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Cocktails

Le cocktail du 8 septembre 2017

Guerre nucléaire ? Alors que la Corée du Nord multiplie les tirs de missiles, pour montrer sa capacité à se doter d’ici peu d’une capacité de frappe nucléaire, Donald Trump ne sait plus quoi faire, oscillant comme à son habitude entre conciliation et déchaînement de violence, par exemple en évoquant la possibilité d’utiliser… l’arme nucléaire. Dominique De Villepin vient de prendre une position qui tourne le dos aux discours guerriers. En réponse à une question de la journaliste Léa Salamé « Kim Jong-un est-il fou ? », il explique : « Je pense qu'il est rationnel. Il y a trois options : agir militairement, mais on ne peut pas car les conséquences sur les populations seront dramatiques. Ne rien faire, ce qui n'est pas envisageable, ça provoquerait encore plus de danger. Ou essayer d'engager un dialogue ». Et l’ancien ministère des Affaires étrangères d’enfoncer le clou : « Il faut écouter la Chine sur ce dossier. C'est encore le pays qui a le plus de moyens de se faire entendre. Il faut aussi user de plus de sanctions. On a déjà utilisé des sanctions par six fois. Il reste encore une étape : l'arme du pétrole qui compliquera les choses considérablement pour la Corée ». Et aussi : « Nous ne pouvons pas donner un chèque en blanc à Trump dans la gestion de la crise avec la Corée du Nord ».

Bain de sang. On peut passer d’excellentes vacances en Birmanie et ne rien voir de la répression par l’armée des Rohingyas, cette minorité musulmane installée dans certaines régions du pays depuis des siècles. Les morts se comptent par centaines. Sans doute qu’il ne suffisait pas que des centaines de milliers de personnes soient depuis des années parquées dans des camps, dans l’impossibilité de se marier, d’envoyer leurs enfants à l’école, et régulièrement attaqués par des sectes bouddhistes ayant pignon sur rue (comme celle du moine extrémiste Ashin Wirathu, qui défend « la race et la religion »). La répression a le soutien d'Aung San Suu Kyi, la célèbre prix Nobel de la Paix (1991), reconvertie en alliée de l’armée et otage des bouddhistes radicaux. Après les organisations humanitaires, l’ONU, indiquant que 123 000 personnes viennent de se réfugier au Bangladesh, a commencé à parler un peu plus fort, tandis que la France et l'Union européenne restent silencieuses. Combien de morts, encore, d’ici à la venue du pape François, en novembre, qui forcera peut-être à accorder un peu plus d'attention à cette région du monde et aux victimes de l'État birman ?

Non-choix. Le dimanche 24 septembre auront lieu les élections législatives allemandes. Présenté comme un moment fort (et unique) de la campagne électorale, le débat télévisé du 3 septembre entre Angela Merkel (CDU) et Martin Schulz (SPD) aura montré à quel point leurs projets sont à peu de choses près des copies conformes. Tout juste pointerons-nous la position de Merkel sur le sort des migrants, assumant sa position en faveur de leur accueil (sous certaines conditions). Reste que la politique néolibérale allemande oriente toute l’Union européenne vers de nouvelles catastrophes et que l’enjeu de ces élections est qu’une alternative émerge hors des deux mammouths ensablés dans leurs certitudes.

Avortement, les femmes décident ! Un appel ‘‘Pour le droit à l’avortement dans toute l’Europe !’’ vient d’être publié : « En solidarité avec l’ensemble des femmes européennes, après la lutte exemplaire des femmes espagnoles en 2014, polonaises en 2016, nous exigeons que les droits des femmes, la liberté à disposer de son corps, le droit à l’avortement et à la santé soient respectés dans tous les pays européens et inscrits comme droits fondamentaux pour l’égalité en Europe. Aujourd’hui, le droit à l’avortement au sein de l’Europe relève de la compétence de chaque État. Interdit à Malte, sous hautes contraintes en Irlande, en Hongrie et en Pologne, le droit à l’avortement, même légalisé, est, peut ou pourrait être remis en question par le maintien de la clause de conscience des médecins (Italie), l’absence de structures hospitalières adéquates (Grèce, Bavière), les restrictions de personnels et les suppressions des centres pratiquant l’avortement lors de restructurations hospitalières (France), et, dans tous les pays, par l’élection de gouvernements réactionnaires, conservateurs et rétrogrades ». L’appel formule plusieurs exigences avant d’appeler à une mobilisation européenne autour du 28 septembre, journée internationale du droit à l’avortement. Lire et signer ici.

