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Et maintenant ?

La période révèle que des millions de personnes sont en quête de "hors système". Ce sont les candidats qui sont apparus (à tort ou à raison) se dégager des partis et vouloir que la société civile investisse l’espace politique, qui ont émergé. Au-delà de leurs différences, ces candidats ont bénéficié d’une telle envie de changement qu’elle a occulté la question : de quel système s’agit-il ? Mais l’abstention aux législatives dit haut et fort le refus des faux-semblants. C’est toute la fragilité de Macron et l’incertitude qui pèse sur l’alternative.

Deux éléments ont manqué dans la campagne : La question de l’appropriation collective des grands moyens de production, d’échanges et du système financier. Pourtant dans un sondage 53 % des interrogés considéraient que le système capitaliste était cause de la crise mais… qu’il n’y avait pas d’autre système possible. Ce décalage n’a pas été investi.

L’autre est autour de ce surgissement dans la vie politique par ce que l’on appelle la société civile. Dénomination qui dit implicitement que ceux qui nous représentent sont hors du champ social. Devant une aspiration à ce que la politique soit investie par tous, la réponse est ambigüe. Prôner la rencontre entre un homme emblématique et un peuple n’équivaut pas à une démarche citoyenne. Et même peut en éloigner. Beaucoup, par impatience et lassitude ont pu se dire que "l’on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a" et que "c’est déjà ça".

Globalement, un manque de vision alternative pousse à se précipiter sur l’immédiat que l’on croit davantage à notre portée en gommant les enjeux de système qu’ils induisent et éloigne du nécessaire au lieu de nous en rapprocher. N’est-ce pas le moment de changer de logiciel ?

Face aux ordonnances sur le travail, deux postures sont possibles : être contre et des initiatives se prennent déjà dans ce sens. Mais cela fait plus de trente ans que l’on est contre, comme on l’a été au printemps dernier contre la loi El Khomri… sans le résultat attendu. Ou alors on s’interroge s’il n’est pas possible de faire vivre un horizon post-capitaliste de manière concrète. Il ne s‘agit pas de dire : "Attendez que nous ayons fait la Révolution", mais de dépasser cette idéologie du "plus tard" qui nourrit la dichotomie combats immédiats/vision fondamentale. Ne peut-on pas se projeter vers une appropriation commune de pouvoirs en mettant en débat l’idée que les auteurs du Code du travail et de la réorganisation du travail doivent être ceux qui travaillent ou aspirent à le faire ? N’est-il pas possible d’inverser les rôles entre ceux qui sont toujours contre et ceux qui prennent l’initiative ? Au fur et à mesure que l’on en parle, on peut commencer à passer aux actes. On ne peut se contenter de proclamer que l’on sera "derrière les syndicats". Il s’agit d’affronter la dissociation social/politique. À propos des syndicats, un raccourci fait souvent dire à la Charte d’Amiens le contraire de ce qu’elle dit. En 1906, c’est pour se dégager non pas du politique mais du parlementarisme dans lequel sombraient les socialistes. Il s’agit bien d’investir le champ de la transformation de la société pour mieux "combattre l’exploitation capitaliste" (sic). Et les statuts actuels de la CGT comportent bien toujours le combat anticapitaliste.

Politique, syndicalisme, associatif, culturel peuvent devenir autant de portes d’entrées pour affronter un même problème et dégager des solutions communes.