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Comment France insoumise a ouvert le champ des possibles

Le contexte de crise démocratique et l'apparent triomphe de Macron ne doivent pas oblitérer le fait qu'avec le succès de Mélenchon et de la France insoumise, la gauche de transformation sociale et écologique est entrée dans une nouvelle période.

Mettons d’abord les noms d’oiseaux et les propos outrés rencontrés sur les réseaux sociaux de côté. Et voyons bien que chacun a vécu ses campagnes, présidentielle et peut-être surtout législatives, différemment. Les configurations et les ambiances locales ont pesé lourd ces dernières semaines : souvent des fractures béantes entre militants, parfois des convergences éclatantes. Au cours de l’année écoulée, militants et électeurs ont en tout cas vécu tour à tour des moments de grande satisfaction et d’autres de grande déception. Satisfaction, d’abord, d’une campagne présidentielle qui a bousculé le paysage politique et ses codes. Alors que la primaire dite de la gauche et des écologistes occupait les partis traditionnels, ce furent successivement l’annonce puis la percée militante de la candidature Mélenchon (dès le premier semestre 2016) et du mouvement France insoumise, le passage d’un discours tumultueux pour imposer la candidature et le ''dégagisme'' au déploiement de la puissance pédagogique du candidat, des modes d'expression innovants, une percée citoyenne par vagues successives jusqu’à impliquer massivement l’électorat de gauche. À la différence de la campagne référendaire de 2005, qui avait vu le Non au Traité constitutionnel européen l’emporter avec un fort courant de gauche, la dynamique insoumise a porté à la fois une vision de la société et un programme, L’Avenir en commun.

On a eu sous les yeux une démarche qui, au lieu d’opposer projet et programme, a permis que les deux se conjuguent. Tout en parlant de tout et à tous, l’ensemble de la campagne de J.-L. Mélenchon a été dégagé des ambiguïtés habituelles du PCF vis-à-vis du PS.

On a eu sous les yeux une démarche qui, au lieu d’opposer projet et programme, a permis que les deux se conjuguent. Le projet comme affirmation d’une conception de la société, appuyée sur un système de valeurs, une démarche. Un programme comme manière d’aborder et de fédérer une multitude de thèmes avec, sur beaucoup d’entre eux, des propositions novatrices, et qui ont été perçues comme telles. Au fait, à quand remonte l’époque où la gauche d’alternative était ainsi capable de parler de tout, au lieu de se focaliser sur les thèmes les plus évidents, souvent très syndicaux ? L’ensemble était dégagé des ambiguïtés habituelles vis-à-vis du Parti socialiste, loin des sempiternelles hésitations du PCF : assumer ou pas la rupture, prier pour un futur éclatement du PS (qui n’est une fois de plus pas arrivé), miser sur le surgissement irréaliste d’une candidature unitaire dont la possibilité concrète n’existait pas... et, derrière des discours ambitieux, se soucier beaucoup des enjeux de postes et de moyens. Tout cela pour être pris par les pérégrinations du Parti socialiste, de son sortant (on l'a déjà oublié), et par les limites criantes des frondeurs, incapables de réaliser la rupture qu’il aurait fallu.

Tout en faisant de l’opposition entre le peuple et l’oligarchie le clivage déterminant, le référentiel utilisé le plus souvent par Jean-Luc Mélenchon est celui des valeurs cardinales de la gauche. Tout un chantier stratégique reste à mener.

Cependant, comme je l’ai écrit en prenant position pour la candidature de Mélenchon en mars 2016, certaines de ses dimensions n’allaient cesser de poser question. Mélenchon a parlé seul ou presque tout au long de l’année. La volonté légitime de clarté stratégique a conduit à sous-valoriser la grande diversité des soutiens. Les groupes d’appui, et donc les citoyens qui s’engageaient, ont eu peu de pouvoir, même si nous n’ignorons pas les espaces de débat mis en place au sein de France insoumise. Plus au fond, une question d’orientation reste en chantier : tout en faisant de l’opposition entre le peuple et l’oligarchie un clivage déterminant, le référentiel utilisé le plus souvent par Jean-Luc Mélenchon - par exemple lors de l’extraordinaire rassemblement du 18 mars, place de la République à Paris - a été celui des valeurs cardinales de la gauche. Ainsi, au lieu d’en rester à l’opposition entre l’approche traditionnelle gauche - droite et l’approche peuple - oligarchie, tout un chantier stratégique reste à mener.

