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Une rentrée en fanfare ?

Au collège Pierre De Geyter, la rentrée s'est faite en musique… au son de l'Internationale ! Le ministre J.-M. Blanquer voulait un accueil en musique pour les élèves de 6e, voilà, c'est fait !

Mais il n'y aura guère que cette anecdote qui ait un petit air révolutionnaire. Pour le reste, Macron et son ministre 2.0 font plutôt dans le conservatisme tout en prenant des décisions à la hâte afin de revendiquer le changement dès leur première rentrée scolaire.

La réforme du collège est toilettée : retour des classes bilingues, relance de l'enseignement des langues anciennes, retour des évaluations en CP et en 6e… Les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) tant décriés (on ne les regrettera pas ceux là...) redeviennent facultatifs.

Exit la semaine de 5 jours et les dispositifs municipaux pour l'accueil des élèves après l'école qui ont nécessité tant de concertation et de nouvelles organisations, allez hop, on repasse à la semaine de 4 jours pendant l'été pour plus d'un tiers des écoles.

Que dire du dispositif 12 élèves par classe dans les CP des réseaux prioritaires ? Il est mis en place au détriment du dispositif "Plus de maîtres que de classes", sans demander l'avis des intéressés, et là encore sans évaluation de cette organisation qui laissait aux équipes pédagogiques des écoles plus de souplesse dans l'utilisation de moyens humains supplémentaires.

Dans la même veine, J.-M. Blanquer a relancé la polémique sur les méthodes d'apprentissage de la lecture, oubliant que sur cette question, deux conférences du consensus se sont tenues en 2003 et 2016, confrontant des expériences de terrain et des expériences scientifiques et aboutissant à des recommandations diffusées largement et dont la mise en œuvre est évaluée.

Réapproprions-nous la politique du service public d'éducation, nous qui en sommes les principales actrices et acteurs, et redonnons du sens à un processus démocratique de construction d'un projet éducatif commun.

Le temps de l'école n'est pas le temps des élections et des changement de gouvernement. Le système éducatif n'a pas besoin d'être réformé au gré des alternances politiques, au gré d'un pouvoir extérieur et de décideurs mandatés par seulement 24 % d'électeurs.

Enseignants, chercheurs, personnels éducatifs, parents, c'est à nous de décider. Et si les grands objectifs du système éducatif doivent donner lieu à un débat public national, les contenus, les méthodes, les programmes devraient être prioritairement définis par celles et ceux qui les mettent en œuvre. Le ministère de l’Éducation nationale devrait être l'outil utile au partage, à la mise en commun, aux concertations, aux évaluations des différents dispositifs et les décisions devraient être tranchées au consensus dans les instances représentatives. Sortons de la tutelle des politiques, politiques au sens étroit du terme, et réapproprions-nous la politique du service public d'éducation nous qui en sommes les principales actrices et acteurs, et redonnons du sens à un processus démocratique de construction d'un projet éducatif commun.

Loin de l'égalitarisme version CTR.Z, et de la remise en cause de la démocratisation du système scolaire, il nous faut travailler ensemble patiemment pour promouvoir l'égalité d'accès aux savoirs, aux connaissances, aux compétences pour l'émancipation de tous nos élèves.