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Au feu les pompiers !

La rentrée se fait sous le signe d’une multiplication de manifs. Mais peut-on résoudre les problèmes en demeurant dans le cadre du système qui les a créés ?

On nous dit d’être compétitifs. Si nous cherchons une solution dans le cadre de cette injonction, nous mettons le doigt dans un engrenage sans fin : le travail des enfants, les personnes sans couverture sociale et les salaires à 300 euros s’étendent à l’échelle de la planète. Voilà pour les délocalisations et les pressions sur le salariat.

Nous défendons les emplois "aidés". Ne serions-nous pas plus forts en nous souvenant qu’ils viennent en remplacement de postes de travail qui devraient avoir le statut de service public. N’est-ce pas cela qu’il faut réclamer ? Mais cela suppose de tourner les yeux vers les profits du capital.

Peut-on rassembler seulement autour de la défense du code du travail quand ce dernier n’empêche ni l’existence de 6 millions de chômeurs, ni de 9 millions de pauvres, de précaires, ni les 400 suicides liés au travail en 2016 ?

En demeurant dans le cadre existant, nous ne cessons de perdre du terrain même si nous tentons de présenter nos reculs comme une victoire tant que le pouvoir n’a pas tout cassé. La Résistance n’a jamais consisté à intégrer l’ennemi comme une donnée intangible mais à s’en débarrasser.

N’est-ce pas au cœur de chaque lutte, en passant du "contre" au "pour", que peut se concevoir une autre organisation de la société et ainsi déboucher sur un autre rapport de forces ?

Quand ont eu lieu les conquêtes que nous tentons de sauver aujourd’hui ? En 1945, la concurrence entre deux systèmes sociaux et politiques nourrissait l’idée qu’il était possible de faire autre chose que du capitalisme. N’est-ce pas au cœur de chaque lutte, en passant du "contre" au "pour", que peut se concevoir une autre organisation de la société et ainsi déboucher sur un autre rapport de forces ?

Trop difficile à envisager ?

Pourquoi Le Figaro ou L’Express dépensent-ils tant d’encre à commenter Octobre 1917 ? Pourquoi tant d’efforts pour tenter de discréditer le Che, 50 ans après ? À travers ses projets le capital tente de casser tout ce qui permet de passer de l’individuel au collectif parce que le rassemblement conscient du peuple est sa hantise : l’ANI, premier pas vers la criminalisation de l’action syndicale, le passage de l’état d’urgence dans le droit commun, la mise en cause de la place des syndicats, des CHSCT seule structure salariée ayant un pouvoir juridique au sein de l’entreprise, la casse du principe de loi commune, des conventions collectives, sans parler du TAFTA et autre CETA. Pourquoi cet acharnement ? Si ce n’est que leur arrogance masque une inquiétude : faire vite avant que les exploités prennent conscience de ce dont ils sont capables.

À la télévision, Macron s’est employé à stigmatiser « ceux qui sont jaloux de ceux qui réussissent », plaidant pour ne pas opposer les riches aux pauvres, éludant ainsi l’existence d’exploiteurs. Cela en dit long sur la crainte des forces du capital devant le risque que ce système soit mis à nu. Comme un écho, Médiapart vient de publier un article à propos d’un manifeste intitulé la Révolution est attendue, écrit par deux anciens hauts dirigeants de la Banque des règlements internationaux : « les gens sont en colère (…) ce sont (…) les politiques du G7 qui sapent l’économie de marché ( … c’est un) un modèle de croissance qui nous conduit tout droit vers le prochain Krach financier ».

Pour les forces du capital, il vaut mieux éteindre l’incendie avant qu’il ne s’allume ou il vaut mieux prévenir qu’avoir à guérir. Prenons conscience de cette inquiétude et ne sous-estimons pas ce que nous sommes capables de faire.