Une percée puissante, inédite
et rassembleuse

Deux groupes à l'Assemblée nationale...
et un intergroupe peut-être

Ont été élus, dimanche 18 juin, au second tour des élections législatives :

- 11 députés membres du PCF. Il s’agit de Jean-Paul Dufrègne (03), Pierre Dharréville (13), André Chassaigne (63), Fabien Roussel et Alain Bruneel (59), Jean-Paul Lecoq (76), Sébastien Jumel et Hubert Wulfranc (76), Elsa Faucillon (92), Marie-George Buffet et Stéphane Peu (93).

- 13 députés de France insoumise : Bénédicte Taurine et Michel Larive (09), Jean-Luc Mélenchon (13), Loïc Prud’homme (33), Muriel Ressiguier (34), Ugo Bernalicis et Adrien Quatennens (59), Danièle Obono (75) Alexis Corbière, Eric Coquerel, Bastien Lachaud et Sabine Rubin (93), Mathilde Panot (94). S'ajoutent à ces députés Caroline Fiat (54), Clémentine Autain (93), membres d'Ensemble, et François Ruffin (80)

Les députés PCF vont constituer un groupe de 15 élus à l'Assemblée nationale, présidé par André Chassaigne, grâce au renfort de quatre élus des DOM-TOM : Huguette Bello (Réunion), Gabriel Serville (Guyane), Bruno-Nestor Azérot et Jean-Philippe Nilor (Martinique). Les députés insoumis auront eux aussi leur propre groupe, présidé par Jean-Luc Mélenchon. Les quelques élus qui bénéficiaient du soutien de FI, du PCF et d'Ensemble se sont de fait partagés entre les deux groupes. À l'heure où ces lignes sont écrites, il n’est plus question d’un intergroupe mais seulement d’un comité de liaison afin de coordonner leurs interventions.

* G.A.

Au total, sommes-nous d’accord pour dire que le score inédit depuis 1969 du candidat Mélenchon a montré : qu’il existe en France une forte aspiration à refuser le modèle de société de la droite et de Macron ? que cette aspiration est capable de s’exprimer politiquement, de rassembler de nombreux jeunes et les habitants des quartiers populaires, de dépasser les territoires traditionnels d’implantation du PCF ? qu’il était possible que le PS morde la poussière et de voir une gauche plus conséquente s’affirmer ? Peut-on convenir que Mélenchon et ses équipes ont bel et bien élaboré et mis en œuvre une stratégie crédible, suffisamment crédible pour emporter un vote sur le scrutin réputé être le plus difficile pour la gauche de gauche ? Peut-on ajouter qu’à l’inverse le PCF n’a rien produit qui fasse alternative crédible ? Qu’il n’a été en tant que tel qu'un contributeur mou du résultat du 23 avril ? Qu’au contraire, il s’est souvent comporté comme un spectateur critique et, au plan national, rarement bienveillant d’une dynamique qui lui a complètement échappé ? Cela n’enlève rien à l’investissement et à la bonne foi de milliers de militants communistes ; mais comme d’habitude les militants ont bon dos, quand la direction est restée dans l'ambiguïté. Quant à Ensemble !, la troisième composante de feu le Front de gauche a été, au niveau national, elle aussi, à côté du mouvement, sauf bien sûr les Ensemble ! & Insoumis, qui y ont activement contribué.

Quoi qu’il en soit, la séquence des législatives aura été d’une autre trempe. Il ne s’agit pas ici d’établir les responsabilités des uns et des autres dans l’échec des contacts et des négociations entre FI et le PCF. D’ailleurs, quand on écoute ceux qui en ont été, au niveau national comme au niveau local, on constate la difficulté de dire qui, en définitive, a été responsable de la division. Chacun de nos amis affirme avec forces démonstrations et exemples son point de vue, de sorte qu’il est vain de choisir entre les uns et les autres. Torts partagés, donc, ce qui ne veut pas dire symétriques, ou équivalents. Ce qui ne veut pas dire renvoyer dos à dos les uns et les autres. Ce qui veut dire qu’au jeu de la recherche du responsable, il est inutile de jouer longtemps.

