs d’inculpation, dont celui de complot contre les États-Unis. En cause, une nouvelle fois, les liens des proches du candidat républicain avec les autorités russes lors de la dernière campagne présidentielle. Outre la question de l’ingérence russe dans l’élection, Manafort est mis en cause pour des contrats mirobolants non déclarés avec des hommes d’affaires proches de Vladimir Poutine.

Prévenus. Un rapport publié par l’Institute of International Finance (IIF), l’association qui regroupe les plus grandes institutions financières mondiales, estime que la dette mondiale représente aujourd’hui 324 % du PIB mondial. Aux États-Unis, la dette des ménages a dépassé son précédent record de 2008, atteignant 70 % du PIB. Ces constats convergent avec le point de vue du Fonds monétaire international (FMI), qui alerte en ces termes : « Si rien ne change, nous allons revivre la crise de 2008 ». Et de souligner la possibilité qu’une remontée rapide des taux d’intérêt aboutisse à un recul de la production mondiale, avec un éclatement des bulles spéculatives. La cata, quoi !

Cadeaux. Alors que l’Assemblée nationale vient de voter la suppression de l’ISF et que, dans tous les domaines, le gouvernement casse les aides sociales et les politiques de solidarité, le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, dont bénéficient les entreprises) se porte au mieux. Il représentera en 2018 plus de 21 milliards de manque à gagner pour le budget de l’État. La promesse initiale était que ce cadeau stimulerait le maintien et la création d’emplois, grâce à l’amélioration de la compétitivité des entreprises. En fait, non seulement les effets sur l’emploi sont considérés comme quasi nuls, mais les mêmes sommes investies dans l’emploi public aurait, selon les Économistes atterrés, permis de créer beaucoup plus d’emplois. Lire ici.

Recul. Satisfaisant les exigences de certaines organisations de médecins hostiles à cette mesure de salubrité sanitaire, le gouvernement vient de faire voter par l’Assemblée nationale l’annulation de la généralisation du tiers payant à partir du 30 novembre, mesure prévue dans la loi Santé votée en 2016. Ainsi se trouve différée, sous couvert d’opportunes difficultés techniques, la mise en œuvre d’une des seules mesures sociales décidée pendant la présidence de François Hollande. Le renoncement aux soins pour des millions de personnes, c’est maintenant !

Dynamique. Dans une note de blog, Jean-Luc Mélenchon évoque un thème qui, à Cerises, nous est cher : la césure entre le social et le politique, et le besoin de renouveler profondément les modes d’actions pour qu’une alternative voit le jour. « La forme et la tactique de résistance à la politique du gouvernement ne peut plus rester enfermée dans le ‘‘chacun de son côté’’. Il est plus que temps d’organiser la jonction des efforts entre le mouvement social, associatif et les forces politiques de la résistance au coup d’État social. Je prends la responsabilité de le dire haut et fort avant qu’il ne soit trop tard. » Et d’ajouter : « Une nouvelle fois, le dogme du ‘‘mouvement social indépendant de la politique’’ a montré sa limite. Je le dis parce qu’à ce rythme tous les acquis sociaux essentiels du pays vont y passer et nous aurons été cloués dans une double interdiction : interdit de critiquer ‘‘la seule politique possible’’ d’un côté, interdiction de discuter de l’organisation de la lutte de l’autre ». L’intégrale est ici.

Sombre. Le vendredi 10 novembre aura lieu la deuxième ‘‘journée noire des associations en France’’. De nombreuses actions sont prévues partout en France et, à Paris, une manifestation de la place de la Bourse (à 15 h) à la place de la République. Objectif : dénoncer la suppression des contrats aidés, décidée par le gouvernement, qui aboutit à la mise en œuvre du plus grand plan social jamais connu en France : environ 260 000 postes supprimés entre 2016 et 2018 ! + d’infos : ici.

Doute. Ceux qui ont suivi de près le procès d’Abdelkader Merah, frère du terroriste Mohamed Merah (auteur de 7 assassinats, dont trois enfants juifs en 2012), ont-ils eu, comme nous, un sentiment de malaise ? D’un côté, les parties civiles et la procureure de la République ont formulé des hypothèses, évoqué des accointances et surtout fait assaut de rhétorique au cours du procès, au lieu de démonter l’association de malfaiteurs. De l’autre, une défense, dirigée par l’avocat Éric Dumond-Moretti, a martelé l’absence totale de preuves de l’accusation. Au total, comme l’écrit Le Monde, les plaidoiries de la défense « ont soulevé plus de doutes quant à la culpabilité d’Abdelkader Merah que le réquisitoire de la veille n’avait acté de certitudes », le dossier apparaissant « plus fragile que jamais ». Perpétuité ou acquittement ? Nous n’aurions pas aimé être à la place des juges professionnels. qui ont finalement décidé de 20 ans de réclusion criminelle… À l'heure où nous bouclons Cerises, nous apprenons qu'A. Merah a été condamné à 20 ans de prison pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, mais aussi que la complicité dans les tueries commises par son frère n'a pas été retenue.

Disparition. Jacques Sauvageot, qui fut en 1968 une des figures de la révolte étudiante, est décédé le 28 octobre à la suite d’un accident de la circulation. À quelques mois du cinquantième anniversaire des évènements, citons ses propos de 1998 en réponse à une journaliste sur ce que représente mai 68 : « ça c’est votre problème. (…) Je suis très frappé par le fait que c’est vous qui posez la question de savoir ce qu’il en reste alors que, normalement, c’est vous qui devriez répondre à cette question-là. C’est vous qui devriez me dire ‘‘pour moi mai 68 aujourd’hui c’est ça… est-ce que ça correspond à ce qu’a été mai 68 ?’’ ». Lire la fiche du Maitron, le dictionnaire biographique du mouvement social, ici.

Dernier métro pour la poésie ? La Biennale internationale de la poésie 2017, qui se tient du 16 au 21 novembre, risque fort d’être la dernière. Quatorze éditions de ce festival ont fait connaitre de jeunes poètes, invité des créateurs de renom. Mais de baisses de subventions en coupe définitive par le Conseil départemental du Val-de-Marne, cette promotion de la poésie semble aujourd’hui condamnée : « C’est le résultat de l’asphyxie financière des collectivités locales, de la décision de l’État d’aller vers la disparition des départements et de choix faits par les élus de la majorité départementale, suite, notamment, à une campagne des élus de l’opposition de droite et du centre. » Plus sur communistesunitaires.net.

Journalisme. Au sommaire du numéro du Monde Diplomatique daté de novembre, une contribution de Bernard Friot, intitulée ‘‘En finir avec les luttes défensives’’, qui appelle à ne plus seulement s’opposer aux réformes mais à promouvoir un autre modèle : « Comment, après quarante ans de batailles perdues parce que menées dans les termes imposés par l’adversaire, pouvons-nous continuer à réfléchir en deux temps déconnectés l’un de l’autre, celui du court terme où l’on aménage le capitalisme et celui du long terme où il aurait disparu ? » ; un article de Sophie Boutboul sur la tendance actuelle, en France, à juger des viols dans les tribunaux correctionnels, et non dans les Cours d’assises, pour des raisons budgétaires ; un reportage de Julien Brygo sur ‘‘La révolte des domestiques en Inde’’… passionnant ! Serge Halimi, directeur de la rédaction, revient par ailleurs sur la situation du Diplo, qui a réussi ces dernières années à gagner des abonnés et n’est plus menacé de disparition. Bonne nouvelle !