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Cocktails

Le cocktail du 20 octobre 2017

Sans gêne. Daesh, le prétendu ‘‘État islamique’’, vient de perdre son fief syrien, Rakka. La ville a été reprise par les Forces démocratiques syriennes (FDS), organisation kurde, appuyée par l’aviation aérienne de la coalition internationale. Daesh est de plus en plus confiné géographiquement, dans des zones désertiques. Des centaines de soldats de l’EI sont actuellement incarcérés, ainsi que des centaines de combattants venus de nombreux pays, dont l’avenir est aujourd’hui en forme de points d’interrogation. Se pose désormais avec acuité la question de l’avenir des territoires libérés, notamment celle de l’autonomie des territoires syriens à majorité arabe. Le sujet fera nécessairement partie des négociations internationales sur l’avenir de la Syrie. La Turquie, elle, n’a pas attendu pour menacer les forces kurdes : après avoir été pour le moins ambigue vis-à-vis de Daesh, pourquoi Erdogan se priverait-il d’écraser ceux qui sont en première ligne pour en débarrasser la planète ?

Birmanie. Amnesty International vient de publier des preuves irréfutables de « crimes contre l’Humanité » perpétrés par l’armée birmane contre la minorité musulmane Rohingya, « une campagne systématique, planifiée et impitoyable de violences » menée par « le meurtre, la déportation, la torture, le viol, la persécution, et d’autres actes inhumains tels que la privation de nourriture ».

Incertitudes. Dans 17 États sur 23, les Vénézuéliens ont majoritairement choisi les candidats du Parti socialiste unifié du Venezuela (avec une participation de 61 %). Même le fief de l’opposition, l’État de Miranda, a été conquis par les héritiers d’Hugo Chavez. Très vite, l’opposition a mis en cause les résultats de l’élection, demandant un audit complet et refusant de reconnaitre sa défaite, bien que le différentiel au niveau national soit de l’ordre de 10 points. De fait, le scrutin ne règle rien, les élus d’opposition ayant d’ores et déjà annoncé qu’ils refuseront de prêter allégeance à l’Assemblée constituante. Cependant, ceux qui pariaient sur un effondrement du pouvoir de Nicolas Maduro se sont trompés.

Abandon. À l’occasion des États généraux de la politique de la ville, des élus de sensibilités variées ont lancé ‘‘l’appel de Grigny’’, en direction du Président directeur général de la France. À la clef, une série de propositions au bénéfice des quartiers populaires, telles la suspension de la réduction des contrats aidés, la création d’un fonds d’urgence immédiat doté de 100 millions d’euros pour 100 quartiers ou le doublement du budget de la politique de la ville à 1 milliard d’euros. L’appel, un peu mou à vrai dire quand on sait que 5 millions de personnes vivent dans les banlieues et que la situation s’y dégrade de plus en plus, sur fond d’abandon de la part de l’État, est ici.

Budget pour les riches. Bruno Le Maire assume : « Nous allons rendre 400 millions d’euros aux 1 000 premiers contributeurs à l’ISF. (…) Nous défendons l’allégement massif de la fiscalité du capital, je le revendique haut et fort ». On revendique comme on peut ! Réponse du président du groupe En Marche ! à la pétition d'une centaine de parlementaires de gauche demandant au gouvernement de publier l’impact de ses mesures sur les 100 Français les plus riches : « Nul besoin de faire autant de foin ».

Vote militant. Les militants d’Ensemble !, ancienne composante du Front de gauche, ont voté concernant l’avenir de l’organisation et sa relation à France insoumise (FI). En résumé : une majorité souhaite continuer Ensemble ! et une autre majorité souhaite intégrer la FI. Les textes en discussion et les résultats sont ici. Une Assemblée générale est prévue le 2 décembre prochain.

Travailler autrement. Benoît Borrits, journaliste, essayiste, avait publié en 2015 Coopératives contre capitalisme (voir l’entretien dans Cerises n°278 ici). Il signe cette année, avec Aurélien Singer, universitaire et syndicaliste, un nouvel ouvrage sur ce sujet, Travailler autrement, les Coopératives. Plus d’infos sur le site de l’association Autogestion .

Harcèlement. Lancé par la journaliste Sandra Muller, le tweet ‘‘Balance ton porc’’ a connu depuis le 2 octobre un fulgurant succès mondial. Des dizaines de milliers d’internautes ont ainsi partagé rapido (en 140 caractères), leurs expériences de la violence masculine, du sexisme ou du harcèlement. Les uns y voient une inédite libération de la parole, brisant enfin un tabou multiséculaire, d’autres ont critiqué un phénomène purement médiatique, avec le risque de délation et surtout de retombée rapide du soufflet. Isabelle Adjani dit l’essentiel (à nos yeux) : « Je pense que cette histoire, l’impunité et le silence qui entourent encore le harcèlement sexuel (…) expriment profondément une inégalité radicale qui perdure entre les femmes et les hommes : celle du choix et de la maîtrise de sa sexualité. Laissons savoir à ces messieurs les harceleurs que les actrices, tout comme les ouvrières, les agricultrices ou les ingénieures, les commerciales ou les institutrices, les mamans ou les putains, sont toutes libres de baiser, libres d’avorter. Et libres de parler ! »

Du singulier au collectif. Sort en salle le nouveau documentaire de Mariana Otero que certains auront pu voir à Marseille, aux Amphis de la France insoumise : L’Assemblée. La documenatriste, venue à Nuit debout pour y militer, frappée par l’éclosion de la parole singulière, de la parole « vraie », dit-elle, non cadrée, et de la tentative d’en faire une parole collective, a ressentie la nécessité de reprendre son outil de travail et de filmer, filmer. Elle a ainsi tenté de restituer cette tentative de se réapproprier la politique de réinventer la démocratie, les espoirs, les limites. Après Histoire d’un secret, Entre nos mains, À ciel ouvert, un film à voir. Lire l’interview de Mariana Otero dans Politis n°1473.

Poésie-monde. À l'heure ou les tenants d'un monde putride s'efforcent de briser toute perspective d'alternative, le poète chante celui qui continue de symboliser la lutte pour l'émancipation, « avec son regard de gamin rebelle/provocateur d’étincelles/et sa barbe d’adolescent./Et il sourit/malgré la fièvre et l’asthme/et les contradictions de l’Histoire. » "Elégie pour le Che", sur le blog de Francis Combes ici. Sur le Che, lire aussi l’article de Janette Habel (Politis n°1472).