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Une œuvre totale

Act Up-Paris, créée en 1989. Ses activistes sont en sursis car, à l’époque, le sida c’est la mort assurée. Le film de Robin Campillo, 120 battements par minute, est une œuvre totale, quasi-documentaire : la politique, la mobilisation des affects et des corps, l’amour entremêlés. Le spectateur est presque un participant aux réunions hebdomadaire de l’association, partie prenante des actions coups de poings et dans l’intimité de la relation entre Nathan, un nouveau militant, et Sean, dont la santé décline. Face à la très grande violence de la maladie qui décime les proches (homosexuels, toxicos, prisonniers, prostitués…), la dénonciation de la cupidité des labos, de la passivité de l’État et des tabous de la société.

On dit parfois qu’à chaque époque correspond ses combats et ses modes de lutte. Nul doute cependant qu’il y a beaucoup à tirer du film pour développer, face aux scandales d’aujourd’hui, des modes d’action qui bousculent la société et les institutions. Invité dans les médias pour évoquer le film, le fondateur d’Act Up-Paris, Didier Lestrade, ne manque pas une occasion de citer la situation des migrants, exprimant le besoin qu’émergent de nouvelles interpellations. C’est là une forme de prolongement logique et puissant du film.