Tous ensemble, contre la casse du droit du travail ! Un meeting unitaire aura lieu samedi 9 septembre à 14 h, à l'Annexe Varlin de la Bourse du travail de Paris, 29 Bd du Temple, (métro République). Parmi les participants : Clémentine Autain (Ensemble!), Ana Azaria (Femmes Egalité), Jacqueline Balsan (MNCP), Fatima Benomar (Les Effronté.e.s), Olivier Besancenot (NPA), Eric Coquerel (PG, France Insoumise), Josepha Dirringer (juriste, GR.PACT), Jean-Baptiste Eyraud (DAL), Gérard Filoche (BN du PS), Karl Ghazi (CGT Commerce), Murielle Guilbert (Union syndicale Solidaires), Sabina Issehnane (Économistes atterrés), Judith Krivine (Syndicat des Avocats de France), Frédéric Lordon (économiste), le PCF, Willy Pelletier (Fondation Copernic), Juliane Pinsard (Syndicat de la Magistrature), Sandra Regol (EELV), Aurélie Trouvé (ATTAC), la CGT Inspection du travail, etc. Le texte complet de l’appel à ce rassemblement est ici.

Mépris social. Dans un communiqué, la Ligue des droits de l’homme dénonce les ordonnances Macron comme « une réduction des droits aux couleurs du mépris social ». La Ligue estime que « la logique » du projet gouvernemental est « de fragiliser fortement les droits de l’Homme dans l’emploi et le travail ». Et de mettre en cause la fragilisation de la capacité juridique de contestation des salariés et des syndicats face aux employeurs, citant de nombreuses dispositions. « La LDH, fidèle à son orientation de défense de tous les droits, dénonce l’atteinte à la dignité humaine de toutes et tous dans le travail que constituent les ordonnances, et l’adoption de certaines dispositions générales qui pénaliseront plus particulièrement les femmes. Souvent précaires, en familles monoparentales, chargées des tâches domestiques et d’éducation des enfants, elles restent les plus vulnérables. (…) Les ordonnances accentueront l’asymétrie – déjà importante – de position en faveur des employeur-euse-s. Elles sont la marque d’un très grand mépris social ». À lire ici

Rends les contrats aidés ! François Ruffin vient de lancer une pétition pour dénoncer la suppression des contrats aidés, dont voici le texte intégral : « Des associations, des Ehpad, des collectivités locales, des écoles se retrouvent au pied du mur car Macron et son gouvernement ont décidé d’arrêter le mécanisme des emplois aidés (CEA-CUI). Mais, au-delà de ces structures fragilisées, ce sont des milliers de personnes qui se retrouvent sans emploi. Plus de 200 000 en France. Le gouvernement se défend en disant que les emplois aidés ne sont pas suffisamment efficaces. Mais, aujourd’hui, il ne propose rien pour remplacer ces contrats. Nous refusons que le gouvernement vienne faire de minables économies sur le dos des plus faibles ». Pour signer, c'est ici.

Nouveau front. Le gouvernement joue les incendiaires, à quelques jours de la mobilisation contre la loi Travail : dans un entretien à une revue interne à la SNCF, Macron a « dévoilé son ambition » (sic !) concernant l’entreprise publique, évoquant notamment la suppression des régimes spéciaux de retraite des cheminots en échange de la suppression de sa dette. Au-delà de l’effet manipulatoire de ces provocations présidentielles (la CGT a évoqué un « contre-feu allumé afin de détourner les cheminots des sujets d'actualité »), tout le monde saisit déjà quelles seront les orientations fondamentales de la future loi sur les retraites annoncée pour début 2018.