Picardie Debout : une campagne de terrain associant l'esprit Nuit debout, des citoyens, des organisations politiques.
Picardie Debout : une campagne de terrain associant l'esprit Nuit debout, des citoyens, des organisations politiques.

La ligne des responsables de FI pour les législatives a été l’auto-affirmation du mouvement, à l’exclusion de toute initiative nouvelle pour tendre la main. Encore qu’il faut, pour pouvoir tendre la main, savoir à qui !

Face au rouleau compresseur Macron,
''rester groupé'' seulement ?

On peut cependant formuler ici quelques remarques. Du côté de France insoumise et de ses dirigeants, il semble y avoir eu l’espoir que la dynamique de la présidentielle pourrait se retrouver au premier tour des législatives uniquement en capitalisant sur le vote Mélenchon. On peut peut-être y voir une sous-estimation de la puissance du rouleau compresseur Macron. Dès lors, le seul message envoyé après le 23 avril aux électeurs a été de ''rester groupés''. Or, le score historique du 23 avril a été à la fois ressenti comme un succès et comme un échec, dans la mesure où beaucoup d’électeurs avaient pensé avec leur vote renverser la table. Si l’on met de côté le discours déçu de Mélenchon au soir du premier tour, qui tout de même peut bien se comprendre, force est de constater que la ligne des responsables de FI a été l’auto-affirmation du mouvement, à l’exclusion de toute initiative nouvelle pour tendre la main. Encore qu’il faut, pour pouvoir tendre la main, savoir à qui !

Après avoir passé l’année 2016 à chercher un plan B au soutien à la candidature de Mélenchon, tout en préparant ses propres candidatures aux législatives, et après l’avoir soutenu mollement, le PCF s’est pointé dans la négociation nationale avec une proposition de répartition des éligibles à 50 - 50… évidemment inacceptable pour France insoumise. Et voilà donc : après les errements stratégiques du PCF et le portage par la seule France insoumise de la dynamique qui allait produire le meilleur résultat électoral de la gauche de transformation sociale et écologique depuis 1969, l’impossibilité de se mettre d’accord pour les législatives. France insoumise espérant asseoir son hégémonie à gauche tandis que le PCF, dans la continuité de son positionnement depuis des années, n’a pas voulu reconnaitre qu’il ne serait plus jamais le grand parti qu’il a été.

Résultat de cette séquence : une forte distorsion entre le score de 19,6 % et l’élection d'une trentaine de députés, sur 577. Notons que la division entre France insoumise et le PCF a coûté la présence de plusieurs dizaines de candidats au second tour. Mais reconnaissons aussi que la présence au second tour n’aurait nullement signifié, à l’arrivée, un nombre de députés extraordinairement plus élevé. De fait, il n’existe pas de remède miracle à la présidentialisation de la vie politique, qui se concrétise depuis de nombreuses années par une participation électorale beaucoup plus forte à la présidentielle qu’aux législatives qui s’ensuivent, avec la logique selon laquelle les législatives sont là pour confirmer et amplifier la dynamique présidentielle. Ainsi, la victoire de Macron a logiquement galvanisé ses électeurs pour les législatives, tandis que la dynamique France insoumise, même si elle a été loin de s’effondrer1, a quelque peu marqué le pas.

Proposons pour finir une appréciation globale : dans un contexte de crise politique aiguë, accentuée par la chute des partis de gouvernements, la candidature de Mélenchon et la dynamique de France insoumise ont constitué un événement majeur, un tournant politique au bénéfice de la gauche de transformation. Nous l'avions envisagé dès le deuxième trimestre de 2016 en écrivant : ''c’est là qu’ça s’passe !''. Eh bien, c’est là que ça s’est passé.


Quel avenir pour France insoumise ?

Forte de son irruption lors de la campagne de la présidentielle, FI a un rôle clef pour que se construise dans la durée une alternative politique, et une force politique pour la porter.

Quel avenir pour le PCF ?

Dans une tribune intitulée ''La dernière chance'', publiée par L'Humanité mercredi 21 juin, des membres de la direction nationale du PCF appellent leur parti à envisager son dépassement*, au lieu de continuer dans la même logique. Ils écrivent notamment : « (…) nous n'avons rien fait qui puisse faire dire : oui, ces dernières années, les communistes ont vraiment beaucoup changé. (…) Nous sommes toujours vus comme un parti de militant-e-s courageux et combatifs mais, notre score le dit de façon implacable, comme un parti du passé. (…) Et pour l'élection présidentielle, la direction de notre parti a semé la plus grande confusion, au motif de ''rassembler la gauche'', en envisageant de participer à une primaire avec le PS puis, quand le vote des communistes l'eut définitivement exclu, de tenter d'obtenir de Jean-Luc Mélenchon qu'il cédât la place à Benoît Hamon. (…) Nous avons tergiversé et cherché jusqu'au bout à louvoyer entre le rejet du PS (y compris par de très nombreux communistes) et un souhait incompréhensible de préserver on ne sait quoi de la vieille union de la gauche. Et finalement nous avons complètement échoué ».

Et les signataires – parmi lesquels Marie-Pierre Boursier, Patrice Cohen-Seat, Michel Duffour, Frédérick Genevée, Robert Injey, Nora Saint-Gal… – de poursuivre en évoquant tour à tour la nécessité que les forces de transformation travaillent ensemble, le besoin que « notre parti se transforme radicalement, se dépasse », la volonté d’élaborer un « projet révolutionnaire nouveau » et l’objectif que « toutes les cultures d’émancipation humaine » coopèrent et se rassemblent « dans une force politique nouvelle ».

*G.A.

Note : Le texte intégral est ici 

Le mouvement initié par Jean-Luc Mélenchon il y a un peu plus d’un an est désormais confronté à des questions existentielles. Non que son existence soit menacée : c’est plutôt son succès et une crise de croissance, qui appellent un approfondissement de son identité, de ses choix et, sans doute, une évolution profonde de son fonctionnement. Évoquons ici quatre enjeux.

Plutôt que de revenir à l’époque précédente, où l’on concevait systématiquement le rôle des partis derrière les syndicats, une nouvelle alchimie n’est-elle pas à envisager ? Quelles initiatives prendre pour fédérer les forces sociales, politiques et citoyennes ?

Résister à Macron ou soutenir les syndicats ?

Ainsi formulée, la question est sans doute mystérieuse. Et pourtant : le vote en faveur de Mélenchon a réuni beaucoup plus de citoyens que les manifestations contre la loi El Khomri. Bien sûr, nous allons être attentifs à ce que les organisations syndicales vont porter dans les prochains jours et les prochaines semaines : si on n’attend rien de la CFDT, on espère que la CGT, la FSU et Solidaires proposeront des initiatives fortes pour résister au projet de démantèlement du Code du travail. La grosse difficulté, c’est qu’avec l’ampleur de la victoire de Macron, et même si c’est une victoire par défaut, seule une mobilisation inédite de la rue et le soutien massif de l’opinion publique peuvent éviter le carnage social qui s'annonce, et porter une alternative. France insoumise n’a-t-elle pas un rôle important à jouer dans la mobilisation ? Plutôt que de revenir à l’époque précédente, où l’on concevait systématiquement le rôle des partis derrière les syndicats lors de telles mobilisations, une nouvelle alchimie n’est-elle pas à envisager ? Quelles initiatives prendre dès à présent pour fédérer les forces sociales, politiques, associatives et citoyennes, en prenant garde bien sûr à ne pas tomber dans les travers d'un dirigisme mortifère ? La répartition à l'ancienne des rôles - aux syndicats la rue, aux élus le rôle de porte-parole dans les institutions – ne doit-elle pas être révisée ?

Attendre 2022 ou porter immédiatement
une proposition alternative ?