Sans blague. Ce mardi 5 septembre, François Hollande est devenu président de la fondation La France s’engage. L’ancien capitaine de pédalo a déclaré : « Je continuerai à accompagner et valoriser les initiatives qui font bouger la France et qui témoignent que le meilleur de l’innovation peut bénéficier non seulement à l’économie, mais aussi à la solidarité ». La Fondation dispose de 30 millions d’euros par an (émanant notamment de la BNP, de Total, d’Andros et d’Artémis). Ce n’est pas un fake.

Meurtres de femmes. 123 femmes ont été tuées, en France, par leur conjoint en 2016, selon l’étude annuelle de la Délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur. 34 hommes ont également été victimes de leurs compagnes. Par rapport à 2015, où 144 victimes (dont 122 femmes) étaient recensées, les morts violentes au sein du couple étaient en hausse de 9 % en 2016. L’étude précise que 37 % des auteurs d’homicides étaient connus de la police et que sur les 109 femmes tuées par leur conjoint, près d’un tiers avait déjà été victimes de violences.

Crimes. Les juges d’instruction viennent de renvoyer les laboratoires Servier et l’Agence du médicament devant le Tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire du Mediator. Pour mémoire, le médicalement antidiabétique, prescrit pendant plus de trente ans à des millions de personnes, a selon les expertises judiciaires causé entre 1 520 et 2 100 décès. Selon Le Monde, « conformément aux réquisitions du parquet de Paris, les juges d’instruction ont ordonné le 30 août le renvoi en correctionnelle du groupe pharmaceutique pour ‘‘tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d’influence’’ ». Ainsi, le laboratoire est accusé d’avoir dissimulé le caractère anorexigène du médicament ainsi que des risques d’hypertension artérielle pulmonaire et de lésions des valves cardiaques. Les défenseurs des victimes continuent, eux, à demander un procès pénal.

Plombé. Europacity, le méga projet de centre commercial porté par Auchan, a du plomb dans l'aile. À l'issue de l'enquête publique sur la révision du plan local d'urbanisme de Gonesse, la ville du 95 où il est censé être implanté, le commissaire enquêteur chargé d’un rapport a émis un avis défavorable sur le projet. Il évoque notamment des effets négatifs sur l’environnement, des dégâts sur le tissu commercial environnant et sur l'emploi. À noter, les localités voisines de Gonesse, de gauche comme de droite, sont à peu près toutes contre cette opération. Avec 200 000 m² de surfaces commerciales prévues et 30 millions de visiteurs par an visés (de quoi faire pâlir la Tour Eiffel, qui ne reçoit "que" 7 millions de visiteurs annuels...), Europocity devait être, selon ses promoteurs, un lieu "grandiose" ou "révolutionnaire" (sic !) de commerce et de loisirs. Reste donc à trouver un nouveau lieu d'implantation... Sur la planète mars (mais ça ne serait pas très sympa pour les Martiens) ?

Les bonnes résolutions de la rentrée. « Viens, on dirait qu’on n’oublierait plus rien. On dirait que tous nos rêves estivaux, dévoilés entre une sieste et un barbecue, ne seraient pas que des mots. La vie est comme un jeu d’enfants, pleine de “on dirait que le crocodile il jouerait de la flûte à bec magique !”. La vie est simple : en septembre il faut prendre de bonnes résolutions ! » Le numéro 9 de la Chronique des 4 jeudis, de Laurent Eyraud-Chaume est ici.

Fête de L’Huma(in). Le rendez-vous politique et culturel incontournable de la rentrée, la Fête de L’Huma, c’est les 15, 16 et 17 septembre à La Courneuve. Mélenchon n’y sera pas, mais il y aura tout de même de nombreux spectacles, plein de débats et en plus, selon Météo France, il fera beau (on a vérifié !). + d’infos ici.

Sur les écrans. C’est une ‘‘petite’’ histoire : celle d’un paysan (interprété par Swann Arlaud) de Haute-Marne confronté à la maladie d’une de ses vaches, puis d’une autre… Réalisé par Hubert Charuel, Petit paysan est un film sombre et particulièrement sensible, où l’on ressent plus que la compassion pour l’anti-héros, face à la machine bureaucratique des contrôles sanitaires, face à l’impuissance d’une ruralité finissante confrontée à « la pulsation d’une société néolibérale dont elle n’est, finalement, qu’un des multiples visages » (Le Monde).