Contrairement à ce que l'on peut croire a priori, ce n’est pas tout à fait une fausse question. Elle fait écho à la situation politique générale. Considérons-nous que Macron étant élu et sa majorité désignée, il va pouvoir bon an mal an mettre en œuvre son projet ? Il faudrait dans ce cas seulement en atténuer les effets, obtenir des concessions, et limiter la casse… comme on le fait depuis 30 ans. Ou pensons-nous que là où nous en sommes de la crise de la représentation, la situation peut parfaitement évoluer et se transformer rapidement ? Cette hypothèse conduit à considérer que le cœur de la vie politique dans les prochaines années ne sera pas l'Assemblée nationale, et que les activités de résistances des députés communistes et insoumis ne seront pas l'alpha et l'omega d'une stratégie alternative. Bien sûr, l'Assemblée peut être une tribune pour porter l'alternative, pour parler à tous, et il faut envisager la manière dont les activités des élus peuvent mieux contribuer aux mobilisations, et de manière plus visible. Mais l'essentiel devrait reposer sur la mise en mouvement de la société, sur des mobilisations inédites dans leur ampleur et dans leur nature : on n'empêchera pas la majorité macronienne sans bousculer sérieusement les institutions et il s'agit de porter une alternative. Il se trouve que France insoumise, en ayant placé au cœur de son projet, indissociablement, la question sociale, la question écologique et la question démocratique, dispose déjà d'une orientation solide à promouvoir.

Un mouvement ou un parti ?

Fondé d’abord pour appuyer la candidature Mélenchon, France insoumise s’est aussitôt lancé dans les activités habituelles d’une organisation à finalité électorale. Avec plusieurs caractéristiques : une impulsion nationale forte, avec un pouvoir très important pour les responsables nationaux issus du Parti de gauche ; une organisation a minima, pas de structures départementales par exemple, et des groupes insoumis sans vrai pouvoir de décision. Désormais, France insoumise va devoir s’organiser dans la durée, se structurer, se doter de règles de fonctionnement, organiser ses modes de délibération… bref, organiser son fonctionnement démocratique. Soyons clair : écrivant cela, nous formulons moins une critique de l’existant qu'un enjeu pour maintenant ; par contre soulignons qu’à moins d’être une simple passoire à militants, comme le NPA en a été une il y a quelques années, France insoumise devra innover, dans ce champ là aussi. Pour cela, le mouvement dispose déjà d’une forte capacité d’initiatives, qui a été mise à profit jusqu’à présent pour déployer de multiples formes d’engagement. Pour que ces engagements multiples s'enracinent et se structurent, beaucoup dépendra des formes permettant à chacun de participer aux choix stratégiques.

Un processus inclusif est nécessaire. Il s'inscrira dans la continuité de ce qu'est France Insoumise tout en portant des évolutions : mode de fonctionnement combinant cohérence (plutôt que discipline) et déconcentration, pluralisme…

Capitaliser sur l’existant ou ouvrir un processus ?

France insoumise peut chercher à organiser ceux que le mouvement a d'ores et déjà réunis, à commencer par les 500 000 personnes qui ont cliqué sur le Net pour soutenir la candidature de Mélenchon. Cependant, il est probable que se limiter à une telle option - transformer l'engagement pro-Mélenchon en constitution d'un espace politique durable - serait très probablement insuffisant. Si dans la continuité de la présidentielle on continue de voir ''grand angle'', alors c'est bien aux 7 millions d'électeurs qui ont glissé le bulletin Mélenchon dans l'urne qu'il faut s'adresser, et à beaucoup d'autres aussi. C'est pourquoi un processus inclusif, associant des personnes, des réseaux d'idées et des partenaires potentiels, est nécessaire… manière de sortir des débats piégés sur le thème de la dilution ou du ralliement2. Pour que personne ne se sente floué, il faudrait à la fois qu'il s'inscrive dans la continuité de ce qu'est France Insoumise et qu'il montre des évolutions : prise en compte explicite de la pluralité des expériences et des apports des participants, mode de fonctionnement combinant cohérence (plutôt que discipline) et déconcentration, pluralisme assumé...

1. Lire sur regards.fr ici.

2. Lire l'article de Roger Martelliici.